Ramenez Djaber chez lui !

Malgré le fait que la Commission de l’immigration et du statut de réfugié a jugé que le ministère de la Sécurité publique n’a pas prouvé qu’il ait été l’instigateur d’actes terroristes, le militant iranien Djaber Kalibi s’est quand même vu ordonner une mesure d’expulsion par le commissaire chargé d’entendre sa cause. Il a donc quitté le pays le 26 juin pour retourner en France (dont il détient la nationalité), laissant ses deux belles-filles à Montréal où elles poursuivent leurs études.

Djaber Kalibi est un militant communiste d’origine iranienne, qui a vécu au Canada pendant neuf ans avant d’en être récemment expulsé. En juillet 2013, alors qu’il revenait d’un voyage en France, les autorités lui ont confisqué son passeport et l’ont avisé qu’il était désormais interdit de séjour au Canada. Son « crime » ? Avoir soutenu le renversement du régime islamiste il y a de ça une trentaine d’années, alors qu’il vivait en France. Le délit pour lequel il a été condamné à quatre ans de prison en 1986 étant punissable de plus de 10 années d’emprisonnement s’il avait été commis au Canada, la mesure d’expulsion devenait donc automatique.

Âgé de 78 ans et éprouvant des problèmes de santé, Djaber Kalibi s’est rapidement conformé à la décision des autorités, afin de pouvoir obtenir les traitements que requiert sa condition. La lutte se poursuit néanmoins pour lui permettre de revenir au Canada et de poursuivre les démarches pour obtenir la résidence permanente. Une demande en ce sens sera bientôt soumise au ministre de l’Immigration Chris Alexander. C’est lui seul, en effet, qui détient désormais le pouvoir de lever l’interdiction de séjour, s’il juge que Djaber est suffisamment « réadapté » (sic).

La décision du gouvernement canadien d’expulser Djaber Kalibi apparaît particulièrement hypocrite dans la mesure où officiellement, le Canada a toujours considéré le régime islamiste comme illégitime et responsable de violations systématiques des droits de la personne.

Djaber a consacré plus de 50 années de sa vie à lutter politiquement contre les régimes réactionnaires qui se sont succédé en Iran – d’abord celui du shah Pahlavi et ensuite celui des ayatollahs, qui a dévoyé la révolution populaire qui avait conduit au renversement du premier en 1979. Spontanément, on s’attendrait à ce que le Canada le soutienne et lui facilite la vie. Mais comme nous l’avons noté antérieurement, ce que le Canada ne tolère pas, vraisemblablement, c’est que Djaber n’est pas un opposant comme les autres : son engagement militant a en effet toujours été motivé par la cause de la classe ouvrière et du socialisme.

La décision du ministre Alexander n’étant pas attendue avant quelques mois, la campagne de lettres d’appui se poursuivra tout au long de la période estivale. Une collecte de fonds est également organisée par le comité de soutien, afin de payer les frais liés au dépôt de la demande. D’autres actions sont également prévues ; pour rester au courant des prochains développements et savoir comment appuyer Djaber, consultez le site Web du comité de soutien : http://comitesoutien.wix.com/solidaritedjaber