Le harcèlement se poursuit

Non satisfaite d’avoir perquisitionné un supporter connu du Parti communiste révolutionnaire [1], la Gendarmerie royale du Canada et sa douteuse «équipe intégrée sur la sécurité nationale» continuent de harceler des militantes et militants qu’elle soupçonne de sympathies envers les idées communistes. On sait qu’une association étudiante (celle du cégep Lionel-Groulx à Sainte-Thérèse) a déjà été l’objet d’une perquisition le 27 février dernier.

Officiellement, la GRC enquête sur de supposés actes de terrorisme commis il y a quelques années par un groupe qui s’est fait connaître sous le nom d’«Initiative de résistance internationaliste». Ce faisant, elle n’hésite pas à harceler des militantes et militants de groupes populaires, des travailleurs communautaires et des militantes et militants des mouvements ouvrier et étudiant. Elle va même jusqu’à visiter des groupes populaires pour faire son sale boulot. Les salariéEs et militantEs de ces organismes qui, idéologiquement, ne partagent nécessairement pas l’idéologie du PCR peuvent se sentir intimidéEs lorsqu’ils et elles reçoivent la visite de taupins baraqués et insistants. Ce ne sont donc pas seulement les révolutionnaires qui sont viséEs, mais l’ensemble des militantes et militants qui aspirent à plus de justice sociale.

Ce type de harcèlement n’est pas nouveau: cela fait partie de l’arsenal de la police depuis que l’État bourgeois existe. Tout comme l’utilisation d’agents provocateurs, qui peuvent aussi servir d’informateurs et d’agents déstabilisateurs. Le mouvement communiste, le mouvement ouvrier, les divers mouvements sociaux et les réseaux anti-impérialistes et anticoloniaux y ont toujours été confrontés.

La fonction essentielle de la police, c’est de protéger le pouvoir bourgeois. À part fournir un numéro d’événement lorsqu’on se fait voler de manière à pouvoir faire une réclamation à sa compagnie d’assurance, la police n’est jamais là pour servir le peuple. Parfois, elle sert aussi à discipliner les fractions bourgeoises qui auraient tendance à trop contourner les règles du jeu et en tirer un avantage aux dépens des autres fractions bourgeoises. D’où quelques arrestations pour les cas de corruption, de manière à rappeler qu’on peut certes voler le peuple, mais qu’il faut que ce soit fait «dans les règles».

Avec l’approfondissement de la crise et la montée des mouvements de lutte depuis une quinzaine d’années, les forces policières constatent la radicalisation des manifestations et actions populaires. Elles ne veulent pas que les forces qui aspirent à enlever le pouvoir à la bourgeoisie se lient davantage à ce mouvement. Pour les forces policières, la cause de la radicalisation actuelle incombe en grande partie aux communistes, aux anarchistes et aux divers courants anticapitalistes. Mais voilà, la colère des masses ne vient pas du PCR, ni de tous ces réseaux. Les mesures d’austérité des gouvernements provinciaux et fédéral y contribuent bien davantage.

Si la police cherche des coupables, elle n’a qu’à aller aux parlements ou dans les conseils d’administration des grosses entreprises. Des corrompus et des bandits, elle va en trouver à profusion, tellement qu’elle ne fera rien d’autre que cela. Quoi qu’elle fasse, la colère des masses va aller croissante et avec elle, la volonté de renverser la bourgeoisie. Ni le harcèlement de la police, ni les arrestations de masse dans les manifestations n’y changeront quoi que ce soit. Si ça se trouve, c’est plutôt le contraire qui se produira – et c’est déjà commencé: la répression politique et policière convaincra encore plus de gens que ce système est pourri et qu’il est grand temps d’y mettre fin!

1 Voir le dernier numéro du Partisan (n° 35, 15 mars 2013).