Manifestations de soutien en Ontario: mais encore?

Alors que les étudiantes et étudiants du Québec poursuivent leur lutte héroïque, certains secteurs du milieu militant en Ontario semblent y trouver une forme d’inspiration. Plusieurs actions de solidarité ont eu lieu un peu partout dans la province, dont l’une a rassemblé plus de 2 500 personnes le 30 mai à Toronto, qui ont marché […]

Alors que les étudiantes et étudiants du Québec poursuivent leur lutte héroïque, certains secteurs du milieu militant en Ontario semblent y trouver une forme d’inspiration.

Plusieurs actions de solidarité ont eu lieu un peu partout dans la province, dont l’une a rassemblé plus de 2 500 personnes le 30 mai à Toronto, qui ont marché avec leurs casseroles sans trajet prédéterminé ni autorisation de la police. Au moins cinq manifestations de casseroles ont également eu lieu à Ottawa-Gatineau. Plusieurs autres villes ont été témoins d’événements similaires, dont Kingston et London.

Au-delà de ces manifestations de soutien, des appels à une grève étudiante ont commencé à se faire entendre. L’Ontario est la province où les frais de scolarité sont les plus élevés de tout le Canada. Il est clair est que la stratégie dominante du mouvement étudiant ontarien – à savoir, le lobbying, l’organisation d’une marche annuelle pacifique et la signature de pétitions adressées au gouvernement et aux administrations universitaires – s’est avérée un échec cuisant.

L’intérêt nouveau que l’on sent poindre envers une grève étudiante ontarienne pourrait, si on s’en sert correctement, capter l’imagination de la jeunesse prolétarienne et des étudiantes et étudiants qui en ont bien assez des bas salaires, du chômage, de l’endettement massif et des mauvais traitements par la police et les autorités, et dont la colère est de plus en plus palpable.

Bien que les supporters de ce journal espèrent de tout cœur que l’éveil actuel réussisse à galvaniser les étudiantes et étudiants de toute la province et les amène à exprimer d’une façon militante leur rejet de l’austérité et de la légalité bourgeoise comme cela s’est produit au Québec, il faut tout de même demeurer lucide. Si on veut que ce mouvement soit plus que la nouvelle «saveur du mois» d’une gauche opportuniste – comme le mouvement #Occupy l’a été il y a moins d’un an – il faut s’atteler à bâtir un mouvement étudiant uni, militant et révolutionnaire, en évitant en outre la fétichisation d’une tactique donnée (dans ce cas, la grève étudiante).

La campagne des «100 écoles» lancée ces jours-ci par le Mouvement étudiant révolutionnaire de Toronto, vise précisément à organiser les jeunes de la classe ouvrière que l’on retrouve massivement dans les écoles secondaires, afin de les rallier à la cause révolutionnaire. Ces jeunes, qui n’ont rien à perdre que leurs chaînes et pour qui le feu de la révolte couve, doivent aussi inspirer la gauche et le mouvement étudiant.