Où s’en va le Népal?

Au début de septembre, le nouveau Premier ministre maoïste du Népal, Baburam Bhattarai, a annoncé que son parti remettrait les clés des conteneurs dans lesquels les armes de l’Armée populaire de libération étaient entreposées depuis déjà cinq ans. À la suite de cette décision, les clés sont désormais aux mains d’observateurs spéciaux ayant été nommés dans le cadre du processus de paix amorcé après la fin de la guerre populaire, qui a vu les maoïstes renverser la monarchie féodale. Il s’agit là d’un geste hautement significatif, car il symbolise le fait que les maoïstes, qui ont interrompu la lutte armée en 2006, n’ont pas l’intention de redémarrer la lutte révolutionnaire.

Même si le comité central du Parti communiste unifié du Népal (maoïste) n’a pas approuvé cette initiative, Bhattarai, ainsi que le président du parti Pushpa Dahal, l’a justifiée en faisant valoir qu’elle permettrait de relancer un processus de paix bloqué depuis déjà quelques années. Dahal et Bhattarai ont lancé une grande campagne médiatique pour maîtriser l’opposition à l’intérieur du parti et calmer les inquiétudes des partisans de la révolution népalaise à l’échelle internationale.

L’aile gauche du parti, dirigée par Mohan Baidya, a publiquement appelé les masses à se mobiliser contre la décision de Dahal et Bhattarai. Les révolutionnaires au sein du PCUN (maoïste) considèrent la remise des armes de la guérilla maoïste comme une capitulation pure et simple et une trahison des objectifs du parti.

Baidya est notamment d’avis qu’aucune remise des armes n’aurait dû se produire sans que des progrès substantiels sur les questions clés concernant l’intégration des ex-combattants rebelles dans l’armée népalaise aient été réalisés.

Le 3 septembre, des manifestations ont eu lieu un peu partout au Népal pour s’opposer à la rétrocession, mais ni Dahal, ni Bhattarai n’en ont été ébranlés. Dans les jours suivants, Baidya et sa faction de gauche ont lancé une campagne en direction des militantes et militants de base du parti pour les convaincre de s’opposer à ce nouveau recul, afin de mettre de la pression sur la direction du parti pour qu’elle abandonne son approche capitulationniste.

Ces discussions s’inscrivent dans la préparation du prochain congrès de parti – le premier en près de 20 ans – qui pourrait avoir lieu en février prochain et qui sera sans doute l’ultime occasion pour la gauche de ramener le parti sur la voie révolutionnaire et de le sortir de l’ornière réformiste dans laquelle il est embourbé.