Sur la mort du camarade Zia

Le PCR-RCP offre ses condoléances au Parti Communiste (Maoïste) d’Afghanistan (PCmA) pour la mort du camarade Zia, un des principaux bâtisseurs du mouvement maoïste en Afghanistan et de la promulgation internationale du Marxisme-Léninisme-Maoïsme. Son décès vient particulièrement nous chercher à cause de notre relation bilatérale avec le PCmA et de l’effort qu’ont mis les camarades de ce parti pour nous inclure dans le vieux Mouvement Internationaliste Révolutionnaire (MIR) et sa reconstruction. Lorsque nous avons fondé notre parti dans les années 2000, le PCmA a envoyé des observateurs internationaux à notre congrès, et nous avons connu depuis une relation fructueuse. La mort de Zia s’apparente donc pour nous à la perte d’un membre de notre parti.

Il est difficile pour beaucoup de comprendre le mouvement révolutionnaire en Afghanistan, étant donné l’occupation impérialiste et le manque de représentation conséquente du PCmA tant dans la sphère anglophone que francophone, le rendant invisible dans la guerre contre la terreur conçue par les Occidentaux. Les camarades qui ont voyagé en Afghanistan et qui ont ainsi pu y rencontrer nos camarades, cependant, n’ont pas manqué de se rendre compte de l’importance du mouvement maoïste, à quel point il supplante les mouvements maoïstes de métropoles impérialistes de par sa taille, et des leçons qu’il a à nous apprendre. Ne manquons pas de souligner non plus la modestie dont ce mouvement est empreint, et comment Zia a œuvré à repousser l’arrogance bourgeoise qui est souvent importée dans ce mouvement, grâce à un style de travail dont nous avons beaucoup à apprendre.

Sous le leadership du camarade Zia, le PCmA a non seulement figuré parmi les premières organisations communistes à reconnaître le maoïsme en tant que troisième et ultime stade du communisme révolutionnaire, mais il a aussi été le premier à dénoncer ouvertement la déviation de la «nouvelle synthèse» du RCP-USA qui semait la confusion au sein du mouvement communiste international, notamment en Iran. C’est la critique portée par le PCmA contre l’adoption par les maoïstes iraniens des thèses de Bob Avakian qui a ainsi constitué la première salve contre le poison avakianite, désigné avec justesse comme le «chemin perdu» du post-maoïsme.  Bien que le RCP-USA peut aujourd’hui sembler jouer un rôle marginal dans la politique américaine (illustrant ainsi la défaillance de cette «nouvelle synthèse»), il avait autrefois un certain poids dans le MIR, et a été grandement responsable de la dissolution de ce dernier; l’intervention du PCmA a donc ouvert la voie à une importante reddition de comptes.

L’insistance de notre camarade international à produire son travail théorique dans l’anonymat et à éviter d’assumer des titres illustre le  type de sensibilité maoïste auquel nous devrions tous aspirer: la dissolution complète de la valeur individuelle au sein du collectif. Une vie dévouée à servir le peuple, à ne pas mettre son propre nom de l’avant, et un parti qui met de l’avant une ligne politique plutôt qu’un nom. C’est seulement avec son décès que nous nous apercevons que son apport mérite d’être attribué à un nom, mais il faudra tout de même nous rappeler que Zia lui-même a fait de sa vie un symbole de cette sensibilité collective. De même, rappelons-nous que le camarade Zia a dédié son travail au service de la révolution dans son sens large, et qu’il n’éprouvait que du dédain envers le dogmatisme et le culte des héros.