Déclaration pour la journée internationale des travailleurs et des travailleuses

La journée internationale des travailleurs et des travailleuses sert à démontrer et célébrer le pouvoir de la classe ouvrière. Les racines du 1er mai et son importance pour le prolétariat remontent à la fin du 19ème siècle. En 1886, À Chicago, une grève générale à éclaté le 1er mai pour revendiquer la journée de travail de 8 heures. Entre 30 000 et 40 000 prolétaires ont participé et des milliers sont descendus dans les rues. La grève s’est répandue dans plusieurs villes des États-Unis, devenant un moment historique pour la classe ouvrière d’Amérique du Nord et d’ailleurs. Elle s’est terminée plusieurs jour plus tard, après qu’une série d’événements, maintenant connus comme l’affaire du Haymarket Square, ait résulté en plusieurs morts et blessés dans les rangs de la classe ouvrière. C’est la deuxième internationale, en 1889, qui choisit le 1er mai comme journée de commémoration de l’affaire Haymarket.

Le 1er mai, les prolétaires de tous les pays s’unissent dans leur lutte commune pour la libération. Grèves, manifestations, revendications et célébrations sont généralement à l’ordre du jour. Cette année, les travailleurs et travailleuses doivent vivre la célébration dans le contexte d’une pandémie, rendant plusieurs rassemblements impossibles.

Alors que la classe capitaliste se débat pour maintenir sa marge de profit habituelle dans la crise économique, la pandémie fait plusieurs victimes au Canada et dans le monde. Les ravages économiques de la COVID-19, comme toute crise du capitalisme, affectent principalement la classe ouvrière.

Notre approche face à la crise

C’est une caractéristique inhérente du capitalisme d’être incapable de gérer des crises. L’économie capitaliste globale est fondée sur l’extraction d’une survaleur du travail de la classe ouvrière. Le profit est priorisé aux besoins, aux demandes et aux droits de la classe ouvrière, qui constitue pourtant la majorité de la population mondiale. Plusieurs mesures qui auraient pu prévenir la propagation de la crise, mais qui auraient limité les profits, ont été entravées par ce système inefficace et les taux d’infection ont explosé.

Le capitalisme a toujours donné lieu à des gaspillages incroyables, mais en ces temps de récession, le gaspillage alimentaire à drastiquement augmenté. Une économie planifié serait contraire à la nature du capitalisme –  un système qui profite de la compétition induite par la vente de marchandises. Pour les capitalistes, il est préférable de détruire ou de jeter des ressources que de les distribuer gratuitement, puisque cela ferait baisser la demande. Les pénuries sont une inquiétude légitime en temps de pandémie: les stocks de nourriture disponibles sont gaspillés dans ce système complètement improductif qui, plutôt que d’arrimer la production avec les besoins de la population, la laisse sous le contrôle d’entreprises multiples qui surproduisent en compétition pour la même part de marché.

 Exploitation des travailleurs et des travailleuses

Les travailleurs et travailleuses jugés essentiels qui doivent continuer de travailler pendant la pandémie sont généralement ceux et celles qui sont payés le moins cher et qui ont les pires conditions. Les ouvriers et ouvrières du détail, de la production de nourriture et des services alimentaires sont exposés quotidiennement au public sans protection adéquate. Sans l’équipement nécessaire pour leur protection et sans congés de maladie payés, leur santé est mise en péril. L’incapacité à combler leurs besoins ne fera qu’exacerber la pandémie et la propagation du virus. Malgré qu’ils et elles soient considérés comme étant essentiels, le salaire qui leur est alloué couvre à peine le coût de la vie. D’autre part, un nombre massif d’ouvriers et d’ouvrières ont été congédiés et les corporations, suite aux pertes de profits, n’ont assumé aucune responsabilité. La classe ouvrière doit pourtant disposer d’un revenu suffisant pour combler ses besoins de base. Selon Statistiques Canada, au moins 3,3 millions de canadiens sont soit sans emploi ou ont des heures réduites, alors qu’un cinquième des entreprises ont congédié plus de 80% de leur employé-e-s.

Notre réalité sous le capitalisme canadien peut être expliquée par la division du travail, où il y a un effort actif pour créer des faux antagonismes au sein de la classe ouvrière afin de maximiser les profits. Les prolétaires performant un travail subalterne sont moins considérés que ceux et celles qui gèrent les étapes finales de transformation des produits. Ces derniers peuvent se développer en « aristocratie ouvrière ». La division du travail étant approfondie, la bourgeoisie tente de tromper cette section de la classe ouvrière en lui faisant croire qu’elle a un intérêt dans les politiques de la droite impérialiste.

Un mot d’ordre populaire dans les médias d’État a été de louanger les prolétaires « essentiels » au front en les qualifiant de héros et d’anges-gardiens, alors que la bourgeoisie et la petite-bourgeoisie refusent de les aider à limiter la transmission du virus, voire de les aider tout court d’une façon significative. Parmi les travailleurs et travailleuses d’épicerie et les commis, nous avons constaté que les employés de soutien, alors qu’ils sont constamment en contact avec des personnes immunodéficientes, n’ont pas accès à du matériel de protection personnel adéquat. Subséquemment, ils et elles s’exposent eux-mêmes et exposent les personnes à leur charge. C’est un phénomène que l’on peut également constater au sein des hôpitaux parmi les médecins, les infirmier-e-s, les concierges, etc.

 La réponse du gouvernement

Une des réponses du gouvernement a été d’instaurer la prestation canadienne d’urgence (PCU), qui est à la fois insuffisante et inutilement exclusive. La fonction principale de la PCU est de maintenir la classe exploitée en vie afin de pouvoir l’exploiter plus tard. Encore là, cela ne s’applique même pas aux sans-statuts, aux travailleur-euse-s saisonniers, aux travailleur-euse-s qui ont gagné moins de 5000$ dans la dernière année, aux étudiant-e-s post-secondaires, aux sans-emplois ou aux travailleur-euse-s aux heures réduites. Considérant que la majorité des Canadiens vivait déjà de paie en paie avant la crise, plusieurs seront plongés dans une pauvreté encore plus grave. Trudeau a promis aux étudiant-e-s post-secondaires et récemment gradués une prestation imposable similaire au PCU et un fond additionnel pour les étudiant-e-s avec des handicaps. L’État canadien vise également à les influencer avec une bourse accordée pour le travail bénévole qui permet de réduire les effets de la COVID-19. C’est un bon exemple de la façon dont l’État trompe les étudiant-e-s en associant l’aide mutuelle au patriotisme plutôt qu’à la solidarité de classe.

 Certains gouvernements provinciaux ont aussi instrumentalisé la pandémie pour faire avancer leur agenda d’austérité. Le premier ministre du Manitoba, par exemple, a demandé aux institutions d’éducation post-secondaires de couper leur budget de 30% afin de libérer des fonds pour combattre la pandémie. Pourtant, c’est lui même qui a sabré le budget de la santé dans les dernières années, forçant la fermeture de plusieurs salles d’urgences.

 Bien que la pandémie ne soit pas encore maîtrisée, des individus au gouvernement appellent prématurément à la fin des mesures d’urgence. Ils souhaitent remplir les coffres de l’économie canadienne avec le sang des plus vulnérables dans la classe ouvrière en risquant une seconde vague d’infection de peur que les profits de leur bienfaiteurs capitalistes soient réduits.

Résistance & solidarité à une époque sans précédent

Les prolétaires ont démontré leur force et leur solidarité en s’organisant pour répondre à leur besoins collectifs en ces temps de crise. En utilisant des plateformes en ligne pour des raisons de sécurité, la classe ouvrière de partout au Canada établit des réseaux d’aide mutuelle (parfois avec un caractère explicitement révolutionnaire), discute de la possibilité de grève des loyers et distribue de la propagande et de la littérature. De toutes évidence, la classe ouvrière reconnaît que l’unité et la solidarité sont la source de sa force.

 Certaines sections des masses ont aussi réagi à la pandémie d’une façon erronée ou réactionnaire. Il y a eu des manifestations appelant à la réouverture de l’économie sur la base des effets économiques négatifs du confinement. Ces manifestations font fausse route : le confinement, composé de mesures préventives pour limiter la propagation du virus, n’est pas lui-même dommageable. Ce sont plutôt les déficiences inhérentes à l’économie capitaliste qui sont la cause des dommages à l’économie. Les difficultés vécues par ces couches sociales petite-bourgeoises ou aristocrates ouvrières sont bien réelles, mais les mesures qu’elles proposent ne feraient qu’exacerber les décès et les difficultés. Encore pire, une poignée d’individus ont été déroutés par de la propagande fasciste diffusant des théories conspirationnistes racistes sur le virus et allant jusqu’à remettre en question son existence. Aux État-Unis, des groupes d’extrême droite anti-vaccins ont aussi tenu des manifestations contre le confinement, alors qu’en Europe des tours de cellulaire ont été sabotés par des conspirationnistes qui croient que la COVID-19 est causé par l’installation des tours 5G.

Face à la multitude d’idée contradictoires émanant des masses, le rôle des communistes révolutionnaire est d’appliquer la ligne de masse, de travailler à renforcer l’unité politique et organisationnelle de la classe ouvrière et l’entraîner dans la confrontation directe avec ses ennemis capitalistes.

Dans notre contexte, cela impliqued:

  • Comprendre les luttes et les demandes du prolétariat, appliquer une analyse fondée sur la ligne de masse, consolider ces demandes en formes d’actions concrètes pour défendre les intérêts prolétariens.
  • Générer de la propagande prolétarienne pour combattre les médias capitalistes et réactionnaires.
  • Organiser des syndicats de locataires pour mener des grève de loyers contre les propriétaires.
  • Encourager l’aide mutuelle (tout en prévenant sa dégénération en charité bourgeoise ) en révélant la faillite du système capitaliste et utiliser les réseaux d’aide mutuelle pour construire la résistance.
  • Isoler et exposer comme nuisible les sections des masses qui appellent à une réouverture prématurée de l’économie.
  • Combattre ceux qui cherchent à tromper les masses.

 

 

Parti communiste révolutionnaire

Comité pour l’unité des maoïstes au Québec

Mouvement étudiant révolutionnaire