Contre le liquidationnisme

Quelques-uns de nos principaux cadres dirigeants ont récemment pris la décision de démissionner, dont l’un d’entre eux de façon publique. Les raisons exprimées pour justifier cette décision seraient que le parti et l’idéologie du Marxisme-Léninisme-Maoïsme seraient inadéquats aux besoins du prolétariat canadien. Ces ex-camarades ont de plus décidé de démarrer une nouvelle organisation pour intervenir plus directement au niveau de la production et ainsi pallier aux faiblesses qu’illes croient être inhérentes au projet de parti maoïste qu’illes appuyaient auparavant.

Premièrement, nous tenons à souligner notre tristesse devant cette décision de quitter le parti et le maoïsme prise par des camarades avec qui nous avons travaillé pendant des années. Ce n’est pas un phénomène nouveau, et ce sont de précédentes manifestations de cet abandon du maoïsme pour une conception post-maoïste de la révolution qui nous avait poussé à écrire une critique du post-maoïsme dans la dernière édition d’Arsenal. Comme dans tout projet révolutionnaire, il y a des avancées et des reculs, et certains camarades faisant l’expérience du désenchantement et de l’épuisement miseront leurs espoirs dans une nouvelle panacée, sans se rendre compte qu’illes hériteront sans doute des mêmes problèmes. Nous tenons à réitérer que le parti est un processus, que ce processus est déterminé par la lutte de ligne, et qu’il y aura toujours un besoin pour se rectifier, se transformer et lutter dans notre combat pour la révolution.

Deuxièmement, nous sommes encore plus attristé par le fait qu’une partie de ce petit groupe faisait partie de notre leadership. Nous sommes donc confus devant leur critique rejetant les problèmes de l’organisation sur les membres à la base, qu’illes ont pourtant aidé à organiser et envers lesquels illes sont appelé à fournir un leadership. Si les problèmes du parti sont aussi monumentaux qu’illes le prétendent (et nous croyons que ce n’est pas le cas, mais plutôt le résultat d’un certain degré de subjectivisme qui s’est développé au sein d’une petite faction), et qu’illes formaient la direction qui a supervisé le développement de ces prétendus problèmes, alors pourquoi blâmer la base sans prendre sa part de responsabilité?

Troisièmement, la raison pour laquelle les membres restants du CC ressentent le besoin de publier cette courte déclaration est de jeter la lumière sur le comportement récent des membres démissionnaires. Bien qu’illes aient affirmé que le parti avait des problèmes internes insurmontables, ces cadres ont essayé de rallier des membres du parti à leur nouveau projet post-MLM avant leur démission officielle. Non seulement cette attitude s’apparente dangereusement à une tentative de sabotage, mais elle paraît étrange qu’on présente le parti comme étant irréparable tout en essayant de lancer un nouveau projet avec le même matériel supposé être irréparable. Ces ex-camarades affirment ne pas vouloir être en rapport antagoniste avec nous, mais illes ont utilisé leur ancienne organisation comme terrain de recrutement pour leur nouveau projet. Le fait qu’illes aient adopté cette approche, plutôt que de mener une lutte ligne au sein du CC et ensuite dans le cadre d’un congrès du parti pour faire avancer leurs idées, représente toute une déception.

Nous ne pouvons dire grand-chose au sujet du projet à venir des membres démissionnaires, car illes se sont montré assez vague et tortueux à ce sujet. Ce projet nous semble s’orienter vers l’économisme et le liquidationnisme. Nous espérons nous tromper bien sûr, comme nous souhaitons que tous les projets révolutionnaires connaissent le succès, mais nous soutenons l’idée que sans l’appareil de parti et l’idéologie marxiste-léniniste-maoïste, toute tentative d’organiser le prolétariat est vouée à l’échec.

Nous gardons espoir que ces camarades vont rectifier leur trajectoire, sauront résister au défaitisme et au pessimisme, et reviendront dans nos rangs. Nous encourageons les cellules et les sections du parti à résister aux approches de la petite faction démissionnaire, et qu’elles se préparent au Congrès à venir où nous pourrons débattre des erreurs qui ont été les nôtres et renouveler notre travail. Nous voulons rappeler aux cellules qui se sentent isolée qu’il y a des choses excitantes à l’œuvre dans d’autres régions du pays. Nous tenons aussi à nous excuser de ne pas avoir averti les camarades via les canaux officiels du parti: un des camarades démissionnaires est en charge des lignes de communications et nous ne pouvions pas simplement attendre de les récupérer étant donné les circonstances.

 

Dans l’unité et la lutte,

Le Comité Central