Journée internationale des travailleurs et travailleuses: Unissons-nous contre les trois ennemis du peuple: le capitalisme, l’impérialisme et le colonialisme

Chaque 1er mai, nous rendons hommage aux luttes menées à travers les siècles par la classe ouvrière et levons le flambeau de la lutte contemporaine. Il ne suffit donc pas en ce jour de rendre hommage et de célébrer les réussites de la lutte mondiale du prolétariat, mais aussi de nous placer aux premières lignes comme les ennemis les plus actifs et les plus bruyants du capitalisme, de l’impérialisme et du colonialisme. Ce sont là les trois principales contradictions sociales au Canada, qui place une classe minoritaire dans une position de domination vis-à-vis de la classe ouvrière, tant au niveau domestique qu’à l’étranger, vis-à-vis des peuples autochtones qui ont été colonisés dans une prison des peuples, et vis-à-vis des travailleurs et peuples autochtones à l’étranger qui sont constamment soumis à la puissance militaire et financière des capitalistes canadiens à la recherche de profit et de pouvoir.

Le 1er Mai a une signification particulière cette année au Canada pour la classe ouvrière et le mouvement révolutionnaire, étant donné qu’il coïncide avec le centenaire de la grande Grève Générale de Winnipeg. C’est en le 15 mai 1919 que plus de 30 000 travailleurs ont quitté ont débrayé à Winnipeg pour lutter contre le chômage, l’inflation galopante, et les conditions de vie en déclin de la période d’après-guerre. La grève générale a déstabilisé la ville de Winnipeg et sa base industrielle, alors que près de 20% de la population s’est mise à remplir les rues pendant plus d’un mois pour dénoncer l’inégalité grandissante entre la classe ouvrière et la minorité capitaliste qui concentrait de plus en plus de pouvoir. C’est seulement à travers les forces armées de l’État canadien, y compris des détachements non-locaux de la GRC, que la grève a pu être réprimée violemment.

La grève générale de Winnipeg est un exemple historique du pouvoir de la classe ouvrière en lutte au Canada. Il faut la voir autant comme un fait saillant de notre lutte contre la domination capitaliste, que comme une expérience dont il faut analyser les forces et les faiblesses.

La plus grande force de la grève de Winnipeg a sans doute été son ralliement sous la bannière du One Big Union, le « grand syndicat » combatif qui visait à organiser toute la classe ouvrière. Ainsi, on compte près des deux tiers des travailleurs en grève qui évoluaient à l’extérieur des syndicats traditionnels, et qui avaient plutôt rejoint l’action collective menée par une organisation centrale qui voulait organiser la classe entière. Ce niveau d’organisation était devenu une nécessité pratique pour amener plus loin les sursauts spontanés et épars de travailleurs, et les unir dans l’action – à l’image d’un parti d’avant-garde qui mène l’ensemble de la classe dans la lutte. Un parti qui s’appuie sur les éléments les plus avancés politiquement de la classe ouvrière révolutionnaire pour l’orienter vers une action collective, plutôt que de simples actions individuelles dans des lieux de travail. Le type d’organisation qui ne tombera pas dans le piège de s’aligner sur les intérêts des syndicats pris individuellement, mais qui cherchera plutôt à organiser et unir dans l’action les membres les plus opprimés de la société qu’on retrouve au cœur du prolétariat, qui se retrouvent plus souvent qu’autrement en-dehors des syndicats officiels et faisant face à la précarité ou au chômage chronique.

Un tel niveau d’organisation était d’autant plus impératif à Winnipeg, étant donné qu’une grande part de la classe ouvrière y était constituée d’immigrants non-citoyens, qui couraient le risque de la déportation, une mesure disciplinaire extra-judiciaire souvent utilisée à l’époque. Plusieurs de ces travailleurs provenaient d’Europe de l’Est, et subissaient au Canada une forme de persécution due à leur association avec les nations du bloc central opposé au Canada et ses alliés lors de la Première Guerre mondiale. Cette précarité les rendait particulièrement vulnérable à la menace de déportation par leurs employeurs, et il leur était impossible de combattre individuellement contre les injustices subies sur leurs lieux de travail, aux mains des propriétaires ou de la société en général. Cette situation n’est pas sans rappeler celle qui est vécue aujourd’hui par la force de travail immigrante au Canada, qui est considérée comme temporaire et dépendante du bon vouloir des employeurs pour obtenir la citoyenneté ou un statut quelconque. Cette situation contemporaine mérite que nous y accordions un effort soutenu pour unir les travailleurs et travailleuses immigrant es contre nos patrons et contre les éléments xénophobes réactionnaires qui sèment la division dans la classe ouvrière.

Malheureusement, le combat héroïque des travailleurs de Winnipeg n’était pas aussi bien préparé que celui de leurs héros qui avaient accompli la révolution bolchévik. Bien que la fin de la Première Guerre mondiale ait donné lieu à un déclin généralisé des conditions de vie dans les centres industriels, elle a aussi vu s’étendre l’influence des révolutionnaires soviétiques qui ont su tourner une guerre prédatrice en une guerre de classe intérieure – plutôt que de se ranger derrière les intérêts de leur classe dirigeante nationale et d’aller combattre leurs camarades ouvriers des pays voisins. Bien que cette influence s’est faite sentir à travers le monde, la préparation politique et pratique des grévistes de Winnipeg ne les a pas équipé à mener une lutte politique contre l’État canadien et les forces contre-révolutionnaires de la GRC qui ont été déployés pour les réprimer dans le sang. C’est ainsi que les grévistes ont subi la défaite après seulement six semaines.

Cet échec nous montre qu’on ne peut pas miser tout notre espoir sur une grève générale et une insurrection soudaine pour renverser la classe dirigeante du Canada. De nos jours, le pouvoir de l’État se trouve même encore mieux consolidé qu’il l’était il y a cent ans : avec la professionnalisation de la police et des forces militaires, l’augmentation du pouvoir de surveillance, et le progrès des techniques de contre-insurrection. Il ne faut pas pour autant perdre espoir dans le projet révolutionnaire, mais nous devons avoir à l’esprit que pour réussir, il nous faudra élaborer une stratégie pour développer les forces de la classe ouvrière et des nations opprimées, de la majorité du peuple, pour combattre un État canadien qui est mieux organisé et mieux armé que jamais. On ne peut pas se permettre d’espérer une vague révolte spontanée ou une illusoire mutinerie des forces militaires et policières qui soumettent les opprimé es à une violence quotidienne. Ces vaines espérances nous mènent à repousser le travail de bâtir notre pouvoir dans la lutte.

Nous devons plutôt agir selon les conditions de notre organisation et de notre pouvoir, ce qui se traduit par une stratégie de lutte prolongée, à travers l’entraînement et l’armement de forces progressistes pour l’instant fragmentées. Cette stratégie doit comprendre toutes les formes de lutte – accroître le militantisme des luttes ouvrières, rebâtir le mouvement ouvrier, bâtir des organismes de défense et d’appui communautaire, s’opposer au développement des oléoducs, et faire avancer activement les activités de guérilla pour frapper l’ennemi.

Ce combat apparaît de plus en plus nécessaire à mesure que notre classe dirigeante se familiarise avec la répression fasciste pour contenir les trois grandes contradictions sociales.

En termes des relations au capital, plusieurs sections de la classe ouvrière font face à la précarisation et au chômage croissant ; plusieurs industries sont sous la coupe de lois forçant le retour au travail des grévistes, qui sabotent l’action collective et assujettissent les travailleurs directement à l’État canadien ; alors que partout au pays, des politiques d’austérité agressives éliminent les filets de sécurité sociale et renforcent les écarts de classe. Tout ceci est facilité par l’emploi de forces policières de plus en plus militarisées .

En termes de relations coloniales, l’État canadien continue d’envahir et de déplacer les peuples autochtones de leurs territoires pour faire avancer le capital, comme on l’a vu notamment avec l’intervention des forces de l’État en territoire wet’suwet’en. Les colons, civils ou policiers, se trouvent encore plus souvent qu’autrement protégés par la loi lorsqu’ils commettent des crimes violents contre des personnes autochtones ; et un certain mouvement qu’on pourrait qualifier de « pétro-populisme » prend de l’ampleur tout en intégrant des éléments nationalistes blancs dans son déploiement pour défendre l’expansion de l’industrie pétrolière et son empiétement des territoires autochtones. Tout ceci, alors que l’État canadien continue d’étrenner son engagement factice pour une « réconciliation » pour mieux déguiser le contrôle violent exercé sur les territoires autochtones.

En termes d’impérialisme, le Canada continue de tirer les bénéfices de coups d’État qu’il appuie à travers l’Amérique centrale et l’Amérique du Sud. La participation du Canada au complot contre le gouvernement du Venezuela illustre en outre jusqu’où est prêt à aller le secteur financier pour s’assurer l’accès à de vastes réserves de pétrole. Cet opportunisme s’est aussi manifesté dans des interventions violentes et destructrices en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, où le recours aux sentiments anti-musulmans ont facilité la dévastation de pays et occasionné l’exil de millions de personnes et ainsi mis en scène, au Canada même, un éventail de politiques et de dynamiques xénophobes qui ont directement causé des tueries et d’autres attaques envers des groupes immigrants et racisés. Ces énormes déplacements de population risquent d’ailleurs d’être éclipsés par ceux qu’occasionneront les ravages écologiques des prochaines décennies.

Tous ces développements indiquent un renforcement important de la classe dirigeante, qui se prépare à défendre de plus en plus âprement ce système exploiteur que nous devons détruire.

C’est dans cette perspective de lutte nécessaire que nous tenons à célébrer les antécédents tant du pouvoir ouvrier que du pouvoir de toutes les classes opprimées qui ont combattu la domination de classes dirigeantes. Nous sommes ainsi en mesure de replacer notre histoire comme faisant partie d’un projet inachevé visant à émanciper le monde entier de la division de classe. Nous devons ainsi accepter l’action révolutionnaire et nous projeter activement vers l’avenir en nous organisant pour renverser la domination de classe et l’oppression. Nous devons beaucoup aux héros de la grève générale de Winnipeg, et devons intégrer les leçons de leur tentative à notre combat. La bataille est loin d’être terminée, et nous devons nous préparer concrètement pour mener une guerre révolutionnaire du peuple contre l’État canadien, et contre la classe capitaliste réactionnaire qui, pour assurer son gain privé, utilise l’État pour infliger la brutalité envers les travailleurs et les peuples colonisés ici au Canada et ailleurs dans le monde.

Cette préparation doit nécessairement aller au-delà de l’appui fatigué à des actions spontanées, à la désorganisation ou à des mouvements décentralisés ; elle doit entraîner les forces progressistes à s’engager dans une guerre populaire prolongée pour renverser le capitalisme, le colonialisme et l’impérialisme. Cette guerre prolongée du peuple va éliminer les grands capitalistes pour amener au pouvoir les travailleurs et les travailleuses qui produisent les biens à la base de notre société ; elle va éliminer l’État canadien qui prétend avoir souveraineté sur les terres autochtones et qui assujettit les nations autochtones à ses intérêts ; et elle éliminera les financiers et extracteurs de ressources qui pillent la planète et les peuples de la terre.

Unissons-nous contre les ennemis du peuple!

À bas le capitalisme, le colonialisme et l’impérialisme!

Forgeons la révolution!

Hamilton – Gore Park – 3:30PM

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Saskatoon- Friendship Park – 5:30PM

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Toronto – 100 Queen Street West – 5:00PM

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Vancouver – Holland Park – 6:30PM

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