Déclaration pour la Journée Internationale des Femmes Ouvrières

La Journée Internationale des femmes ouvrières est depuis plus d’un siècle l’expression de la nécessité des luttes des femmes pour renverser la société de classes et pour le développement du socialisme. Comme l’avait dit Lénine dans son adresse au premier congrès pan-russe des femmes ouvrières en 1918, « Il ne peut y avoir de révolution socialiste, sans la participation d’une vaste part des femmes ouvrières… On a pu observé à travers l’expérience de tous les mouvements de libération que le succès d’une révolution dépend de l’ampleur à laquelle les femmes y prennent part. » C’est dans cet esprit que le Parti Communiste Révolutionnaire appelle toutes les ouvrières à travers le Canada à rejoindre la lutte pour mettre fin au capitalisme, au colonialisme et à l’impérialisme, pour arracher les racines de l’oppression et de l’exploitation basée sur le genre.

La classe dirigeante a malheureusement dépouillé cette journée de son caractère ouvrier, en la renommant Journée Internationale de la Femme, et en essayant de lui donner un visage bourgeois en effaçant les combats importants des femmes ouvrières par des formes de représentation et de reconnaissance superficielles. Ce virage a pour but de détourner les classes travailleuses et opprimées d’une perspective révolutionnaire réelle qui, via la solidarité et la lutte, mènerait au changement social et au pouvoir ouvrier, plutôt qu’à de fausses promesses de libération via des formes passives de féminisme qui sont au goût de l’ordre dirigeant.

Ces mirages de la bourgeoisie sont en soi des attaques contre les femmes ouvrières, car les conditions des femmes au Canada demeurent précaires, en dépit des prétentions de la bourgeoisie à célébrer un progrès sans tache. En effet, les femmes ouvrières au Canada continuent de faire face à une discrimination importante, ayant moins de chance que les hommes avec un niveau d’éducation similaire à trouver un emploi stable, ou un emploi tout court – alors que les hommes sont 10% plus nombreux à se trouver sur le marché de l’emploi, et que plus de 3/4 des emplois à temps-partiel sont comblés par des femmes; les femmes portent encore sur elle presque tout le poids du travail ménager; et elles continuent d’être moins bien payées que les hommes, avec en moyenne 87% de leur salaire horaire, et seulement 75% en termes de salaire annuel. Les femmes immigrantes, racisées ou de nations opprimées, plus particulièrement les femmes autochtones, et les membres de communauté LGBTQ et les femmes avec des incapacités font face à des conditions encore plus difficiles.

Ce ne sont pas seulement les conditions économiques qui sont un problème. Les femmes représentent 80% des victimes de violence sexuelle; 57% des femmes autochtones et 20% des femmes trans ont vécu de la violence sexuelle. Bien sûr, ces statistiques sont seulement basées sur des faits qui ont été rapportés – et on estime que 60% environ seulement des cas sont reportés. Alors que le phénomène de violence historique et continue qui afflige les femmes autochtones se poursuit, indépendamment de l’enquête sur le meurtre et la disparition des femmes et filles autochtones, le gouvernement canadien ne propose que des solutions de surface; les démissions se sont succédé à une fréquence rapide parmi les personnes chargées de travailler sur l’enquête, à cause des interventions et des restrictions du gouvernement lui-même, et alors que ce dernier continue de protéger les policiers racistes et de déployer la GRC pour expulser des peuples autochtones de leurs propres territoires. À cela s’ajoutent les cas de stérilisation forcée de femmes autochtones, qui ont encore été révélés récemment, et qui constituent non seulement une atteinte à l’autonomie corporelle mais aussi un acte de génocide envers les peuples autochtones, dans cette prison des peuples qu’est le Canada.

Les droits que les femmes et les autres personnes opprimées par le genre ont obtenu dans les dernières décennies sont le résultat d’organisation de masse et de sacrifices importants. Toutefois, le retour en force du fascisme amène avec lui la ré-émergence de positions ultra-rétrogrades contre l’autonomie des femmes et pour un renforcement agressif de la domination et de la violence patriarcale, qui voient les femmes comme des esclaves domestiques pour les hommes. Cette offensive contre les victoires historiques des luttes féministes révèle le mythe bourgeois d’une libération des femmes qui serait atteinte sans lutte contre les réactionnaires, comme si le progrès était inévitable.

Il faut bien comprendre que c’est seulement avec notre capacité de nous organiser et de combattre que nous serons capables de défaire l’oppression et les forces de la réaction. Comme les conditions du capitalisme nous ont mené à travers plusieurs crises économiques, et nous mènent présentement vers une crise écologique ultime et une crise sociale due au fascisme, c’est sur une lutte collective pour écraser le capitalisme et l’ordre patriarcal qu’il faudra miser pour atteindre la libération de la femme et de la classe ouvrière tout entière. La lutte des femmes se trouve au cœur de la lutte des classes, et la femme a sa place au cœur de la lutte révolutionnaire!

 

Sudbury: 8 mars International Working Women’s Day Reading & Discussion

17.00-20.00

Room C-101, Laurentian University

https://www.facebook.com/events/254883825449956/

Surrey/Vancouver: 8 mars “International Working Women’s Day 2019”

17.30-19.30

7536 130th St Surrey, BC

https://www.facebook.com/events/711273975934696/

Ottawa: 9 mars “Presentation on End the March for Life”

14.00-17.00

120 Metcalfe St., Ottawa ON

https://www.facebook.com/events/338537636751658/