Célébrons le 50 anniversaire du Parti communiste des Philippines (PCP)

Le 26 décembre 2018 marque le 50e anniversaire de la refondation du Parti communiste des Philippines (PCP), le 125e anniversaire de Mao Zedong et notre propre célébration de ces deux événements historiques.

La refondation du PCP a marqué une rupture avec les actions inefficaces du précédent parti et ses tentatives passives de lutte tout en réinitialisant un authentique Parti révolutionnaire pour les masses philippines. Ce parti a hérité d’un siècle de lutte pour l’indépendance du peuple philippin pour briser les chaînes coloniales espagnoles et américaines, et qui s’efforce maintenant de renverser le nouveau pouvoir néocolonial. La ponctualité de cette refonte est également significative étant donné que 1968 marquait le début de la Révolution culturelle et se démarque comme une évidente rupture au sein du mouvement international entre les forces communistes révolutionnaires et les révisionnistes de la contre-révolution. Alors que les partis à travers le monde ont vécu des scissions sur ces bases, les précurseurs du PCP ont été directs dans leur initiative d’un parti qui serait une figure de proue et une force combattante pour les classes opprimées et ouvrières des Philippines. Ce faisant, aux côtés des Naxalites en Inde, ils ont porté le flambeau de la lutte qui a donné espoir aux communistes à travers le monde dans une période de consolidation capitaliste avec le déclin des révisionnistes et la chute de l’URSS, le retour au pouvoir d’une classe capitaliste en Chine, et la faillite et les reculs de tentatives plus récentes du prolétariat de saisir le pouvoir à travers des guerres populaires comme au Pérou et au Népal.

La refondation du Parti communiste des Philippines coïncide avec l’initiation de la Grande Révolution culturelle prolétarienne, qui visait à intensifier la lutte de classes contre les traîtres capitalistes en Chine. Le parti philippin, qui se charge de bâtir la Révolution et développer la guerre populaire, est une réelle inspiration pour les forces révolutionnaires au Canada autant que pour la classe ouvrière internationale. C’est au cours de cette période, et sous la direction prise par les forces révolutionnaires authentiques, que le monde a été inspiré par des luttes anticoloniales et anti-impérialistes au Moyen-Orient, en Afrique et en Amérique du Sud; le développement de la lutte qui menaçait la bourgeoisie dans les centres impérialistes à travers les événements de Mai 68, la création du Black Panther Party et d’autres partis aux États-Unis qui se sont sérieusement mis à la tâche d’organiser la lutte armée contre l’État impérialiste et, plus particulièrement, au Canada, inspirant la scission d’une formation marxiste-léniniste du Parti Communiste du Canada en stagnation, et la création du Parti communiste ouvrier (PCO) et de l’organisation En Lutte! . En raison du développement et de l’effondrement de ces derniers partis, qui s’inscrivent dans la lignée historique du Parti Communiste Révolutionnaire du Canada, c’est ici que nous sommes profondément redevables à la ferveur et à la capacité du PCP de défendre une ligne révolutionnaire et de développer une expérience du changement social que nous devons tous nous approprier.

Les camarades des Philippines luttent depuis 50 ans contre certaines des forces les plus répressives et réactionnaires – notamment les classes dirigeantes semi-féodales et les 21 années de règne fasciste de Ferdinand Marcos – et ont ainsi réussi à défendre les masses du peuple philippin ainsi que leur propre projet de libération nationale et de socialisme. Les États-Unis ont mené une agression directe contre le peuple philippin, et le PCP a su se montrer courageux à la fois dans sa lutte contre des conditions de travail et de vie inhumaines et, malgré les pertes de nombreux camarades et révolutionnaires, dans sa résistance contre la violence amenée par la répression l’État qui tentait de perturber la bonne conduite de leur travail.

C’est dans ces conditions que les maoïstes philippins sont devenus incontournables sur les questions des méthodes de lutte pour la classe ouvrière et celle de l’unité régionale et internationale pour combattre les forces réactionnaires. L’initiation et la continuité de la Guerre populaire aux Philippines a été monumentale.

En son 50e anniversaire, la lutte armée, telle qu’exécutée par la Nouvelle armée populaire (NPA), aura consolidé de significatives portions du territoire philippin en l’arrachant des mains de l’État réactionnaire, rassemblant des millions de gens sous leur bannière. En ce moment, presque un quart du territoire philippin est sous contrôle politique direct du Parti communiste des Philippines. Ce haut-fait est une démonstration de la dévotion et de la résolution du Parti dans sa volonté de mener à bien une guerre prolongée tout en étant une validation du succès de la stratégie de la Guerre populaire prolongée (GPP) comme moyen de décupler les forces des classes laborieuses et opprimées contre l’État réactionnaire. Leur grande stratégie a su libérer les terres des peuples autochtones philippins en plus de permettre au PCP d’offrir une éducation pour toustes et de développer une économie indépendante plutôt que basée sur l’isolement et l’extraction.

La stratégie de la GPP est basée sur un engagement nécessaire des masses dans le développement prolongé d’une lutte armée asymétrique dans le but de créer des bases d’appui pour la Révolution. La construction de ces bases d’appui développe une situation de dualité de pouvoir où les communautés et les zones libérées maintiennent leur lutte contre les forces réactionnaires.

Dans la construction immédiate de notre capacité à exercer le pouvoir politique, la nature prolongée de notre lutte permet de bâtir le socialisme même lorsque l’ennemi tente d’asseoir sa domination sur nous.

Cette stratégie nous mène à saisir les moyens de production et la terre en les arrachant des mains des classes possédantes pour les remettre dans les mains des masses ouvrières.

En établissant des bases de défense armée dans nos communautés, nous avons renforcé la capacité des prolétaires à faire progresser la lutte jusqu’à un état d’équilibre stratégique avec nos anciens maîtres : une situation qui se transformera éventuellement en une action offensive consistant à écraser la domination capitaliste et féodale.

L’applicabilité universelle de la stratégie du PCP et de la NPA de la GPP découlent de ses liens étroits entre les plans militaires et politiques. Cela, de pair avec leur détermination et leur engagement à défendre la lutte de classe et à ne jamais prêter attention aux illusions sur l’origine du pouvoir, a été un atout précieux.

Au Canada, nous devons chercher inspiration chez nos camarades philippins dans notre soutien de la lutte des classes armée et dans la confrontation avec tous les types de répression avec grand courage et créativité. Illes se sont positionné de manière à se donner un avantage vis-à-vis l’attrait et l’illusion de la politique bourgeoise en optant plutôt de renforcer la capacité de combat de leurs communautés contre les forces de réaction. Étant donné que toutes les stratégies qui tombent dans le piège de la réconciliation compromettent sans aucun doute la classe ouvrière et la lutte de classe tout en renforçant la société de classe et les exploiteurs à sa tête. Nous devons donc soutenir sans hésitation le développement de la Révolution aux Philippines et célébrer le Parti communiste des Philippines pourson leadership et son inspiration.

Isang Baksak