Combattre le colonialisme : Justice pour Colten Boushie, À bas la légalité coloniale!

La nuit dernière l’État colonial canadien a exonéré Gerald Stanley pour le meurtre raciste de Colten Boushie. Une fois de plus, le colonialisme se démontre comme fait : il y a des lois différentes pour le colon et le colonisé. La présente déclaration nous provient de la branche saskatchewanaise du PCR-RCP où les membres y luttent en solidarité avec la cause.

Nous sommes toustes attristés par le résultat du procès, mais nous ne sommes pas nécessairement surpris par la froide et calculée réponse de l’État colonial canadien. Nous devons conclure que la souveraineté autochtone ne sera jamais achevée sur ces terres sans la destruction du Canada comme entité politique. Son existence est née du désir de coloniser, contrôler et effacer les populations autochtones de cette terre afin d’y créer une colonie aryenne. Ainsi, la libération des Peuples autochtones ne peut provenir d’ententes avec l’État colonial, mais plutôt de par la destruction intégrale de ce dernier. Ceci ne signifie pas la destruction de tous les colons et étrangers. Cependant, tous ceux qui souhaitent maintenir un appareil de colonisation des Peuples autochtones sont sans l’ombre d’un doute opposés à notre lutte.

Colten n’était pas simplement la victime d’un meurtre, mais il était bien encore une autre victime de la colonisation des Peuples autochtones au nom du projet canadien de déposséder les populations autochtones de leurs terres et de les assujettir à la domination de l’État colonial. Ainsi, nous sommes aussi ici pour nous tenir debout contre les systèmes d’oppression injustes qui ont mené à la mort de Colten : le colonialisme d’établissement et la dépossession continue des territoires autochtones, et le capitalisme qui menace le territoire comme un bien, une commodité et qui priorise la propriété privée avant les vies humaines. Nous croyons que c’est notre mission de renverser ces systèmes et créer un monde où le racisme est chose du passé. Afin d’y parvenir, nous devons toustes oeuvrer ensemble à bâtir un Front uni de tous les peuples opprimés en ayant pour objectif commun une Révolution anticapitaliste et anticoloniale, et le retour du territoire aux Peuples autochtones au Canada.

Les événements entourant la mort de Colen nous met en évidence que des forces nous opposent à cette fin et que les lignes ne furent jamais aussi claires que lorsqu’un fusil est tiré; peut-être même qu’elles ne sont jamais aussi claires que lorsqu’une arme est utilisée et que cela est par la suite sanctionné par le système dans lequel nous vivons. Que ce soit l’État canadien qui attaque les Peuples autochtones, ou que ce soit l’État canadien qui défende ceux qui agissent techniquement sous l’illégalité de ses lois, mais dans son intérêt – le résultat demeure le même.

Étant donné la situation de violence, nous devons nous mettre de côté nos intentions d’interactions pacifiques et respectueuses, et conclure que :

– Nous devons combattre le racisme dans les communautés de colons rurales, et défendre les communautés autochtones des violences que l’on tente de leur infliger.

– Nous devons combattre les pratiques policières qui ont assumé la culpabilité de Colten avant que sa mort n’a même pu être investiguée, et qui ont offert une protection plus grande à Gerald Stanley suite à son odieux crime que l’on aie jamais offert aux Peuples autochtones. Voici comment l’appareil d’État défend le colonialisme d’établissement et ses agents.

– Nous devons aussi reconnaître que l’appel à la réconciliation par l’État canadien est une tactique coloniale trompeuse, tout comme la signature des traités, servant à duper les Peuples autochtones de bonne foi de manière à les faire tolérer les classes coloniales dominantes et le projet capitaliste de dépossession des masses.

– Dans la même veine, nous devons prendre les récents appels au civisme de la GRC par rapport à l’horrible issue du procès comme étant une manière de plus pour asseoir un contrôle dans le processus colonial. Nous ne devons pas nous laisser berner et être aveugles au fait que le Canada prêche la paix alors qu’il inflige et soutient la violence, au fait que le système légal canadien prêche l’État de droit quand il n’y en a pas de tarbanak de justice!

– Nous devons aussi combattre l’idée que l’oppresseur ne bénéficie pas de sa position dominante – comme si l’oppression était une erreur plutôt qu’un objectif conscient; nous ne devons pas accepter l’idée que l’oppresseur ne sera pas défendu par le colonialisme par la violence; et, enfin, nous devons de tout coeur reconnaître que notre lutte pour abattre le colonialisme dans ce pays ne se fera avec aise – ce qui demandera plutôt notre résolution à nous battre physiquement pour corriger les conditions qui ont menés à la mort de trop de gens dont Colten.

– Finalement, nous devons accepter que le colonisateur n’est pas ce que nous percevons : la police à laquelle nous avons été enseignés ou forcés de respecter est notre ennemi. L’État canadien, qui prêche l’unité et la réconciliation des différences, est notre ennemi et l’appareil d’État canadien qui ne servira jamais les Peuples autochtones est par extension aussi notre ennemi. Nous devons aussi enfin prendre pour acquis que notre espoir de changement n’est pas basé dans la possibilité de notre ennemi devant sympathique, alors que tant lui est à gagner par la domination, mais que nos espoirs sont plutôt fondés sur la vertu et la solidarité qui existent parmi ceux qui opposent cette monstruosité. Nous devons voir que notre travail est défini par notre capacité à nous battre et à convaincre ceux et celles de notre côté. Autrement, nous sommes laissés sans une armée alors que le Canada justifie la sienne.

Rest in Power, Colten