Expulsion des cellules de Montréal et de Valleyfield du Parti communiste révolutionnaire

Note : Dans le document qui suit, l’on fait référence aux branches montréalaises d’organisations de masses aux côtés de la cellule montréalaise du PCR. Jusqu’à présent, comme la clique des vieilles idées rejette la ligne de masse et le rôle indépendant des organisations de masses, il devrait être entendu que ce sont plus ou moins les mêmes personnes dans le MER-Montréal, le MRO-Montréal, le FFPR-Montréal, le Front rouge des jeunes, la cellule de Montréal et le leadership du District du Québec. Ainsi, bien qu’il serait insensé, par exemple, d’agglomérer les actions du MER-Ottawa alors que l’on critique le PCR à Ottawa, à Montréal lesdites « organisations de masses » (petits mouvements) et la cellule sont beaucoup plus directement liées qu’ailleurs.

C’est d’une immense tristesse que le Comité Central du Parti communiste révolutionnaire (PCR-RCP) annonce l’expulsion des cellules de Montréal et de Valleyfield du Parti. Alors que nous reconnaissons que ceci est une mesure très sévère, elle l’a été forcée de notre main. Le leadership de Montréal a saisi le contrôle du site internet du Parti et est activement en train de prévenir les communications entre le Comité Central et les cellules de Montréal et Valleyfield. Ainsi nous sommes incapables de discerner quelle est l’étendue des membres qui soutiennent les gestes de la clique des vieilles idées. Par conséquent, dans la mesure où ces deux cellules ne reconnaissent apparemment pas la légitimité de la direction du Parti, nous ne sommes laissés qu’avec aucun autre choix que d’expulser les cellules dans leur ensemble. Nous reconnaissons que ce ne sont pas tous les membres de ces cellules qui soutiennent le comportement obstructionniste de la clique des vieilles idées ; comme nous le délimiterons ci-dessous, nous invitons tous les membres de ces cellules qui reconnaissent le leadership légitime du Parti d’entrer en contact avec nous pour une réadmission dans les rangs du Parti.

Nous désirons rendre explicite que ces expulsions ne sont pas le résultat de la lutte de ligne en cours dans le Parti (sur la question de la ligne de masse avec des questions subsidiaires, dont le féminisme prolétarien et le rôle des syndicats). Ces expulsions sont le résultat d’infractions organisationnelles et procédurales – des infractions qui porteront gravement atteinte au Parti si laissées intraitées. Les raisons pour les expulsions vont comme suit :

Défaut d’initier une campagne de rectification mandatée

Le 5 mars, le Comité Central a mandaté la cellule de Montréal de se conformer à une campagne de rectification ayant pour but de rectifier le travail de la cellule. Une copie de cette résolution du CC a été inclue ci-joint en annexe. Peu de temps après que cela n’ait été décidé, le leadership de Montréal a déclaré le CC illégitime et a rompu les communications. Dans ce contexte, il a été impossible de lancer cette cruciale campagne de rectification.

-Usage de la violence afin de résoudre des désaccords politiques

Récemment, un schéma d’utilisation de la violence s’est développé envers autrui parmi la gauche comme moyen de résoudre les désaccords politiques.  Le premier incident a eu lieu le 4 mars à la Maison Norman Bethune, où quatre sympathisants du PCR-RCP ont attaqué trois autres sympathisants du PCR-RCP sur la base de la lutte de ligne en cours. Le 5 mars, un membre du Comité central a été menacé de ne pas se rendre à la Maison Norman Bethune par l’un des dirigeants montréalais. Plus récemment, il y a eu l’incident au Café Aquin, où deux membres du PCR-RCP (qui avaient déjà été expulsés!) ont agressé un barista parce qu’on leur avait dit de ne pas faire d’affichage. Dans chacun de ces cas, les assaillants n’ont absolument pas affiché quelque regret que ce soit quant à leurs actions. Nous trouvons que c’est une conduite totalement répréhensible, et non une manière maoïste de résoudre les contradictions entre au sein du Peuple.

-Schéma de désintérêt à lutter politiquement

De pair avec l’usage de la violence pour traiter de désaccords politiques, nous observons un désintérêt de la clique des vieilles idées à s’engager dans toute lutte politique. Notons ici le soudain départ du MER-Montréal du MER-RSM sans lutter au préalable avec le reste de l’organisation, la manifestation soudaine du déplaisir des dirigeants précédents avec le travail du Parti dans les dernières années sans rendre explicites leurs critiques en temps opportun, et un schéma répété au dernier Congrès où des membres de la clique des vieilles idées votaient continuellement contre toute possibilité de débat interne ou de discussion sur les questions litigieuses. La clique des vieilles idées a également préféré l’intrigue à la lutte politique quand la question des politiques trans sont survenues dans le FFPR.

Interférence dans une investigation à propos d’allégations d’abus sexuels

Nous avons récemment reçu des informations selon lesquelles quelqu’un de la clique des vieilles idées aurait agressé sexuellement un ancien membre du Parti. Avant tout, nous désirons rendre abondamment clair que ces accusations n’ont pas été faites par la survivante, mais plutôt par une tierce personne et pas à la demande de la survivante. Le Comité Central avait entamé une investigation dès que cette question nous avait été soulevée. Récemment, un membre de la clique des vieilles idées a déclaré avoir reçu une lettre de la survivante niant ces accusations. Cependant, la clique des vieilles idées a refusé de transmettre la lettre au Comité Central, rendant ainsi l’investigation considérablement plus difficile. En conséquence, l’enquête est toujours en cours.

Transphobie

La clique des vieilles idées défend la transphobie sous le couvert du féminisme prolétarien. Plus précisément ici, nous faisons référence à un certain nombre d’éléments. Un document intitulé « Sur le FFP et l’Oppression des femmes » avait été soumis par des membres du FFPR-Montréal et subséquemment rejeté par le Congrès. Ce document rejette l’idée qu’il existerait les « cisgenres » et réfèrent aux femmes trans comme simplement des hommes, qui sous le malaise du patriarcat, ont décidé de s’assujettir à l’oppression de genre. Mise à part de ce document, une supporter trans du Parti à Montréal a été mise du côté dans le FFPR et ultimement de la cellule elle-même dû à son identité et son apparence. Une camarade du FFPR qui a questionné la décision fut également ostracisée. Nous avons également relevé un schéma de constante mauvaise utilisation des pronoms appropriés par les membres de la clique des vieilles idées.

Vol

Lorsque la clique des vieilles idées a déclaré que le Comité Central comme étant supposément illégitime, elle ne s’est pas seulement saisie du site internet du Parti, mais aussi de la majorité de ses ressources. Ils étaient capables de faire ainsi étant donné que plusieurs de la clique des vieilles idées constituaient le « leadership historique du groupe » – ceux qui menaient autrefois le Parti, mais qui ne siègent présentement pas sur le Comité Central. Le Comité Central ne s’attendait pas à ce qu’il y aurait des problèmes de cette magnitude et ne voyait aucun problème à ce que les ressources soient tenues aux mêmes endroits que dans le passé. En conséquence, la clique des vieilles idées s’est défilée avec la majorité des économies du Parti – un montant substantiel après 10 ans – ainsi que ses ressources physiques (incluant plus de 1000 copies-papier de la dernière parution de notre journal théorique) tout en laissant le Comité Central avec la responsabilité de rembourser les dépenses faites en notre nom.

-Rejet du centralisme démocratique

Depuis un bon moment, nous avons de sérieux problèmes avec la centralisation de l’information, ainsi que la décentralisation des décisions, entre le Comité central et la cellule de Montréal. D’une part, ceci était en conséquence du refus de la clique des vieilles idées de reconnaître l’autorité du Comité central. Au contraire, cette clique a pris la décision de constituer un « deuxième centre » qui se chargeait de prendre de décision pour le Québec sans impliquer le Comité central. Des problèmes sont donc survenus lorsque la cellule de Montréal et le District du Québec (effectivement les mêmes personnes) ont voté pour « non-intégré » un membre transféré d’une autre ville, malgré le fait que la constitution du parti dit très clairement que seul le Comité central a l’autorité d’expulser des membres. Ceci est devenu encore plus problématique lorsque la clique des vieilles idées, qui ne représentait plus la majorité du parti avec uniquement 15% de l’effectif, a déclaré le comité central comme non légitime et a annulé sa décision d’expulser les 4 membres responsables de l’assaut du 4 mars 2017. Depuis, cette clique a voyagé partout au Québec en tentant de faire signer au membre un document qui déclare la clique des vieilles idées comme la direction légitime du parti. Même ici, dans leur comportement factionnel flagrant, ils refusent de suivre les procédures du centralisme démocratique de l’organisation, contournant la direction locale pour discuter avec des « camarades à qui on fait confiance » dans le but d’avoir un support de la région. La clique des vieilles idées nous a démontré qu’ils rejettent le centralisme démocratique du PCR-RCP pour favoriser leur propre vision orgueilleuse et subjective.

 

Bien que plusieurs des problèmes discutés ci-haut ne sont pas nouveaux, le comité central espérait les résoudre par un processus de rectification. Cela étant dit, avec les actions récentes nous croyons maintenant que ces problèmes soient assez importants pour justifier l’expulsion totale de la clique de vieilles idées, et par conséquent, les cellules de Montréal et Valleyfield.

Comme nous avons mentionné plus tôt, nous sommes certains que ces actions et positions ne reflètent pas la totalité des camarades à Montréal et Valleyfield. Malheureusement, en conséquence du fait que la clique des vieilles idées nous a rendu la communication avec eux impossible, nous n’avons pas le choix d’expulser les cellules de façon entière. Au camarade dans ses cellules nous voulons rendre de quoi très clair; peu importe votre opinion dans la lutte de ligne présentement, si vous reconnaissez la direction officielle du parti, contactez le comité central à : pcr.rcp.canada@gmail.com et vous serez réintégré.

Le comité central du PCR-RCP aimerait aussi prendre cette opportunité pour s’excuser aux masses montréalaises pour les erreurs sérieuses que nous avons commises dans le passé. Nous nous excusons auprès des travailleurs du Cafée Aquin pour l’assaut physique qui s’est déroulé dans leur lieu de travail sous le nom de notre parti. Nous nous excusons pour les camarades queer et trans pour la transphobie commise de la part de la cellule montréalaise, le MER, et le FFPR. Nous nous excusons pour le sectarisme de l’ancienne cellule de Montréal, en particulier à l’IWW. Et nous nous excusons aussi aux masses en général, celles et ceux impliqués dans les initiatives de la cellule de Montréal pour les manières bureaucratiques de leur direction ainsi que pour leur non-respect des organisations de masses automne. Finalement nous aimerons aussi nous excuser à tout le monde affecté par ces comportements antagonistes et sans principes pour notre inhabilité d’arrêter ces tendances destructives de la part de la clique des vieilles idées ainsi que pour le mal qu’ils ont commis à la gauche et aux masses montréalaises.

Dans le but de consolider l’expulsion de ces deux cellules problématique, le Comité central du PCR-RCP demande aux gens et aux organisations de considérer les demandes suivantes : tant que ces individus s’organisent sous le titre du « Parti communiste révolutionnaire », nous demandons qu’ils ne soient pas inclus dans des coalition ou autre initiative de gauche. Tant que les comportements problématiques perdurent, c’est l’opinion du Comité centrale que la clique des vieilles idées devrait être complètement isolée au niveau politique.

Nous voulons aussi prendre cette opportunité pour annoncer le lancement d’un nouveau comité d’organisation à Montréal. En termes clairs, le PCR(CO)-Montréal est la seule représentation légitime du PCR-RCP à Montréal. Illes ont commencé du travail de masses avec le lancement de ROAR, une organisation révolutionaire queer. Nous applaudissons leur ténacité et leur engagement à la politique révolutionnaire dans ce qui est sans doute une situation volatile et difficile. Nous invitons tous les autres individus et organisations à Montréal qui sont intéressés par le PCR-RCP de contacter le PRC(CO)-Montréal.

En conclusion, il est décevant que nous devions expulser les cellules de Montréal et Valleyfield. Nous reconnaissons que plusieurs membres de la clique des vieilles idées étaient instrumentales dans l’établissement d’une politique MLM en Amérique du Nord et dans la construction du PCR-RCP. Ceci est sans doute un pas vers l’arrière pour notre organisation, même si ce n’est que temporaire. Nous espérions qu’avec le temps nous pourrions regagner la confiance des masses montréalaises. Et qu’avec nos méthodes correctes de travail nous pourrons rebâtir le PCR à Montréal.

– Le Comité central du PCR-RCP

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Addendum: Motion pour la rectification à Montréa, adopté le 5 mars 2017

Depuis le dernier Congrès (quoi qu’à vrai dire, depuis les congrès spéciaux de 2012 et de 2014), il est devenu apparent qu’il y a des problèmes avec le travail de la cellule de Montréal. Présentement, ces erreurs de la part de Montréal ne menacent pas seulement de mener à la stagnation du travail à Montréal, mais menacent aussi le travail du parti dans le reste du Québec et du Canada. Ça ne veut pas dire qu’il n’y a pas de bon travail effectué à Montréal, ou que nous n’apprécions pas les sacrifices considérables en temps et en ressources que les camarades montréalais ont voué à la cause de la révolution. Cependant, nous affirmons qu’il y a une compréhension incorrecte du MLM parmi les camarades à Montréal, et des erreurs dans le travail. Ce document soulignera certaines de ces erreurs, et terminera avec une proposition pour une campagne de rectification.

Nous voulons également être clairs : ceci n’est pas une motion punitive, et ne devrait pas être interpretée de cette façon. En fait, nous voyons ceci comme étant moins sévère que l’action entreprise par le comité central auprès de la cellule de Toronto en 2015, quand la cellule, en raison d’approches incorrectes par rapport au travail, s’est vue retirée son statut de cellule et a été reconvertie en comité d’organisation. Nous ne pensons pas qu’une approche aussi sévère serait utile pour rectifier les erreurs à Montréal.

 

Contexte

Les erreurs actuelles de Montréal ont plus ou moins toutes été identifiées au troisième Congrès, spécifiquement dans le document titré Assessment – Development of the Party and Proposals. Il vaut la peine de mentionner que des camarades de Montréal ont écrit cette évaluation, et qu’elle a été adoptée à un temps où les camarades de Montréal constituaient la majorité du parti. Ce document a identifié que : le travail et la croissance du parti au Québec avait stagné (#7), que le niveau général du travail à Montréal était faible, que plusieurs comités d’organisations au Québec avaient été perdus, qu’il y avait une incapacité à développer des cadres et du leadership intermédiaire (#8), que le niveau du marxisme était faible (#9), qu’il y avait une peur irrationnelle de l’économisme qui empêchait le parti de se déployer proprement parmi les masses (#10). Ces problèmes se sont manifesté surtout par la performance incroyablement faible du parti pendant la grève étudiante de 2012 : contrairement aux interprétations actuelles qui minimisent l’importance de la grève de 2012, au troisième Congrès nous avons identifié que notre performance était «désastreuse… notre parti s’est éclipsé, alors qu’il aurait dû brillé comme jamais auparavant.» La racine de ces problèmes a été identifiée comme étant l’échec du groupe de leadership historique du parti : ce groupe n’était plus capable de faire des propositions «claires et pertinentes», et a été considéré incapable de «mener le parti vers l’avant.»

Le congrès a reçu comme tâche d’élire un nouveau parti, et de reconstituer une nouvelle direction pour le parti. En cela, il a en partie réussi : quoi qu’un bon nombre de bonnes résolutions et de perspectives ont été passées, peu après le congrès, la majorité du comité central a soit démissionné ou est tombée malade. Ainsi, malgré l’entrée du parti dans la plus grande période de croissance de son histoire, la rectification a été inégale.

Le problème central semble être que la cellule de Montréal, plutôt que d’internaliser les résultats du troisième congrès du parti, a décidé plutôt d’oublier le troisième congrès du parti et de répéter les erreurs qui ont menées à la tenue de ce congrès spécial en premier lieu. Que cela ait pu se produire montre la faiblesse du leadership du parti pendant la période entre le troisième et le quatrième congrès.

 

Identification de problèmes

Avant de faire une liste des problèmes perçus actuellement dans le travail de la cellule de Montréal, il devrait être noté qu’un des problèmes centraux – un voile de mystère autour des affaires de Montréal – rend souvent difficile une prise de parole concrète. Nous sommes ouverts et ouvertes à ce que ces critiques soient incorrectes; cependant, le problème central d’un manque de clarté provenant de Montréal souligne ce fait. Nous ajouterons que dans le passé il a été difficile pour les résolutions et les décisions du comité central de se rendre à Montréal, réciproquement, le comité central a rarement reçu des rapports de Montréal, ou n’a pas reçu d’appels à informer où à commenter sur le travail de la cellule de Montréal.

Premièrement, le problème principal, comme dit précédemment, est le fait que la cellule de Montréal n’a pas internalisé les résolutions du troisième congrès. Suvant cela : il semble qu’il y a une incapacité à bâtir un nouveau leadership hors du vieux groupe dirigeant (et certainement en dehors des perspectives du vieux groupe dirigeant !). Nous identifions qu’il semble qu’il y ait eu un grand roulement du membership qui n’a pas été expliqué; le membership de la cellule semble être plus ou moins le même qu’en 2014, malgré plusieurs nouveaux et nouvelles camarades inclus. Nous notons que de la part du leadership du district du Québec (ce qui, dans la mesure où il est solidaire avec le leadership de Montréal, met ensemble ces problèmes), il n’y a pas eu d’explications sur pourquoi le parti n’a pas réussi à croître au Québec depuis 2014.

Nous notons que de ce que nous avons entendu à propos de la vie au sein de la cellule de Montréal, il n’y a aucune pratique régulière de la critique et de l’auto-critique; ça ne semble pas être fait aux réunions de cellule du parti. En effet, il semble que ça se soit transmis dans la culture générale du partie au Québec, et indique pourquoi il n’y a pas eu de tentatives systématiques de rectifier des conceptions incorrectes et d’apprendre de ses erreurs. Par conséquent, le district du Québec, plutôt que d’apprendre de ces erreurs passées, semble voué à les répéter : le relancement du Partisan, le relancement du Front rouge des Jeunes, le relancement du MRO selon son ancien mode de déploiement pointe tous vers cela.

Une autre erreur dans la pratique de la cellule est l’incapacité à intégrer proprement un camarade, et son exclusion subséquente. Nous stipulons, en termes sans équivoques, que les cellules n’ont pas le droit de ne pas intégrer des membres du parti. Cette action implique que les cellules ont le droit d’expulser des membres, une responsabilité que seul le comité central possède, tel que mentionné très clairement dans la Constitution. Réalisant cette erreur les camarades de Montréal ont décidé de trouver des justifications bureaucratiques et légalistes pour leur erreur. Depuis ce temps, il n’y a eu aucune tentative d’autocritique pour ces erreurs, et la camarade n’a pas été intégrée. Ensuite, une camarade du FFP qui a tenté de joindre le camarade exclu a aussi été exclue du FFP, indiquant une mentalité de clique, et une culture troublante sur ce qu’est et ce que devrait être une organisation de masse vibrante.

De façon plus générale, la conception de la ligne de masse des camarades de Montréal est incorrecte, et est déphasée du reste du parti. Plutôt que de comprendre l’importance de l’initiative des masses et du rôle du parti comme leadership politique, la cellule de Montréal avance une compréhension bureaucratique de la ligne de masse qui subordonne toutes les organisations de masses à n’être simplement que des détachements spécifiques du parti. Cela indique qu’il y a une peur des initiatives indépendantes des masses, en plus d’une peur de l’incapacité du parti à mener politiquement les masses. C’est une erreur de commandisme, qui empêchera la croissance du parti et l’expansion de son influence.

[Nous avons exclu une courte section au début de ce paragraphe qui, si inclus, aurait identifié certains camarades comme membres du Parti. En bref, le paragraphe se rapporte à la cellule de Montréal qui ignore les directives du CC sur la participation de membres locaux dans le MER]. De plus, nous notons que même après avoir mentionné cette erreur au CC et d’avoir mandaté les membres du CC de Montréal de s’assurer que le MER participe au MER pancanadien, la cellule de Montréal ne s’est pas assurée que le MER de Montréal participe au 6e congrès du MER. Ils n’ont aussi pas trouvé de remplaçants pour le comité de coordination du MER. Ceci est, selon nous, une tentative d’affaiblir l’initiative du Parti qui va à l’encontre de la trajectoire établie du Parti (se rapprochant d’une brèche du centralisme démocratique), ce qui est complètement inacceptable. Même si le MER et la cellule locale sont en désaccord avec l’approche du MER pancanadien (dans lequel, il faut dire, le PCR possède une grande influence), ils auraient dû participer et lutter avec leurs camarades sur la ligne politique : ceci est la façon dont travaille les maoïstes. À la lumière de tout ceci, en plus de l’attitude antagoniste des membres du MER de Montréal dans le Parti, nous trouvons que l’annulation soudaine du congrès à Montréal du MER mérite d’être examinée. Si pour aucune autre raison que le manque d’effort mis pour trouver un nouveau lieu pour le congrès – ce qui est confirmé par un membre du CC qui était à Montréal à ce temps – mérite aussi d’être examiné plus profondément.

Nous maintenons aussi que la cellule de Montréal a une approche clandestine au travail de masse, choisissant des tactiques qui ne correspondent pas nécessairement à la situation. Ici nous faisons référence à la Journée d’action du 2 Novembre où les camarades ont suspendu une bannière. Par contre, plutôt que d’utiliser cette action pour s’engager avec les masses, de distribuer de la propagande ou de discuter avec des gens, les camarades du MER se sont tenus à part pour former un « bloc ». Le résultat est franchement embarrassant et représente mal le MER et le Parti.

Nous voulons aussi ajouter l’hostilité envers d’autres organisations telles que l’événement « Limites du IWW » qui était inutilement sectaire et qui a été sauvé par la bonne foi des membres du IWW présents. Particulièrement flagrante était la déclaration que l’activité du IWW n’avait pas besoin d’être investiguée afin d’en faire une critique.

Une des pires erreurs est la présence de politiques transphobe et transexclusive dans la cellule de Montréal sous le vernis de Féminisme prolétarien. Non seulement ces politiques sont-elles viles – les communistes devraient être des tribuns des gens opprimés et ne devraient pas contribuer à l’oppression –  elles sont incorrectes. Au lieu d’un féminisme prolétarien, la conception à Montréal est simplement un féminisme radical avec un vernis marxiste.

Il y a une attitude dogmatique parmi les camarades de Montréal. Les camarades défendent certains documents internes et le Programme comme étant infaillible, malgré le fait que le Parti a déjà identifier des lacunes dans ces textes. Au lieu de pensée critique et une approche scientifique au travail, il y a une approche dogmatique et religieuse à la théorie. Nous soulignons ici les camarades de Montréal qui votent systématiquement au Congrès contre des débats sur la ligne de masse, le féminisme prolétarien et autres questions. Par conséquent, la cellule de Montréal continue de compter sur des déclarations vagues et grandiloquentes plutôt que des propositions concrètes. C’est un problème apporté au troisième Congrès du Parti, tel qu’identifié dans l’Évaluation.

Finalement, nous voulons noter le niveau d’antagonisme entre les camarades de Montréal et le reste de l’organisation. Il semble y avoir une attitude prédominante qu’il ne vaut pas la peine d’engager avec les camarades à l’extérieur du Québec, qu’ils sont intrinsèquement Libéraux ou qu’ils soient politiquement compromis. Nous faisons référence aux comportements lors du Congrès, le Plan du District du Québec et les rapports que nous avons reçus du Congrès du District du Québec. Une telle attitude n’est pas propice à la construction de l’unité politique et sert à fracasser l’organisation.

 

Rectification

Comme mentionné plus haut, il y a un air de mystère autour des actions du Parti à Montréal. En conséquence, nous ne sommes pas sûrs d’être capables de localiser la cause du problème, soit en termes d’individus, attitudes ou autres sources.

À cette fin, nous proposons les étapes suivantes afin de corriger ces idées erronées.

  1. Investigation – Le secrétaire général rencontrera individuellement chaque membre du Parti au Québec. Tous les membres du Parti sont requis de coopérés avec le processus de rectification. Le SG devra effectuer des entrevues avec ces camarades afin de discerner leurs attitudes sur plusieurs sujets. Les questions incluront :
    1. Quelle est votre opinion sur le développement du Parti dans votre ville?
    2. Quelle est votre opinion sur le développement du Parti au Québec?
    3. Quelle est votre opinion sur le développement du Parti au Canada?
    4. Dans quelle mesure l’information sur le développement du Parti au Canada est-elle disponible pour vous?
    5. Évalue vos rencontres de cellule. Croyez-vous posséder un contrôle politique sur la direction du Parti? Qu’est-ce qui va bien? Que pourrait être améliorer?
    6. Quel est le rôle de la critique et de l’autocritique, concrètement, dans votre travail politique?
    7. Quelle est votre compréhension de la ligne de masse?
    8. Quelle est votre évaluation des débats actuels (féminisme prolétarien, la ligne de masse, rôle des syndicats) à l’intérieur du Parti?
    9. Quelle est votre évaluation des troisièmes et quatrièmes Congrès?
    10. Quelles étapes ont été prises pour implémenter les décisions du troisième Congrès?

Les questions ne seront pas limitées à celles-ci, et devront découvrir les opinions de base des membres sur la vie du Parti.

  1. Rapport – Le SG préparera un rapport pour le Comité central contenant les résultats de l’enquête. Le rapport devra être compréhensif et devra indiquer la diversité d’opinions (incluant les opinions majoritaires et minoritaires) sur ces questions.
  2. Action – Après la réception du rapport, le Comité central décidera quelles actions de rectification devront être prises, adaptées aux conditions spécifiques au Québec.

 

Nous croyons que si ce plan de rectification est suivi, le résultat ne peut être que positif et mènera à une plus grande unité politique parmi les forces révolutionnaires au Canada.