Le monde nous appartient! Manifestons notre pouvoir!

Partout dans le monde, le 1er Mai, les travailleuses, les travailleurs et les oppriméEs célèbrent la journée internationale de la classe ouvrière. Le 1er Mai, c’est bien sûr l’occasion de souligner nos luttes et nos victoires – celles du passé, nos luttes actuelles et celles à venir. C’est aussi le moment de manifester – une fois de plus! – notre résistance aux attaques de toutes sortes que l’on subit quotidiennement, de la part des patrons et de tous ceux qui se consacrent à défendre et maintenir le système capitaliste d’exploitation et d’oppression à la source de toutes les inégalités.

Mais le 1er Mai n’est pas une journée de lutte comme les autres. Depuis plus d’un siècle, la journée internationale des travailleurs et travailleuses projette la lutte au-delà des aspects spécifiques de nos conditions de vie et de travail en mettant à l’ordre du jour notre émancipation générale. Le 1er Mai sert non pas à dénoncer les décisions de quelques patrons en particulier ou à arracher des concessions à des gouvernements bourgeois, et encore moins à célébrer notre fierté d’être «Canadien» ou «d’avoir le Québec à cœur» dans une grande union nationale contre nature, comme le suggèrent honteusement certains.

L’unité que l’on célèbre et manifeste le 1er Mai, c’est celle de notre classe, de ceux et celles qui par leur labeur produisent toutes les richesses; c’est l’alliance des travailleuses et travailleurs exploitéEs avec l’ensemble des oppriméEs, qu’ils et elles soient d’ici ou bien d’ailleurs et bien au-delà des frontières nationales. Le 1er Mai et les actions que nous menons lors de cette journée s’inscrivent dans le mouvement général des prolétaires et oppriméEs de tous les pays, qui n’ont jamais cessé d’aspirer à un monde débarrassé des capitalistes, des impérialistes et des oppresseurs et de se battre avec courage et détermination pour le faire naître.

Au Canada, cette aspiration s’exprime dans la résistance au chômage, aux coupes dans les programmes sociaux, à la répression contre la jeunesse des milieux populaires, à l’oppression de genre et la discrimination raciale. Elle s’exprime dans la lutte pour de meilleures conditions de vie et de travail et un avenir viable et sécuritaire pour les générations futures. Elle rejoint en ce sens le grand mouvement de libération des nations autochtones présentes un peu partout sur le territoire que la bourgeoisie canadienne a accaparé, qui remet en cause à juste titre la domination du grand capital.

Le 1er Mai est le moment par excellence pour condamner ce système et le pouvoir bourgeois qui le sert et l’incarne, et affirmer la nécessité historique et la possibilité de son remplacement par un pouvoir populaire. Le 1er Mai est donc un jour de lutte révolutionnaire.

Contrairement à ce que disent et répètent les admirateurs du système, la révolution est une question brûlante d’actualité. Depuis plus de deux siècles et encore aujourd’hui, le capitalisme s’avère une calamité pour la vaste majorité de l’humanité. Même dans un pays riche comme le Canada, l’austérité creuse les inégalités sociales et les conditions de vie de la grande masse des travailleurs et des travailleuses s’effritent inexorablement. L’économie capitaliste est dans l’impasse et ne peut repousser la crise qu’en pressurant davantage la force de travail et en saccageant l’environnement. L’intensification de la concurrence et des rivalités entre les grandes puissances impérialistes est à la source des massacres et des guerres qui sont devenues un trait permanent du système capitaliste mondial et auxquelles le Canada n’échappe pas.

Le 1er Mai est donc aussi l’occasion de rejeter les fausses solutions que proposent ceux qui n’envisagent jamais d’autre option que de vivre pour l’éternité à l’intérieur de ce système. Qu’il s’agisse des ténors de droite et d’extrême-droite, qui se font les chantres de l’islamophobie et de la xénophobie et suggèrent que «l’ennemi» auquel nous faisons face est toujours d’ailleurs, mais jamais d’ici; ou qu’il s’agisse des partisans d’un capitalisme «à visage humain» ou qui se présentent comme tels, même quand ils sont rendus à la tête d’un État qui n’a pourtant jamais cessé d’être au service exclusif d’une minorité de bourgeois comme c’est le cas actuellement du gouvernement Trudeau: la finalité effective de ces courants apparemment contradictoires, c’est qu’ils contribuent tous à nous détourner du combat pour mettre fin à ce système et à ne jamais en décrocher, sous prétexte qu’il s’agirait du «moins pire de tous les systèmes».

Le 1er Mai, cessons de les croire et de penser que nous ne sommes pas capables d’organiser la société différemment, de sorte que ce soit nous, prolétaires, qui exercions notre pouvoir. Surmontons les peurs et les préjugés racistes et sexistes que la bourgeoisie alimente en nous pour nous diviser. Faisons l’unité de la classe des exploitéEs et confrontons directement le pouvoir bourgeois. Forgeons notre expérience du combat pour que, dans les années à venir, la lutte révolutionnaire déborde de la seule journée du 1er Mai pour devenir la principale forme de la lutte des classes au Canada.

Ce monde, nous le produisons de nos mains, il nous appartient! C’est cette aspiration qu’expriment aujourd’hui le PCR, ses supporters, les ouvrières, ouvriers, étudiantes et étudiants révolutionnaires, les féministes prolétaires et leurs alliéEs, qui participent d’un bout à l’autre du pays aux rassemblements et manifestations du 1er Mai.

Vive le 1er Mai, vive la révolution!

Le Parti communiste révolutionnaire

Téléchargez la version PDF.