Notre pouvoir, pas le leur!

À l’occasion de la Journée internationale des femmes, nous saluons toutes les femmes qui luttent à travers le monde et particulièrement celles qui luttent dans les pays en guerre, guerre dont bien souvent les pays impérialistes sont responsables. Nous saluons nos sœurs autochtones, nos sœurs immigrantes, particulièrement musulmanes qui luttent à chaque jour contre l’islamophobie. Salutations aux milliers de réfugiéEs qui sont arrivéEs au pays. VOUS ÊTES ICI CHEZ VOUS!

On a beaucoup entendu parler du manifeste de Lise Payette pour l’égalité hommes femmes; la nouvelle ministre de la condition féminine Lise Thériault parle elle aussi de la nécessité pour les femmes d’accéder au pouvoir… mais de quel pouvoir parle-t-on ici, si on en exclut les femmes immigrantes ou musulmanes, sous prétexte qu’elles ne partagent pas «nos valeurs»… Et de quelles valeurs parle-t-on ici?

Les valeurs impérialistes? Où on se pense supérieure comme société alors que les droits acquis par les femmes sont inexistants pour des centaines de milliers d’entre elles, celles qui sont moins scolarisées, incarcérées, sans travail, sans statut, immigrantes, ou autochtones? Celles qui n’ont pas accès aux garderies qui coûtent trop cher? Si c’est cela, on n’en veut pas de ces valeurs-là!

Veut-on vraiment qu’on défende les valeurs bourgeoises qui dénoncent le voile, et tolèrent en même temps l’exploitation sexuelle? Les valeurs qui transforment le corps des femmes en marchandises pour vendre des produits et consommer plus? Les valeurs qui perpétuent une société inégalitaire, fondée sur la richesse d’une minorité et l’exploitation de la majorité? On n’en veut pas de ces valeurs-là!

Les valeurs dominantes qu’on lit à chaque jour dans le Journal de Montréal et dans les chroniques réactionnaires, racistes et xénophobes des Martineau, Durocher, Bombardier; les nouvelles biaisées et pleines de préjugés qu’on entend à TVA et à la radio? C’est à ce pouvoir-là que le féminisme bourgeois de Lise Payette veut accéder. Nous, on n’en veut pas de ce pouvoir-là!

Si c’est pour élire plus de femmes libérales, conservatrices, péquistes, au parlement bourgeois pour appliquer les mêmes politiques capitalistes de coupures en emploi, dans les garderies, en éducation et couper les services sociaux, elles n’auront jamais notre appui!

Le fantasme d’un mouvement réunissant toutes les femmes, cela n’existe pas. Dans les faits, nous vivons dans une société inégalitaire, exploiteuse et oppressive à l’endroit d’une majorité de femmes et d’hommes. Et cette société est dirigée, défendue, par des hommes et par des femmes qui ne sont pas nos alliéEs dans la défense d’une société différente.

Nous voulons construire une autre forme d’unité sociale. Pas en s’alliant à nos oppresseurs et exploiteurs. Nous pensons que l’alliance à construire doit l’être avec celles… et ceux qui veulent vraiment transformer complètement le système capitaliste, détruire les bases matérielles du pouvoir bourgeois et bâtir un vrai pouvoir populaire, inclusif, où les femmes autochtones, immigrantes, réfugiées, sans emploi, travailleuses, jeunes étudiantes sans revenu auront le même pouvoir, le même droit de parole qui ne leur est pas donné dans la société capitaliste.

Une société où les hommes se transformeront, où on bannira les comportements oppresseurs, sexistes et exploiteurs, peu importe de qui ils viennent. Une société où les femmes aussi se transformeront, apprendront à diriger, à prendre leur place, non pas pour opprimer d’autres femmes ou d’autres hommes, mais pour défendre l’égalité en droit et dans les faits, pour tous et toutes, quelque soit leur sexe, leur origine, leur identité, leur orientation sexuelle ou leur religion! Voilà le pouvoir pour lequel nous voulons nous battre, et non celui que défend Lise Payette et ses idées réactionnaires. Voilà le pouvoir pour lequel se bat le Front féministe prolétarien et nous vous invitons à venir lutter avec nous! Vive la Journée internationale des femmes ! Continuons la lutte pour changer la société!

PARTICIPEZ À LA PROCHAINE RENCONTRE DU FFPR-Montréal:

Mardi 15 mars 2016, 18h à la Maison Norman Bethune, 1918, rue Frontenac (près du métro).

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