Contingents rouges à l’occasion du 1er Mai 2015

Cette année encore, le Parti communiste révolutionnaire avait appelé à la formation de «contingents rouges» à l’occasion de la journée internationale des travailleurs et travailleuses. Dans un communiqué publié sous le thème: «Le monde a besoin du socialisme, le socialisme a besoin de la révolution, la révolution a besoin de nous!», le PCR avait appelé […]

Cette année encore, le Parti communiste révolutionnaire avait appelé à la formation de «contingents rouges» à l’occasion de la journée internationale des travailleurs et travailleuses. Dans un communiqué publié sous le thème: «Le monde a besoin du socialisme, le socialisme a besoin de la révolution, la révolution a besoin de nous!», le PCR avait appelé à «brandir haut et fort notre drapeau rouge – le drapeau ouvrier, celui de la résistance, du courage et de la victoire».

Voici les comptes-rendus que des camarades nous ont fait parvenir:

GATINEAU:

La manif intersyndicale a rassemblé environ 2000 personnes dans le centre-ville de Hull, sans doute la plus grande manifestation jamais organisée ici. Tous les syndicats étaient réunis, sauf ceux de la fonction publique fédérale qui allaient à Ottawa. La marche partait du bureau de la députée provinciale sur le boulevard St-Joseph et se rendait jusqu’au Casino du Lac-Leamy. Les organisateurs avaient une entente pour ne bloquer qu’une seule des deux entrées du casino.

Le comité d’organisation du PCR et des anarchistes associés à l’Association de défense de droits sociaux (ADDS) ont organisé ensemble un contingent anticapitaliste. Celui-ci a rassemblé une quarantaine de personnes, avec une participation notable du milieu communautaire. L’une des trois bannières du contingent avait d’ailleurs été déployée en tête de la manif organisée par le communautaire plus tôt dans la journée dans le Vieux-Hull.

Le contingent anticapitaliste s’est démarqué dans la manif par ses slogans et par le déploiement de drapeaux et de bannières rouges et noirs. Il se trouvait en milieu de peloton environ. L’une des trois bannières était signée par le PCR et on pouvait y lire: «Tout le pouvoir au peuple – uni.es et armé.es, nous vaincrons». Un tract écrit en commun par les anarchistes et les communistes était également distribué.

Au moment de tourner sur la route menant au casino, la manif ne prenait qu’une seule voie, même si la police avait pris soin de bloquer les deux voies. Le contingent anticapitaliste a entraîné une cinquantaine de personnes sur la deuxième voie, entraînant l’intervention d’un brigadier syndical qui a même essayé de faire intervenir les policiers. Une fois arrivée au casino, la manif se transformait en spectacle avec hot-dogs gratuits.

Le contingent anticapitaliste a continué vers la gauche pour aller bloquer la deuxième entrée du casino, stoppant effectivement toute entrée pendant une heure et demie. À noter que l’endroit en question se trouve à une centaine de mètres du QG de la police de Gatineau. Le groupe a décidé de quitter au moment ou le rassemblement syndical se dissipait. Sur le chemin du retour, dans une portion vide du boulevard de la Carrière, un policier s’en est pris à un des manifestants parmi un groupe de 12 qui marchait sur le trottoir, dans une tentative évidente de provocation, mais ce n’est pas allé plus loin.

QUÉBEC:

Près de 1000 personnes ont pris la rue ce 1er mai à Québec. Le contingent rouge était formé de deux bannières et de quatre drapeaux rouges. Le contingent rouge faisait partie d’un plus grand contingent anticapitaliste qui regroupait des étudiants, des groupes anarchistes et d’autres manifestants.

À quelques reprises, le contingent anticapitaliste a crié des slogans plus politisés que ce que le cortège officiel proférait. Aussi, il y a eu une tentative échouée de faire dévier la manif. L’initiative venait d’un groupe anarchiste organisé dans le contingent anticapitaliste. C’est d’ailleurs ce même groupe qui par la suite a initié le sit-in au coin du boulevard Charest et de la rue de la Couronne. Ce fut une manifestation plus politisée que les années précédentes, davantage anticapitaliste dans la foulée du Printemps 2015 et des actions anti-austérité.

TORONTO:

Le Comité d’action des travailleurs et travailleuses de l’enseignement et la branche torontoise du Mouvement étudiant révolutionnaire se sont d’abord rassemblés en face de l’Université Ryerson. Le contingent d’une cinquantaine de personnes a commencé par distribuer des carrés rouges, en solidarité avec la grève étudiante au Québec.

Des activistes du comité d’action et du SCFP ont prononcé de vibrants discours pour dénoncer l’austérité et le néolibéralisme, appelant à poursuivre la lutte amorcée avec la grève des dernières semaines. Le contingent s’est ensuite énergiquement transporté vers le square Nathan Philips où la marche principale avait été convoquée.

Sur la route, le contingent a repris les slogans et les chants popularisés durant la grève. Les manifestantes et manifestants ont spontanément pris la rue, y déployant leurs bannières et scandant leurs slogans contre l’austérité et le capitalisme. Plusieurs automobilistes ont exprimé leur solidarité, jusqu’à ce que le groupe arrive au square Nathan Philips.

Au total, le rassemblement a attiré quelque 200 personnes. L’événement a commencé par des discours où l’on a notamment fait le lien entre la lutte contre l’austérité et les luttes contre l’exploitation des Premières Nations par les compagnies minières et contre la répression policière à l’endroit de la communauté noire. La marche a ensuite commencé. Le contingent du MER et du comité d’action a scandé quelques slogans plus militants, comme «Anti-capitalist», «Smash the State» et «Fuck the police!». L’écho de nos voix s’est fait entendre le long des immeubles des grandes entreprises devant lesquelles la manifestation est passée sur Bay Street. La marche s’est terminée au parc St James, où l’enthousiasme était présent. Un membre du MER y a prononcé un discours, appelant notamment les gens à exprimer leur « soif pour la révolution ».

À noter également qu’on ne rapporte aucun problème avec la police, dont les effectifs étaient peu nombreux et qui est demeurée à distance.

MONTRÉAL:


photo ACAB Media

La huitième édition de la manifestation anticapitaliste du 1er Mai, appelée pour une septième année consécutive par la Convergence des luttes anticapitalistes, a rassemblé plusieurs milliers de personnes, qui ont résisté courageusement à la terreur fasciste exercée par les chiens de garde du capital – SPVM et Sûreté du Québec confondus. Malgré les attaques sauvages, les gaz, le poivre et les coups de matraque, les gens ont continué de manifester et se sont regroupés, faisant preuve de beaucoup de détermination.

La CLAC avait appelé à trois points de rassemblement distincts dans le nouveau «Golden Square Mile», tandis que plusieurs groupes avaient prévu se rassembler dans différents quartiers pour converger vers le centre-ville.

Le rassemblement principal a eu lieu au Square Phillips, où le PCR, le Front féministe prolétarien, le collectif des Femmes de diverses origines, le Centre des travailleuses et travailleurs immigrants, les Militantes féministes musulmanes et le Mouvement étudiant révolutionnaire avaient appelé à un contingent rouge.

Après quelques brefs discours soulignant l’importance pour la classe ouvrière de s’unir pour combattre toutes les formes d’oppression et de discrimination, le cortège a été rapidement confronté aux nervis du SPVM qui ont tenté d’empêcher les manifestantes et manifestants de prendre la rue. La marche s’est néanmoins mise en branle et rapidement, le secteur s’est transformé en une quasi-zone de guerre. Les flics ont abondamment fait usage des gaz lacrymogènes, causant une commotion dans ce secteur commercial hautement achalandé.

À l’appel de la CLAC, les manifestantes et manifestants se sont regroupés et ont repris la rue vers l’ouest, réussissant à déjouer les assauts des policiers qui ont subi d’importantes pertes matérielles, de nombreux véhicules du SPVM ayant été détruits.

Le courage et la détermination des manifestantes et manifestants l’ont finalement emporté sur la violence débridée des chiens de garde du capital.

MISE À JOUR D’OTTAWA:

Le 1er Mai 2015, plusieurs centaines de personnes ont marché dans les rues d’Ottawa et mis de l’avant leurs revendications sur divers enjeux liés au travail, à l’environnement, à l’éducation et à la répression policière. Le PCR y a formé un contingent avec les camarades du Front féministe prolétarien, du Mouvement révolutionnaire ouvrier et du Mouvement étudiant du collège Algonquin. Le contingent a éventuellement été rejoint par le MER de l’Université d’Ottawa, parti un peu plus tôt du campus avec un groupe d’étudiantes et d’étudiants. Nous avons distribué des tracts qui expliquaient brièvement l’historique du 1er Mai et fait en sorte que la marche s’étende sur plus d’une voie.

Nous avons fait face à plusieurs défis avec les organisateurs et organisatrices; alors que le mouvement communiste est en croissance à Ottawa, les manifestations du 1er Mai sont de plus en plus petites et tranquilles. Un des membres du «service d’ordre» nous a menacé d’expulsion quand nous avons persisté à bloquer une intersection alors que les discours se poursuivaient, allant même jusqu’à menacer de faire appel aux flics. Pour lui, il n’était pas question qu’il y ait quelque perturbation que ce soit! Cet individu, qui s’est objectivement placé du côté de la police, a finalement été contraint de changer d’avis.

Il y a du travail à faire pour que la manifestation du 1er Mai ne soit pas qu’une parade routinière, qui passe devant des édifices gouvernementaux déserts, de sorte qu’une connexion véritable se fasse avec les travailleurs et travailleuses. Nous vous invitons à visionner la vidéo que nous publierons sous peu, dans laquelle vous pourrez voir et entendre le discours que nous avons fait vers la fin de la manif à propos de la révolution et du colonialisme – un discours que nous avons prononcé sans la permission des organisatrices et organisateurs qui refusaient que l’on prenne la parole.

Nous avons terminé la soirée par la tenue d’un concert spontané dans un parc des environs, avec la participation de plusieurs fantastiques musiciennes et musiciens, et avons célébré jusque tard en fin de soirée!