Rejetons l’austérité, renversons le capitalisme!

Par le comité de Montréal du Parti comumuniste révolutionnaire.

La juste révolte contre l’austérité

Les revendications populaires sont justes et légitimes! Face à l’offensive générale de la bourgeoisie contre les conditions de vie, de travail et d’étude des masses, les besoins du peuple doivent être brandis et défendus sans concession. Actuellement, le mouvement d’opposition aux politiques d’austérité est en constante ascension. Des pans de plus en plus larges de la population, issus du prolétariat et des rangs progressistes du mouvement étudiant, s’y joignent à chaque jour. Un affrontement important se profile et nous y mettons nos espoirs et notre énergie.

Une lutte hypothéquée par le réformisme

Les progrès de la mobilisation sont cependant compromis par une faiblesse politique de taille qui présage des lendemains amers. Le mouvement est dominé par un discours réformiste, notamment articulé par les appareils syndicaux, étudiants et communautaires. Les revendications populaires justes sont instrumentalisées pour poser un diagnostic trompeur présentant la situation sociale et politique comme l’expression d’une simple mauvaise gestion de l’État sous l’influence de la cupidité et de l’idéologie néolibérale des actuels maîtres du pouvoir. Il suffirait de mettre les bonnes idées, les bonnes valeurs – justice, solidarité, etc. – ou simplement les bonnes personnes à la tête de l’économie capitaliste pour enfin se sortir de l’austérité et verser son dû à tout le monde. La lutte pour la satisfaction des besoins du peuple est ainsi aiguillée vers les voies sans issue d’un illusoire réaménagement des finances publiques et de la fiscalité.

L’austérité, visage hideux de la crise capitaliste

Or cette stratégie est vouée à l’échec. Poser le bon diagnostic, c’est admettre que l’austérité est d’abord la conséquence incontournable de la profonde crise du capitalisme. Le krach boursier de 2008 et la récession mondiale qui l’a suivi ont été un rappel brutal de cette réalité historique: la bourgeoisie, croulant sous une suraccumulation de capital, peine de plus en plus à tirer des profits de la production. Ses seules options sont d’une part de se jeter frénétiquement dans la spéculation financière – jusqu’à l’éclatement de la prochaine bulle et l’évaporation de cette richesse fictive – et d’autre part de mener au prolétariat une lutte impitoyable pour accroitre son exploitation et lui soutirer davantage de valeur. Les politiques d’austérité sont une condition nécessaire à ce second objectif. Elles représentent dorénavant l’horizon indépassable… du capitalisme.

Une stratégie appropriée à l’époque

Est-ce à dire que la lutte est futile, perdue d’avance? Certainement pas! Poser ce diagnostic lucide sur l’austérité impose cependant deux constats généraux qui éclairent la lutte. Premièrement, chaque bataille contre chaque attaque de la classe dominante sera plus dure qu’aux époques antérieures. Elle se heurtera à une opposition plus inflexible que jamais de la part du patronat, de ses idéologues et de l’État qui y répondra avec une répression toujours plus féroce. Au Québec, la lutte étudiante et populaire de 2012 en est un bon exemple, parmi bien d’autres. Chacune devra donc être menée avec plus de détermination et plus d’imagination qu’auparavant. Deuxièmement, pour s’émanciper de cette agression constamment renouvelée à nos conditions de vie (on l’appelait néolibéralisme hier, austérité aujourd’hui, demain elle se poursuivra sous un autre nom), la seule issue possible est une rupture nette: celle de la révolution et du socialisme. Seul le socialisme permettra de soustraire nos besoins et notre société à la contrainte étouffante des lois de l’accumulation du capital. Seule une révolution politique et sociale – le renversement de l’État bourgeois – instaurera le véritable pouvoir populaire, condition nécessaire à une politique socialiste.

Voilà pourquoi nous nous engageons dans le mouvement d’opposition aux politiques d’austérité et dans toutes les luttes pour les revendications populaires en travaillant à deux objectifs solidaires: 1) défendre les intérêts et les besoins immédiats des masses (meilleurs salaires, meilleures conditions de travail, meilleures retraites, services plus nombreux, mieux adaptés et plus accessibles, etc.); 2) grossir les rangs et consolider l’organisation du mouvement révolutionnaire qui, au delà des batailles particulières, mènera la bataille de longue haleine pour le pouvoir populaire et portera les coups fatals à l’État bourgeois.

Soyons solidaires de tous les secteurs du prolétariat en lutte! Participons en masse aux luttes contre l’austérité et travaillons à y faire grandir les forces anticapitalistes et révolutionnaires!