«Fermez la porte de la grange, empêchez les porcs d’en sortir!»

Le mercredi 19 novembre, le Mouvement étudiant révolutionnaire a organisé une action contre la présence de recruteurs de la Gendarmerie royale du Canada sur le campus de l’Université de Toronto. Des camarades du Front féministe prolétarien et du Comité prolétarien d’action révolutionnaire ont également participé à la manifestation, qui a eu lieu devant le pavillon de la Faculté de médecine où se tenait la foire. Les manifestantes et manifestants ont distribué des tracts aux passants et aux personnes venues assister à l’événement. Les camarades ont scandé des slogans dénonçant la présence des recruteurs de la GRC sur le campus et prononcé des discours contre le capitalisme, l’impérialisme et colonialisme – ces systèmes que le bras armé de la classe dominante a pour vocation de défendre.

Cela fait longtemps que l’Université de Toronto permet à cette agence répressive de l’État de venir recruter sur le campus. Non seulement la GRC tient-elle une ou deux séances de recrutement chaque session, mais elle participe aussi aux journées carrières qui y sont organisées. La présence de la police sur les campus demeure un phénomène répandu au Canada anglais, quoique largement ignoré par la gauche; on ne se souvenait d’ailleurs pas d’une quelconque perturbation contre la présence de la GRC à l’Université de Toronto. Les flics ont donc généralement le champ libre pour venir tenter de recruter les intimidateurs d’aujourd’hui, afin d’en faire les porcs de demain.

En organisant cette action, le Mouvement étudiant révolutionnaire a donc jeté un pavé dans la mare. Elle a fait suite à celle organisée un peu plus tôt à l’Université Laurentienne par le MER de Sudbury. Même si nos camarades de Sudbury ont été repoussés sans ménagement hors de l’enclos porcin, leur action avait porté un dur coup au kiosque de recrutement. Une fois refoulés, ils et elles étaient restés à l’extérieur du pavillon et en avaient profité pour dénoncer l’emprise des capitalistes sur l’université.

La profonde lâcheté des flics a également pu être constatée à l’Université de Toronto, où les recruteurs de la GRC ont eu la chienne de sortir par la porte d’entrée devant laquelle la manifestation du MER se déroulait. Ils sont plutôt restés sont restés là pendant une dizaine de minutes à l’intérieur du hall, à se demander quoi faire en réponse à notre action. Pas de doute, les flics sont des tigres de papier!

Ces actions contre la GRC montrent qu’il est possible de confronter la police, malgré le défaitisme et la démobilisation entretenus par les opportunistes. Elles illustrent aussi la nécessité d’un mouvement étudiant indépendant et militant qui confronte activement les cochons, qui veulent transformer nos campus et nos villes en porcherie.

La police est l’ennemi du peuple. Non pas tant en raison de tous les mauvais coups qu’elle commet, de la corruption ou du sexisme qui règnent dans ses propres rangs; la police, d’abord et avant tout, c’est le bras répressif de la classe dominante, qui frappe les masses travailleuses qui peinent chaque jour pour enrichir les capitalistes. Comme l’expliquait le tract diffusé par le MER, la police est l’ennemie de la grande majorité de la population, du fait du rôle qui lui est dévolu au sein du système capitaliste:

«Comme toutes les autres forces de police au Canada, la GRC existe pour protéger le capital et assurer la stabilité du système capitaliste. Si cela exige d’abuser de certaines communautés et de les menacer, pas de problème! Si cela implique le mensonge et l’espionnage, pas de problème non plus. Si cela demande de battre et d’arrêter les manifestantes et manifestants qui osent dénoncer ce système d’exploitation, c’est là affaire de routine. Ne nous faisons pas d’illusion: dès le moment où les gens se lèveront contre ce système, la police sera toujours là sur les lignes de front pour le défendre et se faire grassement payer en heures sup.»

En outre, la GRC fut de tout temps une force d’occupation des terres et des peuples autochtones. Cette fonction qu’elle a toujours su assumer se poursuit encore de nos jours, même si les services de police provinciaux l’ont désormais relayée en Ontario, au Québec et à Terre-Neuve. Cela se traduit notamment par la négligence pure et simple avec laquelle la GRC a réagi à l’épidémie des disparitions et assassinats de femmes autochtones, à propos desquels elle refuse d’enquêter et qu’elle ne souhaite visiblement pas résoudre. Au fait, comment pourrait-elle le faire? Remédier aux crimes du colonialisme exigerait que le colonialisme lui-même soit aboli – et avec lui, son bras armé la GRC.

Enfin, la GRC est un appareil de renseignement au service de la répression politique. Tout comme le FBI et la NSA aux États-Unis, la GRC espionne, perturbe et réprime les individuEs et organisations qui s’opposent au statu quo. Si vous vous êtes déjà prononcé contre la guerre impérialiste, l’exploitation capitaliste, la violence raciste ou l’occupation coloniale, la GRC veut le savoir et elle s’arrange pour le savoir, peu importe les moyens. Si vous êtes bouleversé par la hausse du chômage, la croissance de l’endettement des personnes, la baisse des salaires et les coupures dans les services sociaux, la GRC est votre ennemie, parce qu’elle travaille sans relâche à protéger le système capitaliste, qui est la cause de tous ces problèmes. L’institution policière en est bien consciente et elle fera tout ce qu’elle peut pour arrêter, emprisonner, neutraliser ou discréditer quiconque s’oppose au capitalisme.

Il n’y a pas que la GRC qui partage cette mission, mais celle-ci a toujours été au cœur de son activité. Son rôle est d’écraser les aspirations – révolutionnaires ou non – des oppriméEs. Voilà pourquoi le MER a tenu à crier: «Fermez la porte de la grange, empêchez les porcs d’en sortir!» La police n’est pas la bienvenue sur les campus. Arrachons les campus des mains des capitalistes et transformons-les en fer de lance de la lutte de classe!

– Le Mouvement étudiant révolutionnaire (www.mer-rsm.com)