La résistance va de l’avant contre le projet d’Enbridge

Le dernier mois a vu la résistance s’accroître face au projet d’inversion du pipeline de la compagnie Enbridge (la canalisation 9) en Ontario. Le 14 juillet, des manifestantes et manifestants ont fermé un site d’aménagement du pipeline à Etobicoke. La canalisation 9 traverse plusieurs quartiers prolétariens à Toronto, dont Rexdale, Jane and Finch et East York. Le pipeline passe sous des écoles, des lieux de travail, des résidences et même de la station de métro Finch.

Si la canalisation 9 est en service depuis déjà un certain temps et transporte du pétrole de Montréal vers les raffineries de Sarnia, ce n’est que très récemment qu’Enbridge a été autorisée par l’Office national de l’énergie à procéder à l’inversion de son flux et au transport du bitume beaucoup plus lourd provenant de l’Alberta. Parallèlement, sa capacité passerait de 240 000 à 300 000 barils par jour.

Les militantes et militants opposéEs au projet considèrent que les «fouilles d’intégrité» que la compagnie s’est engagée à réaliser n’auront qu’un impact marginal sur la sécurité des opérations. Elles et ils s’inquiètent plutôt des quelque 13 000 cas de fissures et de corrosion déjà existants le long du pipeline et des analyses d’experts qui estiment à 90 % la probabilité que le pipeline se rompe d’ici les cinq prochaines années.

Le 17 juillet, des manifestantes et manifestants de la communauté autochtone des Six Nations ont à leur tour bloqué un chantier de construction d’Enbridge près de North Dumfries – une municipalité rurale située à la hauteur de Kitchener-Waterloo. Les opposants autochtones affirment n’avoir jamais été consultés quant à ce projet et considèrent qu’Enbridge n’a aucun droit de procéder sur le territoire Haudenosaunee sans leur consentement. Les peuples autochtones ont été sur les lignes de front dès les tous débuts du combat contre le projet d’Enbridge et ils semblent déterminés à protéger les cours d’eau et les terres écologiquement vulnérables qui se trouvent sur le trajet du pipeline.

Depuis que l’Office national de l’énergie a approuvé le projet d’Enbridge en mars dernier, plus de 600 personnes ont signé un «engagement à la résistance» dans lequel elles se disent prêtes à soutenir, voire s’engager elles-mêmes dans des actions de désobéissance civile afin d’arrêter le projet, même si cela entraîne leur arrestation. Cela témoigne d’un militantisme accru parmi les masses contre la cupidité des entreprises et le racisme environnemental, ainsi que de la solidarité grandissante entre la classe ouvrière et les peuples autochtones. Pour en savoir plus et vous impliquer dans cette lutte, visitez le www.stopline9-toronto.ca.