La résistance à Québec: tout un art!

La vidéo «No Permanent Address» de Mark Boulos montre des camarades de la Nouvelle Armée populaire des Philippines.

Du 3 mai au 1er juin avait lieu la septième édition de la Manif d’Art à Québec. Sous le thème de la Résistance, cette biennale a mis au programme plusieurs œuvres dont la visée commune était la remise en question du système actuel, l’ébranlement des fondations du capitalisme, et même la proposition d’une autre forme de structure sociale, celle du communisme.

Au lieu central de l’exposition, l’Espace 400e, les œuvres de Claire Fontaine apportaient un regard critique sur le capitalisme. Les mots «CAPITALISM KILLS LOVE» écrits au néon tel un panneau publicitaire accueillaient le visiteur dès l’entrée. Le mot «STRIKE» qui s’éteignait lorsque tous les visiteurs cessaient de bouger en même temps suggère qu’un effort commun et solidaire peut venir à bout de ce système «qui tue (l’amour)». D’autres œuvres comme celles de Martin Bureau, de Richard Martel, de Dominique Blain et de Rebecca Belmore évoquaient la résistance dans des contextes de globalisation, de répression policière ou politique ainsi que dans le cadre de la réalité des peuples autochtones.

Deux installations vidéo documentaires marquaient particulièrement le discours artistique de l’exposition. «Take the Square» d’Oliver Ressler, œuvre qui comprend trois vidéos filmées lors des mobilisations de masse sur les places publiques de Madrid, Athènes et New York en 2011, formule clairement l’idée que la démocratie est en instance de démantèlement et que le capitalisme est un système qui doit disparaître, que l’on doit faire disparaître. «No Permanent Address» de Mark Boulos adresse la persistance du communisme dans le monde en montrant des camarades de la New People’s Army qui organisent les masses paysannes et mènent une révolution maoïste actuellement aux Philippines. Cette dernière vidéo est frappante de vérité. Elle parle de courage, de combat pour la justice et l’égalité, de féminisme prolétarien, d’éducation et d’organisation.

Dans cette vidéo, la réalité dépasse l’art et nous sommes transportés dans une guerre réelle où des gens se battent non plus pour de l’argent ou pour la domination bourgeoise, mais bien pour instaurer une nouvelle forme d’organisation sociale, politique et économique, celle du communisme qu’ils vivent déjà dans leur vie quotidienne, comme membres de la New People’s Army des Philippines.

«Et puis, nous avons construit de nouvelles formes», sous-titrait l’exposition. Ces nouvelles formes, oui, parfois sont déjà construites, mais parfois demeurent à construire, comme ici au Canada où nous devons nous unir pour mener un combat contre l’impérialisme qui sévit chez nous, dans nos vies. Comme dans l’exposition de la Manif d’Art, la réalité doit dépasser l’art qui l’inspire et l’exprime. Engageons-nous dans un combat réel, palpable et quotidien contre le capitalisme, c’est-à-dire pour le communisme!

Une camarade de Québec