Raid fasciste contre d’ex-supporters du Parti communiste du Pérou

Le régime populiste présidé par Ollanta Humala au Pérou – que certains ont naguère tenté de vendre comme un « progressiste » – a une fois de plus démontré son caractère fasciste le 10 avril dernier en procédant à l’arrestation de 28 personnes associées au « Mouvement pour l’amnistie et les droits fondamentaux » (MOVADEF), une organisation politique mise sur pied il y a cinq ans par d’ex-supporters du Parti communiste du Pérou.

Parmi les arrêtées, on retrouve les deux principaux responsables du parti, les avocats Manuel Fajardo et Alfredo Crespo, qui ont tous deux représenté à un moment ou l’autre de leur carrière le leader historique du PCP, Abimael Guzmán, arrêté et condamné à la prison à vie en 1992. Alfredo Crespo avait d’ailleurs lui-même été mis sous écrous en 1992, peu de temps après avoir assuré la défense de Guzmán lors de son simulacre de procès. L’avocat avait été accusé et condamné pour avoir fait « l’apologie du terrorisme » – un pur crime d’opinion pour lequel il a purgé pas moins de 13 ans de prison avant d’être enfin libéré en 2005.

La revendication principale du MOVADEF est l’amnistie de toutes les personnes (militaires ou révolutionnaires) ayant été arrêtées dans le cadre de la guerre civile que le Pérou a vécue à partir de 1980. Inspiré par la ligne opportuniste de droite au sein du PCP, il considère que les conditions ont fondamentalement changé au Pérou et que la guerre populaire n’a plus de pertinence. Privilégiant désormais la voie électorale, le groupe a tenté sans succès de se faire reconnaître par la commission électorale, qui a refusé son inscription malgré le dépôt de plus de 370 000 signatures.

Cela dit, le MOVADEF n’est jamais allé jusqu’à remettre en cause la légitimité de la guerre populaire déclenchée par le PCP en 1980. Dans ses publications, il prétend toujours soutenir le maoïsme et la « pensée-gonzalo » et ses nombreux supporters n’hésitent pas à arborer le drapeau rouge dans les manifestations de rue. Cela aura sans doute suffi au régime fasciste pour procéder à ce nouveau coup de force.

Nos désaccords fondamentaux avec les ex-camarades du PCP désormais regroupées au MOVADEF ne nous empêche nullement de dénoncer ce raid antidémocratique et d’exiger la remise en liberté immédiate des militantes et militants qui en ont été victimes.

Et que personne ne vienne nous dire que le Pérou est désormais un « État démocratique » !