Le mouvement féministe prolétarien à Toronto

Le 10 novembre dernier, la section torontoise du Mouvement étudiant révolutionnaire a tenu le premier d’une nouvelle série d’ateliers d’éducation communiste à propos du féminisme prolétarien, animé par des militantes de la future section du Front féministe prolétarien. Dans un contexte où les organisations fondées sur le genre mettent de plus en plus l’accent sur des formes d’expression individuelles au détriment de la construction d’un mouvement collectif, la rencontre a été l’occasion d’une intéressante discussion sur la nécessité d’un féminisme qui reconnaît la primauté de la lutte des classes. L’enthousiasme des nombreuses participantes a témoigné de la pertinence de cette idée.

La discussion a été introduite par une présentation sur le développement de l’organisation féministe en Amérique du Nord depuis les années 1960 et son état actuel. On a pu voir que la théorie et la pratique féministes ont fini par s’éloigner de la satisfaction des besoins matériels des femmes prolétaires et des personnes trans et sont devenues la chasse gardée d’universitaires bourgeoises, qui cherchent surtout à assurer leur promotion sociale. L’inclusion des femmes dans les cercles de pouvoir du système capitaliste ne profite qu’à un petit nombre; une fois au pouvoir, ces femmes n’hésitent pas à profiter à leur tour de l’exploitation du plus grand nombre.

L’abolition du capitalisme demeure la seule voie vers notre libération. Après la présentation, des questions importantes ont été soulevées, par exemple: comment pouvons-nous prolétariser le féminisme? Et comment les féministes peuvent-elles faire en sorte de ne pas se couper de la lutte de masse plus générale pour le renversement du capitalisme?

Les mouvements communistes révolutionnaires de l’Inde et du Népal ont déjà posé des jalons importants à la théorie et la pratique en émergence du féminisme prolétarien; les participantes ont d’ailleurs exprimé le souhait d’apprendre de ces mouvements et d’y contribuer à leur tour. Les féministes prolétaires ont un rôle essentiel pour répondre à toutes ces questions. Cela commence par la mobilisation en vue de la première conférence pour un Mouvement féministe prolétarien, qui aura lieu à Montréal les 30 novembre et 1er décembre. Les féministes authentiques sont de plus en plus nombreuses à penser que la révolution communiste est indispensable à une véritable libération; notre mouvement est déterminé à croître, à lutter et à vaincre!