Opposons-nous à la charte péquiste!

Le 7 novembre dernier, à la suite d’une campagne de mise en marché et de la consultation biaisée qu’il a organisée, le Parti québécois a finalement déposé son fameux projet de loi sur la «charte des valeurs québécoises». Si ça se trouve, il s’avère encore plus strict que ce que le PQ avait présenté en septembre.

Ainsi, le droit de retrait pour certaines institutions comme l’Hôpital juif de Montréal, qui était prévu dans le projet initial, est remplacé par une «période de transition» qui mènera à l’application intégrale de la charte. L’égalité pour le PQ, c’est la discrimination sans exception! L’article 10 permet aussi au gouvernement d’étendre l’application de la charte à toute entreprise privée faisant affaire avec l’État ou organisme subventionné. En outre, la charte interdira certaines pratiques alimentaires (nourriture hallal ou cachère) dans les garderies en milieu familial, qui s’avèrent une cible de premier choix pour le PQ, car elles n’auront qu’un an pour s’y conformer, contrairement à quatre ans pour les hôpitaux et les écoles.

«On pense qu’avec une période de dialogue [après la période de transition], on va amener la vaste majorité des employés de l’État à respecter la nouvelle loi. On ne veut pas en arriver là [aux congédiements]. Mais tout le monde va devoir respecter la loi par contre.»

– Bernard Drainville, 7 novembre 2013 sur les ondes de Radio-Canada.

Pièce maîtresse du tournant nationaliste identitaire du PQ, le projet de charte s’ajoute à d’autres mesures visant à réduire l’immigration. Le 1er novembre, le gouvernement Marois a en effet annoncé une réduction du seuil annuel d’immigrantes et immigrants que recevra le Québec, qui passera de 55 000 en 2012 à une prévision oscillant entre 49 500 et 52 500 en 2014, pour ensuite baisser entre 48 500 et 51 500 en 2015.

Comme nous l’avons souligné dans les derniers numéros du Partisan, la charte péquiste s’attaque aux droits et libertés pourtant reconnus par le droit bourgeois et s’appuie sur le racisme, la xénophobie et l’islamophobie dans la perspective d’une campagne électorale toute proche. Le PQ a d’ailleurs déjà laissé entendre qu’il ferait du vote sur son projet de loi une question de confiance envers le gouvernement, ce qui signifie que son rejet par l’Assemblée nationale entraînerait le déclenchement d’une élection générale, au même titre que le rejet d’un projet de loi budgétaire.

Les partis d’opposition – PLQ, CAQ et QS – se sont bien gardés de dénoncer toute cette opération inspirée de l’extrême droite européenne. Ils ont plutôt cherché, chacun à leur façon, à trouver des solutions de rechange en tentant d’aménager le projet péquiste, ajustant leurs positions de sorte à plaire à «l’opinion publique» créée par le PQ et l’empire Québecor. L’opportunisme électoral et les positions politiques flottantes des partis bourgeois ressortent encore clairement.

Il faut poursuivre la mobilisation contre le projet de charte xénophobe dans son ensemble. Non seulement lors de la commission parlementaire annoncée au début de l’année prochaine, mais surtout dans la rue, les quartiers, les milieux de travail et les campus. Pas question de jouer le jeu des ennemis de la classe ouvrière qui tenteront d’édulcorer cet outil de division pour le rendre «acceptable»!

À tous égards, la charte péquiste est raciste, xénophobe, islamophobe et hypocrite. Elle n’aidera en rien à promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes, ni la «neutralité de l’État».

Ce n’est pas le port de signes religieux qui fonde notre «identité»: c’est notre condition d’oppriméE et de prolétaire et notre participation à la lutte de classe. Luttons tous et toutes ensemble contre nos vrais ennemis – les capitalistes et leur État!

«[L]a propagande athée de la social-démocratie [NDLR – du communisme] doit être subordonnée à sa tâche fondamentale, à savoir: au développement de la lutte de classe des masses exploitées contre les exploiteurs.»

– Lénine, De l’attitude du parti ouvrier à l’égard de la religion, 13 mai 1909.