Une société communiste saurait-elle protéger l’environnement?

Vous, qui lisez notre journal, avez sans doute quelques questions ou appréhensions quant aux points de vue que nous défendons, aux luttes que nous menons ou aux objectifs que nous poursuivons. Cette chronique vous permet de nous en faire part.

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À la base, le communisme, c’est tout simplement le contrôle collectif des ressources, incluant notre travail, ainsi que les ressources naturelles comme les arbres, l’eau et les minéraux. Les expériences passées des sociétés post-capitalistes ont tenté de donner aux gens le contrôle sur la distribution et l’utilisation de ces ressources. Même si ces expériences sont évidemment loin d’avoir été parfaites, elles nous ont appris des leçons importantes.

Il n’est certes pas facile de transformer radicalement la société, de fond en comble. Néanmoins, une telle révolution est nécessaire, car l’espèce humaine ne survivra vraisemblablement pas plus de quatre générations si le capitalisme n’est pas renversé à l’échelle mondiale.

Pourquoi le capitalisme nous mène-t-il inévitablement à la destruction de l’espèce humaine et de l’environnement? Le fonctionnement de ce système exige que l’économie croisse sans cesse, sinon il va s’effondrer. C’est pourquoi les ressources qui n’étaient pas considérées autrefois comme des marchandises, comme l’eau propre et potable, sont désormais commercialisées et mises en vente, afin de soutenir la «croissance».

C’est pour cette même raison que le Canada étend l’exploitation de ses sables bitumineux, causant ainsi la destruction de centaines de kilomètres carrés de forêt boréale et la libération de toxines dans l’air et l’eau. La nécessité d’une croissance constante explique pourquoi l’économie capitaliste produit tellement de produits jetables; elle ne peut survivre que si les gens achètent sans cesse de nouvelles voitures, de nouveaux téléphones, etc.

En quoi le communisme est-il différent? Le communisme ne nécessite pas une telle croissance. Il suppose simplement que les besoins fondamentaux de chacun et chacune soient respectés: un toit confortable, de la nourriture en quantité et en qualité suffisante et un espace propice à l’épanouissement des arts et de la culture. Dans une société communiste, les décisions concernant la façon dont nous vivons, travaillons et profitons de nos loisirs ne seront plus prises en fonction des intérêts individuels; elles favoriseront le bien-être collectif.

Par exemple, sous le capitalisme, une compagnie n’hésitera jamais à polluer une rivière, si cela permet de dégager des profits supplémentaires pour ses propriétaires. Ceux-ci ne se sentiront pas lésés par la pollution qu’ils créent, car ils peuvent toujours choisir de vivre ailleurs. Sous le communisme, la communauté susceptible d’être touchée par la pollution d’une usine contrôlera la façon dont l’usine fonctionne, quels sont les biens qu’elle produira, la façon dont ces produits seront distribués, et ce qu’on fera des déchets.

Le développement ira de pair avec la protection de l’environnement, car il est de la nature même du communisme d’assurer la distribution efficace des ressources afin que chacun et chacune en bénéficient. Sous le communisme, un système de transport en commun efficace et généralisé sera mis en place de préférence au système inefficace basé sur les véhicules individuels. Le transport en commun offre bien plus d’avantages à la collectivité: non seulement les gens pourront-ils se déplacer confortablement d’un endroit à l’autre, mais ils jouiront d’un environnement plus sain et ne souffriront plus du trafic, et l’on constatera une réduction massive du nombre de décès dus à l’automobile.

De fait, une bonne partie des déchets que l’on retrouve dans l’environnement est due au mode de vie bourgeois de surconsommation: voyez les immenses demeures des riches capitalistes, leurs jets privés, leurs voitures de luxe, les hôtels de luxe où ils se réfugient, etc., et comparez cela à un modèle qui offrirait à tout le monde un accès à des chalets bien entretenus, tout au long de l’année. En bref, un système qui répond aux besoins humains fondamentaux exige beaucoup moins de ressources qu’un système qui récompense la cupidité.

Les soulèvements communistes de notre époque dirigés par des maoïstes dans des endroits comme le Népal et l’Inde sont justement inspirés par le désir des peuples d’empêcher les compagnies minières multinationales d’exploiter leurs ressources et de privatiser l’eau; les masses populaires souhaitent contrôler collectivement les ressources dont elles ont besoin pour survivre. Le communisme est le seul système qui permette aux collectivités de faire en sorte que la terre et les gens qui la peuplent soient respectés.