Répression contre les militantes et militants démocratiques

Le 12 septembre vers 15 h, une cinquantaine de policiers et de membres des services de renseignement ont effectué une descente au domicile d’un professeur renommé de l’Université de Delhi en Inde, GN Saibaba. Le professeur Saibaba est le co-secrétaire du Front révolutionnaire démocratique (Revolutionary Democratic Front, RDF), une organisation de masse qui lutte contre l’oppression et l’exploitation impérialiste, la bourgeoisie vendue et le féodalisme.

Pendant plus de trois heures, les flics ont fouillé et saccagé son domicile. Ils se sont notamment assurés de verrouiller les portes pour que personne ne puisse lui venir en aide. Tout au long du raid, les flics l’ont harcelé et intimidé, ainsi que sa conjointe et leur fille adolescente. On lui a interdit de communiquer avec son avocat ou avec le syndicat des professeures et professeurs (le domicile de GN Saibaba est situé sur le campus et lui est fourni par l’université, comme c’est souvent le cas en Inde).

Le mandat de perquisition qu’ils lui ont finalement présenté après qu’il eut insisté pour l’obtenir précisait que la police était à la recherche de «biens volés». Dans les faits cependant, les flics se sont surtout intéressés à sa bibliothèque et aux documents liés à son activité politique. Au final, ils ont saisi ses disques durs, son ordinateur de bureau et son ordinateur portable, ses téléphones portables et cartes SIM ainsi que des magazines et documents publiés par l’organisation dont il est porte-parole. Les policiers ont quitté les lieux quand des membres du syndicat sont venus manifester devant la résidence.

Cette descente s’inscrit dans la vague de harcèlement et de répression contre les militantes et militants en milieu urbain qui s’opposent à la guerre menée par l’État indien contre les populations tribales et les paysannes pauvres dans plusieurs régions du pays. Elle fait d’ailleurs suite aux arrestations arbitraires d’une étudiante (Jayeeta Das), d’un étudiant (Hem Mishra) et d’un journaliste (Prashant Rahi), que l’on accuse d’être liées au Parti communiste de l’Inde (maoïste). Pire encore, le vice-président du Front révolutionnaire démocratique, Ganti Prasadam, a été assassiné début juillet alors qu’il était en route pour assister à une assemblée publique.

Le professeur GN Saibaba est vraisemblablement visé en raison des efforts qu’il déploie pour faire connaître et dénoncer cette situation à travers l’Inde et à l’étranger, dans le cadre de la «campagne internationale contre la guerre anti-populaire en Inde» («International Campaign Against the War on the People of India», ou ICAWPI). Pour plus d’information sur cette campagne: www.icawpi.org (au Canada: icawpitoronto.wordpress.com).