L’impérialisme US sur la défensive

A demonstrator holds up a picture of the former technical contractor of the US Central Intelligence Agency Edward Snowden during a demonstration in support of Snowden at the Place du Trocadero in front of the Eiffel tower in Paris on July 7, 2013. Around forty people, mostly activists from organizations defending rights and freedom on the internet, gathered in support of Snowden, who leaked information on data spying programs of the USA and Great Britain in June 2013 and has sought asylum in 21 countries, according to WikiLeaks. AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARDKENZO TRIBOUILLARD/AFP/Getty Images

Le 4 juillet dernier, Jour de l’Indépendance, des manifs et des rassemblements se sont tenus dans plus de 50 villes aux États-Unis. Les participantes et participants voulaient ainsi soutenir le respect du quatrième amendement à la Constitution des États-Unis qui protège le droit des personnes à l’inviolabilité des maisons, documents et effets personnels contre les saisies et fouilles sans mandat. Les révélations de l’ex-consultant de la National Security Agency (NSA) Edward Snowden au début juin, depuis Hong-Kong, ont mis l’appareil d’État US sur la défensive et suscité plusieurs réactions de par le monde.

Pour ceux et celles qui y croyaient encore, l’affaire Snowden révèle tout le caractère mensonger des droits et libertés prétendument protégés en dictature bourgeoise. L’accumulation et la saisie de données personnelles comme les visites de sites Internet, les courriels et les échanges téléphoniques sont monnaie courante dans le but d’accumuler des renseignements pouvant éventuellement servir au nom de la sécurité nationale – du Patriot Act plus précisément. Barack Obama, le supposé libéral post-Bush, a étendu les programmes de surveillance parallèlement à l’utilisation croissante des communications numériques pour soi-disant prévenir les actes terroristes. Cependant, les actes de terreur commis par le gouvernement US avec ses drones et ses équipes spéciales au Pakistan, en Somalie et au Yémen entre autres, ne cessent d’augmenter en toute impunité.

La terreur économique et policière à l’interne s’est également accrue sous Obama à travers des fermetures d’écoles, l’éviction de logements et l’emprisonnement de la population afro-américaine. Comme au Canada, nous ne devons accorder aucune confiance envers l’aile démocrate-libérale de la bourgeoisie contre les Bush et Harper de ce monde; cela ne fait que propager des illusions sur la démocratie du système capitaliste.

L’affaire Snowden s’est déplacée à Moscou le 23 juin et donne lieu à des rivalités diplomatiques sur fond de contradictions inter-impérialistes. Malgré le déni et les protestations d’autres gouvernements en Europe ou au Canada, il est probable que tous étaient au courant du stratagème, et même qu’ils ont collaboré à la collecte et au partage de ces renseignements.

Les États-Unis espionnent les avancées technologiques et militaires chinoises exactement comme ils le reprochaient à la Chine. Quatre pays européens ont interdit leur espace aérien à l’avion du président bolivien Evo Morales, parce qu’ils soupçonnaient que Snowden était à bord. Snowden s’est fait offrir l’asile politique par la Bolivie, le Nicaragua et le Venezuela, mais il est très risqué pour lui de prendre l’avion pour traverser l’Atlantique; c’est donc pourquoi il risque de devoir rester en Russie sous la promesse de se tenir tranquille pour ne pas ennuyer les relations Moscou-Washington.

Bradley Manning, de son côté, subit un procès politico-militaire en ce moment après trois ans de détention à sécurité maximale. Quand il travaillait pour l’armée en Irak, il a révélé des vidéos et plus de 700 000 documents démontrant le massacre de civiles et le fait que cela était connu et même voulu par la direction des opérations militaires.

Contrairement au Vietnam où les journalistes avaient plus de libertés de mouvement et d’information, les guerres irakienne et afghane sont totalement sous le contrôle du filtre impérialiste; la «traîtrise» de Manning est donc prise au sérieux par la bourgeoisie afin de limiter d’autres fuites semblables à l’avenir. Son procès se déroule à huis clos et 170 des 350 demandes d’accréditation présentées par des journalistes ont été refusées. Bradley Manning risque la peine à perpétuité. La poursuite se servant du fait qu’il ne cache pas son homosexualité, plus de 2 000 personnes ont formé un contingent appelant à sa libération immédiate lors de la marche de la Fierté tenue en juin à San Francisco.

Il faut soutenir les combats justes de Bradley Manning et Edward Snowden visant à révéler les faits des exactions commises par l’impérialisme US à l’extérieur comme à l’intérieur de son territoire. Les intérêts de sécurité nationale sont ceux de la sécurité d’un appareil d’État préoccupé par les intérêts impérialistes et non ceux des peuples.