La lutte continue contre l’abolition d’un programme progressiste

C’est dans quelques semaines, quelque part en juillet, que l’administration de l’Université de Toronto rendra sa décision finale sur l’avenir du «Programme de l’année de transition», qu’elle souhaite abolir. Si cela se produit, les étudiantes et étudiants ayant été contraints d’abandonner l’école avant la fin de leur secondaire ne pourront plus bénéficier de ce programme spécial, qui leur permet de poursuivre des études supérieures.

Le programme s’adresse surtout aux étudiantes et étudiants d’origine prolétarienne, en particulier celles et ceux qui proviennent des communautés culturelles, autochtones et LGBT. Les étudiantes et étudiants qui y sont inscrits considèrent le programme comme le leur; il n’est pas rare d’y voir des étudiantes mères de famille monoparentale assister aux cours avec leurs enfants.

Contrairement aux autres départements, les étudiantes et étudiants inscrits à ce programme s’y investissent personnellement ; plusieurs y retournent même après obtenu leur diplôme. Les membres du corps professoral consacrent le temps nécessaire pour soutenir leurs étudiantes et étudiants, certains allant jusqu’à se déplacer à domicile pour les rencontrer, afin de leur éviter de devoir faire garder leurs enfants. Comme nous l’avons rapporté il y a quelques semaines, l’Université de Toronto prévoit investir plusieurs centaines de millions de dollars pour ériger un nouveau pavillon qui hébergera sa faculté de sciences appliquées et de génie, à la place du bâtiment qui abrite actuellement le Programme de l’année de transition. (Pour plus de détails: http://goo.gl/0v5Vg)

Récemment, la direction de l’université a osé envoyer ses chiens de garde pour arracher la bannière qui avait été accrochée à l’occasion de la journée «portes ouvertes» du programme. La bannière dénonçait nommément la rectrice, Cheryl Misak, qui souhaite l’abolition du programme. Alors que plusieurs ont été pris par surprise par cette atteinte à la liberté d’expression, quelques militantes et militants du programme et du Mouvement étudiant révolutionnaire (MER-RSM) s’y sont opposés. Malgré leurs efforts pour récupérer la bannière, celle-ci demeure toujours détenue par la direction. Même si cela peut apparaître comme une défaite, la bataille est loin d’être terminée. Nous allons continuer à nous battre et nous ne permettrons pas à l’université de nous intimider.

À bas la cupidité des entreprises!

Luttons pour une éducation révolutionnaire!