Inde: puissante attaque de la guérilla maoïste

L’attaque menée le 25 mai dernier par quelque 200 combattantes et combattants de l’Armée populaire de libération et de guérilla en Inde contre un convoi de dignitaires du Parti du congrès au pouvoir a été fortement ressentie partout à travers le monde. Soudainement, l’existence d’une guérilla maoïste qui lutte avec les paysannes et les laissés pour compte d’une société dont le développement nous est habituellement – mais faussement – présenté comme étant «miraculeux» ne pouvait plus être passée sous silence. Cela nous rappelle que l’Inde est une société profondément réactionnaire et oppressive et que la «démocratie» qu’elle affiche n’en est une que de façade.

Selon un communiqué émis par le Parti communiste de l’Inde (maoïste) au lendemain de l’attaque, l’action du 25 mai contre le convoi d’une vingtaine de véhicules a fait au moins 27 morts et une trentaine de blessés. Parmi les victimes se trouvent notamment Nand Kumar Patel, le président du Parti du congrès de l’État du Chhattisgarh, et Mahendra Karma, le fondateur des milices paramilitaires qui massacrent allègrement les populations aborigènes depuis près d’une dizaine d’années.

Pour le PCI (maoïste), «l’élimination de ce fasciste est une réponse légitime aux atrocités inhumaines, aux meurtres brutaux et à la terreur constante exercée contre les Adivasis du district de Bastar». Le porte-parole du comité du parti dans cette région, Gudsa Usendi, explique que cette action «prouve une fois de plus que les fascistes, qui ont recours à la violence, aux atrocités et aux massacres contre le peuple, finissent inévitablement par payer pour leurs crimes».

Les milices Salwa Judum, mises sur pied par Karma, participent activement à la campagne de terreur lancée en 2009 par l’État indien sous le nom d’«opération Green Hunt». Incapables de neutraliser la guérilla maoïste active dans plusieurs régions du pays, les forces de sécurité indiennes (armée, police et paramilitaires) ont choisi de s’en prendre aux populations tribales qui vivent dans les régions où la guérilla est active.

Comme l’écrivaine et militante Arundhati Roy l’a constaté lorsqu’elle s’est rendue dans une zone de combat fin 2009, on ne peut dissocier la guérilla maoïste des populations tribales qui la composent et la nourrissent. Le développement accéléré que connaît le pays au profit de la bourgeoisie indienne et des sociétés transnationales étrangères – dont des compagnies minières canadiennes telles Pebble Creek Mining – se fait au prix du déplacement forcé et de la destruction du milieu de vie de dizaines de millions d’Adivasis, considérés par les autorités et les «développeurs» comme des «moins que rien».

Au nom de la «lutte au terrorisme», l’opération Green Hunt n’est ni plus ni moins qu’une déclaration de guerre contre les masses populaires déshéritées. La riposte des masses et de la guérilla maoïste apparaît donc de fait comme une réponse légitime à cette offensive meurtrière.

Partisan salue le courage et la détermination des masses populaires et du Parti communiste de l’Inde (maoïste), qui luttent pour renverser les classes réactionnaires et le système d’oppression dans ce pays et pour le remplacer par un État de démocratie nouvelle. Nous appelons l’ensemble des progressistes et opposants à toute forme d’oppression à dénoncer l’opération Green Hunt et exiger la fin immédiate de la guerre menée par l’État indien contre les masses populaires.