Pour une lutte unifiée à travers tout le pays!

Depuis que la réforme du régime d’assurance-chômage a été annoncée il y a un an, plus d’une centaine de manifestations ont eu lieu au Québec et dans les provinces maritimes, auxquelles des dizaines de milliers de personnes ont participé. Des barricades ont été érigées à Tracadie-Sheila au Nouveau-Brunswick; des douzaines d’occupations de bureaux de chômage ont eu lieu, de Montréal jusqu’aux Îles-de-la-Madeleine.

Le samedi 27 avril, l’opposition au saccage de l’assurance-chômage a franchi une nouvelle étape, alors que des dizaines de milliers de personnes – jusqu’à 50 000, selon la police – ont manifesté dans les rues de Montréal, à l’appel de la Coalition québécoise contre la réforme de l’assurance-emploi, qui rassemble une vingtaine d’organisations nationales, dont la totalité des centrales syndicales québécoises.

Le même jour, une autre manifestation avait lieu à Fredericton au Nouveau-Brunswick; la veille, des rassemblements ont eu lieu à Calgary et Saskatoon, de même qu’à Mississauga et Simcoe en Ontario, devant le bureau de circonscription de la ministre responsable du saccage, Diane Finley. La plupart de ces actions ont été organisées par un nouveau réseau appelé Causes communes, qui a été mis sur pied en janvier dernier dans la foulée du mouvement «Idle No More».

Les travailleurs et travailleuses ont raison d’être inquiets et en colère à la suite des changements imposés par le gouvernement Harper. Entrées en vigueur en janvier, les nouvelles règles obligent l’ensemble des prestataires d’assurance-chômage à chercher activement et éventuellement à accepter des emplois à un salaire moindre que leur salaire habituel – et pour la majorité d’entre elles et eux, dans des domaines autres. Comme nous l’avons expliqué à maintes reprises dans ces pages, cela créera une pression à la baisse sur l’ensemble des salaires ouvriers à l’échelle du pays.

Cette réforme s’inscrit dans le cadre des mesures d’austérité mises de l’avant par les divers gouvernements pour faire payer la crise du système capitaliste qu’ils défendent aux travailleurs et travailleuses. La lutte contre le saccage de l’assurance-chômage oppose clairement les intérêts de la bourgeoisie à ceux des travailleurs et travailleuses.

Certains voudraient pourtant confiner la lutte aux frontières du Québec, invoquant l’existence d’un prétendu «consensus national». Le gouvernement péquiste, avec sa commission d’enquête bidon présidée par Gilles Duceppe, cherche à utiliser le ressentiment populaire contre la réforme Finley pour alimenter son illusoire projet de «gouvernance souverainiste». Les travailleurs et travailleuses doivent rejeter ces fausses solutions!

Disons-le clairement: il n’y a pas de chose telle qu’un «consensus québécois» contre la réforme de l’assurance-chômage. Le Conseil du patronat du Québec et la section québécoise de la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante se sont tous deux prononcés en faveur de cette réforme. Même chose pour les cinq députés qui forment le caucus québécois du Parti conservateur.

Si la mobilisation est plus forte au Québec et dans les provinces maritimes – et dans ce cas-ci, surtout au Nouveau-Brunswick – ce n’est pas parce que les travailleurs et travailleuses du Québec sont plus brillants que les autres: c’est d’abord et avant tout parce qu’il y a eu, dans cette province, un travail de mobilisation et d’organisation plus soutenu, s’étendant sur plusieurs mois et qui a fini par porter fruit. C’est le même genre de travail qu’il faut maintenant entreprendre à l’ouest du Québec, en s’appuyant sur les groupes et réseaux qui ont déjà commencé à le faire.

Il est stupide de penser que la lutte contre la réforme Finley pourra être gagnée au Québec seulement; il est inexact, malhonnête et démobilisant de présenter la réforme comme étant une attaque «contre le Québec». Ceux qui disent ça, au fond, ne veulent pas gagner; au contraire, ils souhaitent et vont s’arranger pour que le gouvernement Harper l’emporte, pour pouvoir ensuite justifier leur revendication illusoire et réactionnaire de «rapatriement» du régime d’assurance-chômage au Québec.

Ce n’est pas une coïncidence si cette «revendication» est aussi défendue par le mentor de Stephen Harper, Tom Flanagan, et la sénatrice conservatrice Diane Bellemare, qui fut naguère une des têtes pensantes du Conseil du patronat. Ces gens-là souhaitent le démantèlement du régime d’assurance-chômage et la disparition de quelque protection que ce soit en cas de perte d’emploi, afin que l’armée industrielle de réserve joue parfaitement son rôle pour favoriser la rentabilisation du capital. À voir ce qu’il fait actuellement avec le régime d’aide sociale et le zèle avec lequel il s’applique à satisfaire la grande bourgeoisie, peut-on sérieusement penser qu’un régime d’assurance-chômage géré par le PQ serait à l’abri des mesures d’austérité?

Travailleurs, travailleuses, ne nous laissons pas berner ! Continuons à lutter contre la réforme Finley. Organisons-nous pour mener des actions de plus en plus militantes qui ébranleront le gouvernement Harper. Multiplions les liens entre nos organisations, à tous les niveaux et à travers tout le pays. Unissons-nous et luttons pour gagner – non seulement cette bataille, mais toutes celles qui sont à venir!