C’est toute la classe ouvrière qui est visée

D’un bout à l’autre du pays, les travailleurs et travailleuses ont été atterrés de voir jusqu’où les capitalistes et leurs représentants à la Chambre des communes sont prêts à aller dans la guerre qu’ils ont lancée contre les chômeurs et chômeuses (qui est de fait une guerre contre toute la classe ouvrière). L’annonce de la […]

D’un bout à l’autre du pays, les travailleurs et travailleuses ont été atterrés de voir jusqu’où les capitalistes et leurs représentants à la Chambre des communes sont prêts à aller dans la guerre qu’ils ont lancée contre les chômeurs et chômeuses (qui est de fait une guerre contre toute la classe ouvrière).

L’annonce de la mise sur pied d’une équipe d’enquêteurs chargés d’aller harceler les prestataires d’assurance-chômage à leur domicile a suscité une levée de boucliers dans plusieurs coins du pays. Au-delà du fait que cette façon de faire infantilise les travailleurs et travailleuses, il est évident que le gouvernement cherche ainsi à augmenter la pression sur les chômeuses et chômeurs et à accentuer la concurrence sur le marché du travail – ce qui est d’ailleurs l’objectif premier des modifications imposées au régime d’assurance-chômage.

Cela ne pouvait tomber à un pire moment, alors que la précarité du travail n’a jamais été aussi intense depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. De plus en plus de gens sont condamnés à occuper plusieurs emplois à temps partiel simultanément, dans des secteurs où les protections sociales (régimes de retraite, de congés de maladie, etc.) sont quasi inexistantes. Dans ce contexte, le chômage occasionnel devient de plus en plus la norme. En 2011, près de 12 % des adultes travaillaient seulement à temps partiel. S’ajoutant aux 7 % dont l’emploi est à durée déterminée, c’est dire que près d’un cinquième de la population adulte est directement ciblé par cette attaque. Comme si cela ne suffisait pas, les changements au régime d’assurance-chômage auront un effet d’entraînement sur les conditions de l’ensemble des travailleurs et travailleuses du pays.

Comme nous-mêmes et bien d’autres l’avons déjà dit à plusieurs reprises, ces modifications n’attaquent pas seulement les travailleuses saisonnières et les chômeurs; elles ciblent de fait la classe ouvrière dans sa totalité. En augmentant la pression sur les chômeurs et chômeuses (que Marx qualifiait « d’armée de réserve industrielle »), les capitalistes cherchent à accroître la concurrence entre les travailleurs et travailleuses, ce qui contribue à maintenir les salaires bas. Car plus de chômage entraîne plus de désespoir, ce qui veut dire que plus de gens seront disponibles pour occuper le même emploi – cela, à un salaire moindre.

Seule la mobilisation militante de la classe ouvrière pourra repousser cette attaque; et seul le mouvement révolutionnaire de la classe ouvrière et des peuples opprimés pourra créer un monde dans lequel de telles attaques seront choses du passé.