Ici comme ailleurs, défendons ceux et celles qui osent attaquer le système capitaliste!

Le samedi 9 mars, Kelly Pflug-Back, qui vient de purger 15 mois de prison pour avoir détruit la propriété privée de certaines entreprises et une voiture de police pendant le sommet du G20 en 2010 à Toronto, a fait sa première apparition publique depuis sa récente libération de la prison pour femmes de Vanier en Ontario. Pflug-Back a pris la parole lors d’un événement organisé par le Women’s Coordinating Committee for a Free Wallmapu (une organisation de femmes mapuches militant au Canada) à l’occasion de la journée internationale des femmes. Elle en a profité pour dénoncer le caractère de classe de la violence patriarcale dont les femmes continuent à souffrir – que ce soit entre les mains de leurs patrons, de leurs partenaires, ou celles de la police, des paramilitaires et des gardiens de prison.

Kelly Pflug-Back a également dénoncé le discours hypocrite de la bourgeoisie sur l’égalité des femmes, qui se limite à favoriser un petit groupe d’élite de femmes, souvent issues des classes dominantes, à qui l’on permet de gravir l’échelle sociale pour devenir PDG, sur le dos et au détriment des plus pauvres, des femmes les plus exploitées et opprimées.

Un autre militant, George Horton, 25 ans, qui a quant à lui passé 10 mois en taule pour avoir donné des coups de pied sur un véhicule de police blindé et fortifié (ce qui avait apparemment intimidé l’agent de police «pris au piège, vulnérable et seul à l’intérieur », pour reprendre les mots de la juge Beverly Brown), a également pris la parole et appelé au soutien des autres militants du G20, dont deux du Québec, dont le procès est prévu en septembre 2013. Horton s’est dit d’avis que s’il est bon de voir des militantes, militants et amies, comme Kelly-Pflug Back, être enfin libérées de prison après avoir purgé delourdes peines, il ne faut surtout pas oublier les autres, dont certains viennent d’ailleurs tout juste de se voir porter des accusations en rapport avec le sommet du G20. George Horton faisait ici nommément référence aux cinq individus extradés au Canada en provenance des États-Unis pour y être jugés pour des infractions liées au G20.

Deux Américains, Richard D. Morano (22 ans), de Lackawaxen en Pennsylvanie, et Kevin Chianella (20 ans), de Queens dans l’État de New York, ont été extradés le 5 mars dernier. Quinn McCormic (25 ans), de Boston au Massachusetts, a renoncé à contester la requête en extradition et a comparu devant les tribunaux canadiens à la fin février. Joel Bitar, de New York, et Dane Rossman, de Tucson en Arizona, sont encore aux États-Unis, où ils contestent la procédure d’extradition. Au moment de mettre sous presse, Kevin Chianella était toujours en détention, puisqu’on lui a refusé tout cautionnement. On ne sait pas exactement s’il a accès à un avocat ou à une équipe de soutien. Des militantes et militants de Toronto travaillent actuellement à lui obtenir ce soutien.

Ces cinq extraditions sont sans précédent. Traditionnellement, il existe une exemption pour les manifestantes et manifestants politiques aux États-Unis, qui ne sont habituellement pas soumis aux procédures d’extradition. Le traitement réservé à ces cinq accusés contraste avec celui des émeutiers de Vancouver en 2011, alors que plus de 4 millions de dollars de dommages avaient été causés contre diverses propriétés à la suite de l’élimination des Canucks de Vancouver par les Bruins de Boston. En dépit de tout ce qui a été dit, le procureur de la Couronne de la Colombie-Britannique a laissé tomber sa demande d’extradition contre deux citoyens américains ayant pris part à l’émeute…

Il faut se demander pourquoi, après 32 mois, l’État s’acharne encore à identifier et poursuivre les militantes et militants ayant participé à diverses actions et exprimé leur légitime colère contre le G20 et un système capitaliste qui inflige des dommages bien plus graves et meurtriers aux travailleurs et travailleuses que quelques vitres brisées ou coups de pied sur des voitures de police.

Depuis que la crise économique mondiale a éclaté en 2008, les États bourgeois s’acharnent à surveiller et criminaliser les militantes et militants politiques. Pendant que des milliards de dollars des fonds publics sont utilisés pour l’achat de matériel coûteux pour la police et les militaires, incluant des technologies de reconnaissance faciale et d’autres équipements high-tech notamment pour les escouades anti-émeutes, on exige des travailleurs, des travailleuses et des pauvres qu’ils se serrent la ceinture encore plus, alors qu’on assiste à un déferlement d’attaques aux services et programmes sociaux, comme l’assurance-chômage, pour lesquels les travailleurs et travailleuses ont lutté dans des batailles sanglantes.

Nous devons défendre tous ces jeunes militants et ces militantes comme Kelly Pflug-Back et les autres personnes arrêtées à la suite du G20 et qui subiront bientôt leur procès, de même que tous les autres militantes et militants anticapitalistes et révolutionnaires victimes de la répression. Nous appelons le Secours rouge à les soutenir et à s’unir avec l’ensemble des militantes, militants et révolutionnaires qui s’exposent à la criminalisation de par leur travail d’organisation dans leurs quartiers, leurs lieux de travail et dans la rue. À bas la criminalisation de la dissidence! Défendons les révolutionnaires et les anticapitalistes qui luttent pour servir le peuple et abolir la société bourgeoise!