La police contre les réseaux sociaux

Alors que traditionnellement, un simple «on circule» – parfois agrémenté d’un coup de matraque ou au pis-aller d’un peu de poivre de Cayenne – suffisait aux policiers de ce monde pour éloigner les témoins gênants, cela ne marche plus. Il semble en effet que les corps policiers sont bien embêtés par la facilité que permet la technologie de filmer et diffuser leurs gestes de brutalité. Il est certain qu’à voir se multiplier les cas d’agression et de violence commis par des agents et agentes de la paix, il devient de plus en plus difficile de faire avaler que la police est au service du peuple.

C’est ainsi que dans plusieurs États des États-Unis et en Espagne, les corps policiers tentent de faire appliquer ou d’adopter des lois visant à criminaliser l’enregistrement et la diffusion d’images des interventions policières. On invoque le besoin de protéger les agents et agentes contre les risques de représailles contre leur personne. Ce qui, effectivement, n’est pas insensé… Ce faisant, les flics s’assureront de leur totale impunité (ce sera toujours leur parole contre celle des «fautifs»).

Le modèle qui prétend à l’indépendance de l’État, censé veiller à la défense des intérêts et des droits de tous et toutes, ne tient plus. Nous sommes face à un État capitaliste, dirigé par la bourgeoisie, qui vise à protéger et défendre les intérêts de la classe dominante. Et lorsque le système est en crise, cette division et les conflits qui en résultent sont de plus en plus apparents. Et ils s’expriment de plus en plus sous forme de brutalité policière.