Défendre la démocratie bourgeoise? Plutôt la renverser!

L’adoption sans débat et à la hâte du projet de loi C-38 à la Chambre des communes a fait dire à plusieurs que la «démocratie canadienne» était bafouée par le gouvernement Harper. Le projet de loi de plus de 400 pages et 750 articles modifie en effet pas moins de 70 lois déjà existantes… Parmi les mesures qu’il comporte, dont plusieurs ont trait aux normes et évaluations environnementales, on retrouve notamment cette nouvelle attaque frontale aux prestataires de l’assurance-chômage, qui seront désormais contraintEs d’accepter n’importe quel emploi à des conditions pouvant aller jusqu’à 70% de leur dernier salaire.

Les partis d’opposition ont tenté tant bien que mal de retarder l’adoption du projet de loi en déposant près d’un millier d’amendements. Tous ont dénoncé «l’autoritarisme» du gouvernement Harper, y voyant un accroc aux pratiques usuelles. Certains souhaitent maintenant voir se développer un grand mouvement de masse « en défense de la démocratie » mise à mal par les conservateurs. Il est vrai que les attaques perpétrées par le gouvernement Harper méritent une riposte solide. Mais l’idée de se porter à la défense de la « démocratie canadienne » est une fausse piste, voire une dangereuse illusion.

En vérité, le gouvernement Harper est parfaitement fidèle à ce qui est l’essence même de la démocratie bourgeoise – une démocratie tronquée, dans laquelle le pouvoir est exercé par une poignée de gens au seul profit de la minorité bourgeoise. De tout temps, l’État canadien a été l’instrument de ce qui est au fond une dictature: contre les nations autochtones, dont les terres ont été volées et l’existence même niée; pour l’accumulation du capital et l’exploitation systématique et continue des masses prolétariennes. C’est contre cette « démocratie » qu’il faut lutter. C’est à elle qu’il faut mettre fin et remplacer par notre démocratie.