Contre le fascisme et la guerre

Le fascisme et l’impérialisme sont inséparables. Même si on les enrobe d’un vernis démocratique destiné à les embellir et à masquer leur vraie nature, ils sont en réalité comme les deux faces d’une même médaille et proviennent tous deux d’un même creuset – le monopolisme, qui leur a donné vie. On l’a dit et répété […]

Le fascisme et l’impérialisme sont inséparables. Même si on les enrobe d’un vernis démocratique destiné à les embellir et à masquer leur vraie nature, ils sont en réalité comme les deux faces d’une même médaille et proviennent tous deux d’un même creuset – le monopolisme, qui leur a donné vie.

On l’a dit et répété maintes fois, le capitalisme monopoliste tend inévitablement à la réaction politique à l’intérieur, ainsi qu’au militarisme, aux agressions et à la guerre à l’extérieur. Pour peu qu’il se sente menacé, pour peu que les contradictions politiques et sociales s’accentuent, alors sa véritable nature exploiteuse et assassine apparaît au grand jour. Le fascisme et l’impérialisme sont les produits authentiques des États capitalistes modernes, et non pas seulement des «accidents de parcours» ou des «accès de folie», comme le prétendent les opportunistes et les thuriféraires du capitalisme.

Avant même que tombe la première bombe sur l’Afghanistan, les principaux pays «démocratiques» avaient déjà amorcé les démarches visant à se doter d’un puissant dispositif «anti-terroriste», liquidant les garanties procédurales, judiciaires et légales de leurs propres citoyens. Depuis que les bombes ont commencé à déferler, les différents parlements ont «légalisé» les plus graves atteintes aux libertés qu’on ait connues depuis l’époque du nazisme. La bataille d’Afghanistan s’achevant, les vautours impérialistes cherchent désormais une autre victime sur qui river leur clou. Et pendant ce temps, sur le front arrière, on ouvre la porte au contrôle systématique de la population, à la délation, aux camps d’internement, aux extraditions extrajudiciaires, à la torture, aux jugements sommaires, aux disparitions… C’est ainsi que se poursuit cet autre épisode de la troisième guerre mondiale, constitué par une offensive en règle contre les libertés et la démocratie – une bataille à laquelle, soit dit en passant, tous les États coopèrent et trouvent leur intérêt.

Il faut reconnaître que c’est la réaction mondiale qui tient actuellement le plus gros bout du bâton. Il n’y a pas présentement de mouvement révolutionnaire digne de ce nom dans les principaux pays capitalistes, qui soit prêt à faire face aux mécanismes répressifs mis en place par les autorités. La plupart des organisations et des mouvements révolutionnaires hésitent à sortir du carcan de leurs pays respectifs ; ou encore ils s’obstinent, dans certains cas, à promouvoir des revendications typiquement nationalistes. Pendant ce temps, les impérialistes, de leur côté, n’hésitent pas à éliminer les frontières d’un trait de plume, dès lors qu’il s’agit de nous persécuter et de nous emprisonner. Cependant, nous ne devons pas nous apitoyer sur notre sort. Le fait que les États capitalistes modernes apparaissent clairement aux yeux du monde pour ce qu’ils sont, à savoir qu’ils représentent la contre-révolution permanente armée jusqu’aux dents et qu’ils sont prêts à tout pour se défendre, fait ressortir la crise profonde que les afflige. Le chemin est libre, désormais, pour la mise sur pied de l’unité et de la résistance populaires.

À travers ce processus de convergence entre l’ensemble des forces ouvrières et populaires intéressées à mettre fin aux malheurs causés par les impérialistes, nous considérons comme étant absolument fondamental que tout en dénonçant les agressions qu’ils commettent contre les peuples et en développant la mobilisation sur ce front, on fasse aussi apparaître clairement la dénonciation du piétinement des libertés démocratiques et de la répression des forces révolutionnaires.

Le combat contre l’impérialisme et contre la guerre est inséparable de la lutte contre le processus de fascisation qui s’accélère dans l’ensemble des pays capitalistes. Une lutte antifasciste qui est encore plus nécessaire et urgente dans le cas de notre pays, où le «patriotisme constitutionnel» du Parti populaire menace de nous ramener aux temps les plus noirs du régime de Franco, guerre d’Afrique incluse. Voilà pourquoi, parallèlement au soutien ferme et nécessaire aux peuples agressés et à la reconnaissance conséquente de leur droit de choisir leur propre destinée, nous devons constamment ramener sur le tapis la lutte pour la liberté véritable et les droits démocratiques de la classe ouvrière et du peuple.

– Parti communiste d’Espagne (reconstitué)
Resistencia n° 57, (janvier 2002)