Unissons-nous et combattons la guerre impérialiste !

Maintenant que les États-Unis et leurs alliés ont réussi à renverser le régime des Talibans et à mettre en place une administration fantoche en Afghanistan (sans avoir toutefois réussi à pacifier le pays entier), l’offensive déclenchée suite aux événements du 11 septembre par les bourgeoisies des grands pays impérialistes est désormais entrée dans une nouvelle […]

Maintenant que les États-Unis et leurs alliés ont réussi à renverser le régime des Talibans et à mettre en place une administration fantoche en Afghanistan (sans avoir toutefois réussi à pacifier le pays entier), l’offensive déclenchée suite aux événements du 11 septembre par les bourgeoisies des grands pays impérialistes est désormais entrée dans une nouvelle phase. Début février, un premier contingent de soldats américains est débarqué aux Philippines, officiellement pour y pourchasser les membres du groupe Abu Sayyaf – qu’on présente sans trop de preuves comme étant lié à Oussama Ben Laden et à l’organisation Al-Qaïda : dans les faits, il s’agit surtout, pour l’impérialisme U.S., de poser de nouveau ses sales bottes sur le sol philippin après en avoir été chassé par la lutte des masses il y a une dizaine d’années, et d’aider le gouvernement réactionnaire de Gloria Macapagal-Arroyo à combattre la guérilla maoïste et les mouvements de libération nationale qui s’y trouvent. Dans quelques jours, ou quelques semaines, après l’Afghanistan et les Philippines, ce sera vraisemblablement au tour de l’Irak de subir les bombardements américains et de nouvelles attaques au missile. Pendant ce temps, les Palestiniennes et les Palestiniens continuent de tomber sous les balles et les assauts de l’armée israélienne, soutenue politiquement, économiquement et militairement par les États-Unis.

Tout de suite après les attentats contre le Pentagone et le World Trade Center, il était apparu clairement que l’impérialisme U.S. allait saisir l’occasion pour tenter de reprendre l’offensive contre les peuples qui résistent à sa domination et pour étendre son hégémonie. Un peu comme le fait un capitaliste lorsqu’il flaire une «bonne occasion d’affaires» et tente de capitaliser là-dessus pour marquer des points face à ses concurrents. Dans un premier temps, pour s’allier l’opinion, les va-t-en guerre qui dominent l’administration Bush ont laissé entendre que leur objectif premier était de capturer et de mettre sous arrêt les responsables des attentats (du moins, ceux qu’ils identifient comme tels). Mais on a vite compris qu’en fait, l’impérialisme U.S. souhaitait surtout porter un coup décisif à tous ceux et celles qui lui résistent et font obstacle à son hégémonie.

George Bush et sa clique ont prétendu et prétendent encore aujourd’hui agir en notre nom, au nom des «citoyennes et citoyens du monde civilisé», supposément pour nous protéger face au «terrorisme» et défendre nos droits et nos libertés. Mais il s’agit là d’un énorme mensonge, venant de la part du chef de file d’un impérialisme qui depuis des dizaines d’années, n’a jamais cessé de fouler aux pieds les aspirations des peuples à la démocratie, à l’égalité et à la liberté. Aux Philippines, justement, où les troupes U.S. viennent de débarquer, la première occupation américaine au début du siècle dernier a entraîné la mort de plus d’un million et demi de personnes. Quelques générations plus tard, il va sans dire que ces événements imprègnent encore la mémoire de la population de ce pays. Depuis, l’impérialisme U.S. a largué des bombes atomiques sur la Japon ; il a massacré des milliers et des milliers de Vietnamiennes et de Vietnamiens qui luttaient pour préserver leur indépendance. Plus près de nous, c’est encore lui qui est responsable de la mort de centaines de milliers d’enfants en Irak, suite aux bombardements et à l’embargo économique qu’il impose à ce pays depuis plus de 10 ans maintenant.

En fait, si George Bush voulait vraiment combattre la terreur et la barbarie, c’est d’abord sur son propre territoire qu’il devrait s’y attaquer. Car à toutes les semaines aux États-Unis, on exécute «légalement» – non pas par lapidation, mais par injection (ce qui est bien plus «civilisé», on en conviendra…) – des prisonniers qui ont plus souvent qu’autrement comme pire défaut d’être noirs, latinos ou autochtones… En Californie, on condamne à 25 années de prison fermes un jeune qui a volé une pointe de pizza au comptoir d’un restaurant, parce qu’il s’agit d’une troisième «offense criminelle», et parce que c’est ce que prévoit la loi et l’ordre démocratique fixée et établie par la grande bourgeoisie américaine. Tout ça alors qu’en même temps, on libère purement et simplement les flics de New York – ceux-là même qui sont devenus «nos grands héros» depuis le 11 septembre -, qui ont sodomisé un travailleur d’origine haïtienne avec un manche à balai cassé en deux il y a quelques années, parce qu’il n’avait pas obéi assez rapidement à l’ordre de circuler à la sortie d’un spectacle présenté dans un bar du quartier Queen’s…

Non, l’actuelle «guerre au terrorisme» menée par l’impérialisme U.S. et ses alliés ne vise aucunement à nous défendre et à nous protéger. Leur seul objectif, c’est de continuer à s’accaparer et à exploiter encore plus les ressources de la planète. C’est d’assurer leur domination économique et politique partout dans le monde. C’est de freiner et d’écraser toute forme d’opposition.

À première vue, on peut avoir l’impression que l’impérialisme américain fait présentement tout ce qu’il veut et décide à lui seul de l’agenda politique sur la scène internationale. Mais il ne faut pas se fier aux apparences. Dans les années 60, le dirigeant de la Chine révolutionnaire Mao Zedong avait l’habitude de dire – avec raison – que l’impérialisme et les réactionnaires ne sont en réalité que des tigres de papier. Ils semblent forts et tout puissants, mais cette force qu’ils déploient avec tant d’arrogance cache en fait leur propre faiblesse, leur isolement face à la vaste majorité des peuples qui refusent leur domination. La vérité, c’est que sans leur appareil militaire et policier, leur système s’écroulerait en quelques jours.

Jusqu’ici, les puissances impérialistes concurrentes des États-Unis ont choisi de se rallier derrière eux, jugeant qu’il s’agissait là de la meilleure façon de défendre de leurs propres intérêts et de tirer leur épingle du jeu. C’est qu’elles aussi ont intérêt à contenir et à étouffer la résistance des peuples du monde, à neutraliser l’opposition interne susceptible de se développer à l’intérieur de leurs frontières, et à maintenir intact le système mondial de domination impérialiste, qui leur profite si bien. Mais comme on peut déjà l’entrevoir avec les divergences que certains pays ont exprimées face à une éventuelle agression contre l’Irak (et aussi, dans une certaine mesure, en ce qui concerne les massacres commis par l’armée israélienne en Palestine), la concurrence et les contradictions qui opposent les impérialistes entre eux n’ont pas disparu pour autant. Celles-ci sont même appelées à s’accentuer, dans la mesure où la principale puissance hégémonique – les États-Unis – cherche à s’imposer pour de bon. En fait, comme le déclarait au mois de novembre dernier le dirigeant de la révolution nationale démocratique aux Philippines Jose Maria Sison,

«en s’affirmant comme étant les terroristes et les pillards numéro un sur la planète, les États-Unis voient s’intensifier les contradictions qui les opposent aux peuples qui veulent la révolution, aux nations qui veulent la libération et aux pays qui veulent l’indépendance»

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Une des plus grandes vérités de l’histoire que Mao Zedong a codifiée au moyen d’une de ces formules qu’il utilisait si bien, c’est que là où il y a oppression, il y a résistance. De fait, il existe aujourd’hui un immense potentiel de résistance face à la guerre et à l’agression impérialistes, qui ne s’exprime pas encore avec toute la force nécessaire mais qui commence néanmoins à poindre.

Dès les tout premiers jours qui ont suivi les attentats de New York et de Washington, l’opposition à la guerre s’est en effet manifestée sous de multiples formes, partout à travers le monde. Des manifestations importantes, notamment en Angleterre et en Italie (regroupant jusqu’à 200 000 personnes dans ce cas) ont eu lieu, y compris aux États-Unis. Bien sûr, on est encore loin d’un mouvement qui réussira à ébranler ou à freiner l’offensive impérialiste ; mais le sentiment anti-guerre, anti-oppression et anti-injustice existe bel et bien, et commence à s’exprimer. Rappelons qu’à l’époque de la guerre du Vietnam, il avait fallu plusieurs années avant que le mouvement anti-guerre arrive à peser d’un certain poids. Le fait que celui-ci se manifeste déjà, aujourd’hui, même si ça reste encore très embryonnaire, constitue un élément positif de la période actuelle.

L’opposition à la guerre impérialiste est particulièrement sensible dans les pays dominés du tiers-monde. Ceci reflète la grande contradiction – que nous, maoïstes, appelons la contradiction principale – qui détermine actuellement l’évolution de la situation internationale et qui est celle qui oppose l’impérialisme aux nations dominées. Des manifestations spectaculaires, quoique fortement réprimées par les classes dominantes inféodées à l’impérialisme, ont eu lieu dans plusieurs pays du tiers-monde, notamment au Pakistan.

Présentement, la résistance à l’oppression et à l’agression impérialiste apparaît avec toute sa force dans la lutte héroïque du peuple palestinien, qui lutte avec un courage et une détermination inouïes contre l’occupation et les massacres commis par l’armée sioniste avec l’appui de l’impérialisme U.S. Elle apparaît aussi aux Philippines, où nos camarades du Parti communiste des Philippines dirigent une large mobilisation populaire contre l’occupation américaine et le bradage des intérêts du pays par le gouvernement vendu de Macapagal-Arroyo. Elle est apparue, il y a quelques semaines, en Argentine, où les masses ont renversé pas moins de cinq présidents en trois semaines, malgré la répression, et malgré même l’état d’urgence. Elle se développe spectaculairement au Népal et dans les autres pays où se mènent des guerres populaires, qui portent de solides coups à l’impérialisme et aux réactionnaires et qui ouvrent la voie vers l’émancipation de l’humanité.

Étant donné la profonde blessure qu’il a subie le 11 septembre, l’impérialisme U.S. se devait obligatoirement de contre-attaquer, sinon sa vulnérabilité serait apparue trop évidente. Il en profite, on l’a vu, pour tenter de reprendre l’initiative et ramener la situation à son avantage. Il est probable qu’à court terme, il réussisse à marquer des points. Mais l’ennemi qui contre-attaque est une bête aux abois ! En dictant partout sa loi, l’impérialisme américain se place en fait dans une position hostile aux peuples du monde et ne peut donc, à terme, que s’isoler de plus en plus.

Ici au Canada, nous devons nous aussi tout faire pour arrêter son bras sanglant. Il faut continuer à lutter contre la guerre, et surtout augmenter le niveau de la lutte de plusieurs crans. Nous devons nous unir dans un large front avec tous les peuples qui, partout dans le monde, sont victimes de l’impérialisme, et en particulier de l’impérialisme canadien qui participe si honteusement à la croisade de George Bush.

Dans quelques semaines à peine, les chefs de file des plus grandes puissances impérialistes se réuniront au Canada lors du Sommet du G-8, pour échafauder de nouveaux plans, formuler de nouvelles attaques et fomenter de nouvelles guerres – tout ça, dans l’unique but de maintenir et perpétuer leur système de domination. Ils se rencontreront, on le sait, bien à l’abri des masses, comme les leaders isolés et détestés qu’ils sont, dans un camp retranché que les forces de l’ordre établiront et qui sera possiblement déclaré zone militarisée spéciale à Kanasnakis, quelque part en Alberta. Plusieurs manifestations et actions y sont déjà prévues, à Calgary surtout, étant donné que le site lui-même sera difficile d’accès. Pour les gens de l’est du Canada, il y aura deux grandes journées de lutte et de mobilisation contre le capitalisme et l’impérialisme, les 26 et 27 juin dans la capitale, Ottawa. Il faut que d’ici là, à chaque jour, à chaque instant, on construise la mobilisation en vue de cet événement, pour en faire un moment important et extrêmement puissant de la lutte contre la guerre impérialiste.

Certains et certaines, qui considèrent l’impérialisme comme étant tout-puissant, préféreront sans doute adopter un profil bas, en attendant des jours «plus favorables» (mais comment pourrons-nous reprendre l’initiative face à l’impérialisme si nous ne faisons rien pour l’ébranler ?). D’autres, encore pire, ont profité des événements des derniers mois pour se ranger carrément dans le camp de l’ennemi et écarter toute lutte contre le pouvoir bourgeois. Quant à nous, nous préférons d’emblée suivre l’exemple de la guérilla maoïste au Népal, qui a repris avec succès la voie de la lutte armée au moment précis où l’impérialisme se promettait d’en finir avec les soulèvements et les révoltes des opprimés-es, qu’il recouvre sous l’étiquette du «terrorisme international». Nous préférons suivre l’exemple du peuple héroïque de Palestine, qui reste debout dans ce qui est peut-être la période la plus difficile de son histoire. Nous choisissons de poursuivre et d’intensifier la lutte contre l’exploitation capitaliste et contre toutes les formes d’oppression, en nous inspirant quotidiennement de l’esprit révolutionnaire qui s’est manifesté si brillamment le 20 avril 2001 dans les rues de Québec.

Guerre à la guerre impérialiste !
Impérialisme canadien, hors d’Afghanistan et de partout ailleurs !
Palestine libérée ! À bas l’occupation sioniste !
Appuyons la guerre populaire et la résistance au Népal et aux Philippines !
On a raison de se révolter !

«Les impérialistes n’en ont plus pour longtemps, car ils commettent tous les méfaits possibles. Ils se font une spécialité de soutenir les réactionnaires hostiles au peuple dans les différents pays. Ils occupent beaucoup de colonies, semi-colonies et bases militaires. Ils menacent la paix d’une guerre atomique. Ce qui fait que plus de 90 % de la population du monde se dressent ou vont se dresser en masse contre eux. Les impérialistes sont encore vivants ; ils continuent à faire régner l’arbitraire en Asie, en Afrique et en Amérique latine. En Occident, ils oppriment encore les masses populaires de leurs pays respectifs. Cette situation doit changer. Il appartient aux peuples du monde entier de mettre fin à l’agression et à l’oppression de l’impérialisme, et principalement de l’impérialisme américain.»

Mao Zedong