Déclaration générale sur Mao et la guerre populaire

Nous, soussignés, en tant que partis marxistes-léninistes-maoïstes qui mènent la guerre populaire, avons pris l’initiative de tenir un Séminaire international sur Mao et la guerre populaire, afin de célébrer le 105e anniversaire de naissance du camarade Mao Zedong. À cette occasion, nous proposons cette déclaration pour adoption par les participants au séminaire et par les […]

Nous, soussignés, en tant que partis marxistes-léninistes-maoïstes qui mènent la guerre populaire, avons pris l’initiative de tenir un Séminaire international sur Mao et la guerre populaire, afin de célébrer le 105e anniversaire de naissance du camarade Mao Zedong. À cette occasion, nous proposons cette déclaration pour adoption par les participants au séminaire et par les autres organisations qui n’ont pu se rendre à l’événement mais qui en soutiennent l’initiative.

L’objectif du séminaire est de rendre hommage au camarade Mao Zedong pour ses enseignements sur la guerre populaire et de rappeler leur signification et leur nécessité pour l’avancement des mouvements de libération nationale, et plus largement du mouvement anti-impérialiste et de la révolution prolétarienne mondiale.

Parmi les participants au séminaire, on retrouve des délégations de partis menant une guerre populaire, d’autres qui se préparent à l’initier, et d’autres encore qui reconnaissent son importance et la soutiennent. L’ensemble des participants se sont entendus sur une base commune pour statuer que la guerre populaire, et particulièrement la ligne stratégique de la guerre populaire prolongée, jouent un rôle crucial pour mener les révolutions de démocratie nouvelle, qui seront le prélude à la révolution socialiste dans la plupart des pays du monde.

Les participants reconnaissent comme étant une nécessité politique les principes de la guerre populaire, en lien avec les circonstances actuelles et à venir dans le développement de la crise du système capitaliste mondial et dans les luttes révolutionnaires des peuples du monde contre l’impérialisme et pour le socialisme.

Tous les partis représentés à ce séminaire ont exprimé leur adhésion à la science du marxisme-léninisme et à la nécessité de l’appliquer aux conditions concrètes de leurs pays.

Tout en respectant le droit à l’autonomie et à l’égalité de tous ces partis, le principal objectif de ce séminaire est d’élever le niveau commun de compréhension, le soutien mutuel et la coopération entre eux, dans la perspective de développer la guerre populaire et d’autres formes de luttes révolutionnaires, en vertu du principe de l’internationalisme prolétarien, et de contribuer ainsi à renforcer la lutte contre l’impérialisme à l’échelle mondiale.

Dans le cas plus particulier qui nous concerne, nous, les partis marxistes-léninistes-maoïstes qui dirigeons une guerre populaire, réaffirmons la Déclaration générale sur la pensée-maotsétoung qui fut adoptée lors de la commémoration du 100e anniversaire du camarade Mao Zedong. Nous considérons que le camarade Mao se situe parmi les plus grands penseurs du prolétariat international, en raison des contributions significatives qu’il a apportées dans les domaines de la philosophie, de l’économie politique, des sciences sociales, quant à la construction du parti, au développement de la révolution de démocratie nouvelle à travers la guerre populaire, à la révolution socialiste et quant à la Révolution culturelle prolétarienne.

Nous soutenons que la pensée-maotsétoung, ou le maoïsme, représente un stade supérieur dans le développement du marxisme-léninisme, en vertu duquel la théorie et la pratique de la continuation de la révolution sous la dictature du prolétariat permet de consolider le socialisme, de combattre le révisionnisme et d’empêcher la restauration du capitalisme. Nous adhérons à la ligne politique s’appuyant sur le principe d’unir toutes les forces disponibles et tout le peuple sous la direction du prolétariat, contre l’impérialisme et la réaction, dans le cours de la révolution de démocratie nouvelle et de la révolution socialiste.

Partout et à chaque fois que cela s’avérera nécessaire pour mener à bien la révolution de démocratie nouvelle sous la direction de l’avant-garde du prolétariat, la guerre populaire doit être amorcée et accomplie en conformité avec la nature révolutionnaire du marxisme-léninisme. Dans de telles circonstances, la négation pure et simple de la nécessité de la guerre populaire est révisionniste. Il est tout autant révisionniste de repousser indéfiniment le déclenchement de la guerre populaire.

Contrairement au point de vue des révisionnistes et des réformistes, il n’existe pas de voie pacifique vers le socialisme. Il est nécessaire et avantageux pour le prolétariat révolutionnaire de mener une révolution armée et de faire se succéder rapidement les étapes de la révolution, de celle de la démocratie bourgeoise jusqu’à l’étape du socialisme, là où se révèlent les maillons les plus faibles de la chaîne impérialiste, en conformité avec les enseignements de Lénine sur le développement inégal du capitalisme sous l’impérialisme. Le développement de la guerre populaire dans les pays semi-coloniaux et semi-féodaux favorise la lutte des classes dans les pays impérialistes et le renversement éventuel de la bourgeoisie monopoliste par le prolétariat.

Le niveau de développement économique et technologique déjà atteint dans les pays impérialistes est souhaitable pour établir les bases du socialisme, mais c’est dans ces pays que la bourgeoisie monopoliste a développé les moyens les plus avancés pour supprimer la révolution armée du prolétariat. Par conséquent, lorsque le prolétariat et les peuples dans les pays semi-coloniaux et semi-féodaux lancent la guerre populaire, ils nous rapprochent du jour où dans les pays impérialistes, le prolétariat se lèvera pour renverser la bourgeoisie monopoliste.

Le camarade Mao a démontré que la guerre populaire prolongée était possible dans un pays comme la Chine, en raison de son développement inégal, de sa situation politique instable, de son économie arriérée et du faible développement de son système de communication. Il a montré que ces conditions diffèrent de celles qui prévalent dans les pays capitalistes avancés qui requièrent, avant la révolution armée, une lutte légale prolongée.

Dans les circonstances présentes, les partis marxistes-léninistes-maoïstes qui dirigent la guerre populaire jouent un rôle crucial en soutenant la théorie marxiste-léniniste sur l’État et la révolution et en faisant avancer la révolution prolétarienne mondiale par la révolution armée. Sans guerre populaire dans les pays semi-coloniaux et semi-féodaux, le prolétariat des pays impérialistes se trouverait affaibli politiquement et il est hautement probable qu’il s’égarerait encore plus dans la voie réformiste et révisionniste.

La signification et la nécessité de la guerre populaire

Nous rendons hommage à Mao Zedong comme étant celui qui a développé la théorie et la pratique de la guerre populaire dans le cadre de la révolution de démocratie nouvelle dirigée contre l’impérialisme, le féodalisme et le capitalisme bureaucratique en Chine. Il faut étudier les enseignements de Mao sur la guerre populaire en lien avec les circonstances tant passées, actuelles que futures, pour être en mesure de développer la pratique de la guerre révolutionnaire. Si elle est menée à bien, correctement et sous la direction du parti révolutionnaire du prolétariat, la guerre populaire est une arme invincible pour réaliser les révolutions de démocratie nouvelle.

La théorie et la pratique de Mao sur la guerre populaire sont en parfaite harmonie avec les enseignements de Marx à l’effet que la lutte des classes mène à la dictature de classe du prolétariat. Elles constituent également un développement de la théorie de Lénine et de sa pratique de la révolution en deux étapes, selon laquelle la révolution socialiste doit suivre la révolution démocratique bourgeoise de type nouveau.

Nous reconnaissons que Mao est le maître stratège de la guerre populaire. Les développements qu’il a apportés à la stratégie et à la tactique de la guerre populaire demeurent toujours insurpassés. Ses contributions à ce sujet représentent l’application du matérialisme dialectique et de la ligne de classe révolutionnaire au processus de la guerre révolutionnaire. La théorie et la pratique de Mao sur la guerre populaire s’appuient de manière conséquente sur les principes fondamentaux du marxisme-léninisme, tout en les développant. Elles constituent une composante essentielle dans le développement du maoïsme et ont jeté les bases aux avancées ultérieures de Mao sur la révolution et la construction du socialisme, jusqu’à la Grande Révolution culturelle prolétarienne.

Les enseignements de Mao sur la guerre populaire constituent encore aujourd’hui une riche et une puissante source de connaissances liant l’analyse sociale et politique avec les différentes formes de lutte armée (guérilla, armée mobile, de position, et insurrections), sous différentes conditions, et sur le développement de ces formes de lutte armée à travers les étapes et les phases qui se succèdent dans le cours d’une guerre civile ou d’une guerre nationale de libération contre une agression étrangère.

La ligne stratégique de la guerre populaire prolongée, incluant l’encerclement des villes par les campagnes, constitue l’expression révolutionnaire de l’alliance démocratique fondamentale à établir entre le prolétariat et la paysannerie. Elle s’applique dans la plupart des pays du monde, là où les masses paysannes constituent la majorité des producteurs et où la lutte pour la réforme agraire est la principale composante de la révolution démocratique.

La ligne stratégique de la guerre populaire prolongée permet aux forces révolutionnaires de construire une armée populaire et d’accumuler ainsi leurs forces dans les campagnes, jusqu’à ce qu’il soit possible de prendre le pouvoir politique dans les villes. Les campagnes offrent un espace de manœuvre aux forces révolutionnaires afin qu’elles puissent élargir leurs bases, passer de petites à grandes et de faibles à puissantes, dans le cours d’une lutte révolutionnaire indépendante et autosuffisante. En s’appuyant sur les masses qui sont une source inépuisable et en lançant des offensives tactiques victorieuses, l’armée populaire peut passer de la défensive stratégique à l’équilibre stratégique et finalement, à l’offensive stratégique pour prendre le pouvoir dans les villes à l’échelle nationale.

Dans certains pays où il existe un développement industriel capitaliste mais où la proportion de paysans pauvres et d’ouvriers agricoles demeure significative, il est tout aussi nécessaire de les considérer et de leur donner toute la place pour qu’ils puissent jouer leur rôle révolutionnaire, combiné avec celui de la classe ouvrière. Même après la prise du pouvoir politique en Russie par l’insurrection dans les villes, les bolcheviks ont dû passer le test de la lutte armée révolutionnaire dans les campagnes au cours de la guerre civile et contre l’intervention étrangère.

L’écrasante majorité des pays du globe sont toujours embourbés dans les conditions arriérées du féodalisme et du semi-féodalisme. Dans ces pays, les pires formes d’oppression et d’exploitation sont mises en place par les impérialistes et les classes locales exploiteuses contre la classe ouvrière et la paysannerie. Il est clair que dans ces régions du monde, le parti révolutionnaire du prolétariat doit urgemment diriger les larges masses du peuple pour lancer la lutte armée comme principale forme de lutte révolutionnaire et poursuivre la ligne stratégique de la guerre populaire prolongée.

La lutte armée révolutionnaire est la forme principale de lutte parce qu’elle répond à la question centrale de la révolution, qui est celle de la prise du pouvoir politique. Dans la lignée de la théorie marxiste-léniniste de l’État et de la révolution, le président Mao nous enseigne que le pouvoir est au bout du fusil. Il nous enseigne aussi que sans l’armée populaire, le peuple n’a rien. Ce n’est que lorsque le peuple se dote d’une armée populaire qu’il peut espérer jeter les bases de la révolution sociale.

La ligne stratégique de la guerre populaire prolongée ne peut s’appliquer dans les pays capitalistes industrialisés. Mais la théorie générale de la guerre populaire a indéniablement une signification universelle. Cette universalité se trouve également dans le fait que la lutte des classes dans les pays impérialistes et la guerre populaire dans les pays semi-coloniaux et semi-féodaux sont interconnectées de façon dialectique.

Il est constamment nécessaire pour un parti révolutionnaire de s’appuyer sur les masses et de leur faire confiance, de même qu’il faut les éveiller, les organiser et les mobiliser pour renverser l’ennemi, que ce soit dans le cadre de la guerre populaire menée dans les conditions agraires ou dans le cadre d’insurrections armées dans les pays capitalistes industrialisés. Les organisations de masse et les organes de pouvoir politique doivent être bâtis sur le solide socle que constituent les larges masses du peuple. Les tactiques de front uni sont employées pour éveiller, organiser et mobiliser les larges masses par millions. Toutes les formes possibles de la lutte révolutionnaire doivent être prises en charge dans l’objectif stratégique de la prise du pouvoir par la force armée.

Un certain nombre de partis communistes appliquent actuellement avec succès la ligne stratégique de la guerre populaire prolongée, en conformité avec les enseignements du camarade Mao. Ces partis bénéficient de la participation des masses et de leur soutien intarissable. Ils ont construit des organes démocratiques de pouvoir politique. Ces partis ont consolidé et élargi la force organisée des masses à travers une lutte révolutionnaire acharnée.

Les guerres populaires menées sous la direction de partis révolutionnaires prolétariens se démarquent en préservant et en développant les forces révolutionnaires dans le cours de la lutte contre les impérialistes et les forces réactionnaires locales. Elles sont extrêmement importantes parce qu’elles brandissent bien haut le drapeau rouge de la révolution armée, parce qu’elles saisissent l’essence même de la révolution et parce qu’elles répondent à la question centrale de la révolution.

Les partis marxistes-léninistes qui dirigent des guerres populaires se forgent, gagnent en expérience et se trempent avec acharnement dans la lutte révolutionnaire contre l’ennemi. Ils font la synthèse de leurs expériences, apprennent des leçons tant positives que négatives de leurs luttes, accumulent leurs forces et leurs accomplissements, rectifient leurs erreurs et leurs faiblesses, préparent les tâches pour élever la lutte révolutionnaire à un niveau supérieur et marchent en avant, allant de victoires en victoires. Ils appliquent la ligne de masse en menant la guerre populaire. Ils éveillent, organisent et mobilisent les masses. Ils font confiance aux masses et s’appuient sur elles.

Ces partis ont surmonté toutes sortes d’offensives de la part de l’ennemi, incluant l’utilisation de la stratégie de «conflit de basse intensité», l’offensive idéologique et politique anticommuniste liée à la chute des régimes révisionnistes, le discrédit propagé à l’encontre des mouvements armés révolutionnaires qualifiés de terroristes, et aussi dans certains cas, les offres de négociations de paix et les appels piégés à la «paix» et au «développement». En maintenant leurs positions révolutionnaires, ces partis ont survécu aux mouvements armés qui profitaient auparavant du soutien des pays dirigés par les révisionnistes ou du battage publicitaire des médias bourgeois. Ces mouvements ont été trahis par des dirigeants opportunistes et se sont égarés jusqu’à capituler et à accepter des compromis avec le néocolonialisme.

Les partis marxistes-léninistes-maoïstes qui mènent aujourd’hui la guerre populaire prolongée jouent un rôle crucial dans la transition que traversent le prolétariat révolutionnaire et les peuples, qui émergent de la période de trahison révisionniste et de reculs temporaires qui a suivi les grandes victoires du socialisme et des mouvements de libération nationale dans la seconde moitié du XXe siècle, vers une nouvelle période de grandes luttes et de grandes avancées dans la révolution mondiale prolétarienne et socialiste au XXIe siècle.

Ils maintiennent bien haut la flamme de la révolution armée. Ils éclairent la voie de la révolution et inspirent le prolétariat et les peuples du monde, tant dans les pays impérialistes que dans les pays opprimés, à mener plus que jamais et de façon résolue des luttes révolutionnaires militantes contre les impérialistes et les forces réactionnaires qui nous maintiennent dans la noirceur. Les victoires acquises là où se mènent la guerre populaire sont des victoires pour tout le prolétariat et les peuples du monde.

Conséquemment, c’est un devoir internationaliste pour tous les partis communistes, pour toutes les forces révolutionnaires et les peuples, que d’appuyer par tous les moyens nécessaires les partis et les peuples qui mènent la guerre populaire prolongée et qui la mèneront à l’avenir. Les guerres populaires victorieuses renforcent et viennent elles-mêmes appuyer toutes les autres luttes révolutionnaires dans le monde.

Encore une fois sur la signification et la nécessité de la guerre populaire

Les conditions objectives qui permettent de mener la guerre populaire n’ont jamais été aussi favorables. Le système capitaliste mondial traverse une grave crise, inégalée depuis la Grande Dépression. Le nouveau «désordre» mondial empire à chaque jour. La crise actuelle révèle une fois de plus le caractère parasitaire, destructeur et agonisant du capitalisme monopoliste. Nous sommes à l’époque de l’impérialisme et de la révolution prolétarienne.

Dans cette période, les puissances impérialistes utilisent les structures de l’État et les grandes corporations pour opprimer et exploiter les peuples, étendre leurs intérêts nationaux et ultra-nationaux, monter des combines internationales contre les peuples et ensuite se concurrencer entre elles. De même, dans cette époque de révolution prolétarienne, le prolétariat et les partis révolutionnaires dont il s’est doté, dirigent les larges masses dans la lutte pour le socialisme, contre l’impérialisme, dans des pays spécifiques, mais aussi à l’échelle internationale.

Le caractère social de la production, qui se développe rapidement grâce à l’implantation d’une technologie chaque fois plus performante, est en complète contradiction avec le caractère capitaliste monopoliste de l’accumulation du capital. Le résultat de cette contradiction a amené une concentration vertigineuse du capital et sa centralisation entre les mains d’une poignée de capitalistes de la bourgeoisie monopoliste dans les pays impérialistes.

Une telle accélération de l’accumulation du capital sous la politique impérialiste de la globalisation du «libre marché», implique non seulement la concentration du capital productif mais, de façon plus importante, la croissance incontrôlée du capital financier, qui comprend entre autres la surévaluation des avoirs, les fusions spéculatives et un usage éhonté des prêts à taux usuraires aux dépens des peuples opprimés.

La suraccumulation du capital et les superprofits qu’accapare la bourgeoisie monopoliste aux dépens du prolétariat et des peuples, tant dans les pays impérialistes que dans les pays opprimés, entraînent une montée croissante et chronique des taux de chômage, une détérioration des conditions de travail et de vie ainsi que des attaques débridées contre les droits démocratiques et les acquis sociaux des travailleurs et travailleuses. Ces phénomènes ont étranglé le marché mondial avec pour résultat une crise de surproduction sans précédent dans la production des tous les types de biens.

Ce sont les peuples opprimés d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine qui ressentent le plus lourdement les effets de la crise du système capitaliste mondial. Ils souffrent des pires formes d’oppression et d’exploitation que maintiennent les impérialistes et leurs pantins réactionnaires. Parmi ces peuples opprimés, certains ont commencé la guerre populaire et ils sont destinés à être de plus en plus nombreux à le faire. Ainsi, les principaux centres de la tempête révolutionnaire aujourd’hui dans le monde continuent de se situer dans les pays arriérés. La crise en Russie, en Europe de l’Est et dans les anciennes républiques soviétiques s’est accentuée de plus en plus, laissant la vaste majorité des peuples de ces pays à la merci des rapacités du capital monopoliste. La chaîne impérialiste sera brisée à son maillon le plus faible, là où les facteurs objectifs et les forces subjectives seront prêts pour la prise du pouvoir.

Depuis la fin des années 70, l’immense majorité des pays dominés par l’impérialisme a été touchée par la crise de surproduction dans les matières premières. Ils ont été soumis à des conditions de plus en plus défavorables au niveau des échanges commerciaux, à un fardeau écrasant d’endettement et à une série d’ajustements structurels et de programmes d’austérité imposés par le Fonds monétaire international, la Banque mondiale et l’Organisation mondiale du commerce.

Avec l’aggravation actuelle de la crise capitaliste mondiale, les marchés soi-disant émergents (i.e. les pays dont les produits spécialisés d’exportation ont été encouragés par l’impérialisme) se sont effondrés tant sur le plan social qu’économique, en raison d’une généralisation de l’offre excédentaire de leurs exportations, de même que de leur incapacité à rembourser leur monstrueuse dette extérieure. La Russie et les pays d’Europe de l’Est ont eux aussi subi une dégradation économique et sociale qui se poursuit, causée par la rapacité des classes dominantes, la chute des prix du peu de produits qu’ils exportent et l’augmentation de la dette extérieure.

La proportion des pays dont le développement industriel national a été prévenu, ralenti ou détruit, et où le peuple souffre des formes d’exploitation les plus sévères, a augmenté. Les taux de chômage chronique y oscillent entre 30 et 60 p. 100. L’écrasante majorité de ces peuples souffre de la pauvreté.

Dans les pays impérialistes, la contradiction entre la bourgeoisie monopoliste et le prolétariat s’est également accentuée. Le prolétariat et le peuple ont lancé des formes de luttes légales pour protester et exprimer leurs exigences. Dans ces circonstances, les partis révolutionnaires du prolétariat peuvent se construire et croître en force de façon à faire avancer la cause révolutionnaire du socialisme.

Sous la bannière rouge de l’internationalisme prolétarien, la lutte de classe du prolétariat dans les pays impérialistes peut avancer de concert avec les luttes de classe et les luttes anti-impérialistes dans les pays semi-coloniaux et semi-féodaux. Les peuples opprimés qui résistent devant les politiques et les efforts des impérialistes qui tentent de leur faire porter le fardeau de la crise impérialiste, s’unissent au prolétariat et soutiennent la lutte de classe pour le socialisme dans les pays impérialistes.

Les puissances impérialistes s’entendent pour opprimer et exploiter les peuples du monde. Mais l’aggravation de la crise du système capitaliste mondial les amène à une compétition féroce, qui mènera à d’autres crises, au développement de tendances fascistes et aux guerres à une échelle plus large encore. C’est le caractère même de l’impérialisme qui l’impose.

En ce moment, les impérialistes, principalement états-uniens, et leurs pantins locaux se déchaînent dans la violence contre-révolutionnaire à l’endroit des peuples. Dans le même esprit, ils s’affairent à étendre et à renforcer leurs alliances militaires tout en provoquant des guerres locales et régionales.

Cependant, avec l’augmentation du nombre de partis marxistes-léninistes qui mènent des guerres populaires sur une large échelle, les peuples du monde pourront prévenir une nouvelle guerre mondiale, ou éventuellement la transformer en une guerre révolutionnaire dirigée contre ces mêmes impérialistes et leurs pantins réactionnaires. L’aggravation du nouveau désordre mondial est le prélude à la révolution sociale à une large échelle.

L’expérience de la guerre populaire, son actualité et son potentiel

Il faut réaffirmer de façon urgente la nécessité d’étudier et de mettre en pratique les enseignements de Mao sur la guerre populaire, pour lutter contre la stratégie de «conflits de basse intensité» de l’impérialisme US, mais aussi pour rejeter l’obscurantisme révisionniste et petit-bourgeois qui a travesti ces enseignements depuis les années 70.

Ces enseignements ont retenti lors des grandes victoires des peuples chinois et indochinois par la guerre populaire. Mais à partir de la fin des années 70, les révisionnistes chinois, sous prétexte de renforcer «la stabilité régionale, la paix et le développement», ont cherché à liquider les guerres populaires qui se développaient en Asie du Sud-est. Ils ont manœuvré de sorte à passer d’une position anti-soviétique et anti-vietnamienne, vers une position pro-américaine ; et ultimement, ils ont contraint les Khmers rouges à se soumettre à un «règlement pacifique» sous les auspices des Nations unies.

De leur côté, les révisionnistes soviétiques se sont vantés de leur politique de parité avec les États-Unis sur le plan militaire stratégique, et ils ont répandu l’idée voulant qu’une assistance militaire soviétique était une condition nécessaire et décisive à la victoire des mouvements de libération nationale. Ceci a permis aux idées révisionnistes et petites-bourgeoises d’une victoire militaire rapide, dépendante de l’aide extérieure, de gagner du terrain au sein de ces mouvements.

Les régimes Carter et Reagan ont repris l’idée de guerre de contre-guérilla mise de l’avant par Kennedy et ils ont développé la stratégie de conflit de basse intensité. Ainsi, ils ont armé des factions contre-révolutionnaires en Angola, au Mozambique et au Nicaragua, afin de contrer et combattre les aspirations démocratiques et patriotiques du peuple.

Mais malgré la dégénérescence et la désintégration de ces mouvements et régimes maintenus sous la coupe révisionniste, plusieurs partis marxistes-léninistes à la tête de guerres populaires ont persévéré et se sont renforcés. Ils ont préservé leurs forces et se sont consolidés en luttant contre toutes sortes de campagnes contre-insurrectionnelles, y compris les formes les plus brutales de campagnes militaires et de contrôle des populations, et contre les tactiques de guerre psychologique de «conflit de basse intensité» ou de «démocratie de basse intensité».

Gardant en tête les victoires que permet la guerre populaire contre un ennemi bien supérieur du point de vue militaire et technologique, ces partis ont affiché haine et mépris, d’un point de vue stratégique, pour les armes «high tech» que l’impérialisme a utilisées lors de la guerre du Golfe. Ils se rappelleront toujours de la défaite de l’impérialisme US dans sa guerre d’agression au Vietnam et en Indochine, alors qu’il avait utilisé là aussi de l’armement de haute technologie. C’est pourtant le peuple qui a alors vaincu l’impérialisme. Les partis révolutionnaires maintiennent une position ferme quant à la force décisive des peuples, et non celle des armes, pour mener à bien la guerre contre l’impérialisme.

Les partis marxistes-léninistes sont en mesure de continuer à mener la guerre populaire et ne peuvent être défaits par aucune forme ou aucun niveau de conflit que peuvent déclencher les impérialistes et les classes réactionnaires, parce qu’ils font un travail assidu parmi les masses paysannes, les mobilisant dans la lutte pour la réforme agraire. Ce faisant, ils renforcent l’alliance paysans-ouvriers dans le cadre de la ligne générale de la révolution de démocratie nouvelle dans une perspective socialiste.

Le devoir des partis révolutionnaires prolétariens les oblige à mener toutes les formes possibles de lutte révolutionnaire contre l’oppression et l’exploitation sans cesse grandissantes avec la crise du système capitaliste mondial qui empire. Dans les circonstances actuelles, il est possible d’intensifier le niveau de la guerre populaire là où elle se mène, et de l’initier dans beaucoup plus de pays.

L’effondrement des marchés soi-disant émergents en Asie jette des bases fertiles pour la guerre populaire, particulièrement en Asie du Sud-est. Le Parti communiste des Philippines a prouvé dans les 30 dernières années qu’il était possible pour les forces révolutionnaires de se maintenir et de grandir en force par la guerre populaire, dans un pays historiquement sous le joug de l’impérialisme US.

L’Indonésie est maintenant aux prises avec une agitation sociale et politique sans précédent, posant les conditions pour la guerre populaire. Le sang de plus d’un million de martyrs crie justice et révolution. Suharto et ses successeurs, tous aussi réactionnaires, ne pourront être totalement renversés et chassés que par la guerre populaire, menée jusqu’à la victoire par le Parti communiste d’Indonésie. Les conditions sont tout aussi favorables dans les autres pays de l’Asie du Sud-est, tels le Cambodge, la Thaïlande, la Birmanie et la Malaisie.

En Asie du Sud, le Communist Party of India (Marxist-Leninist) People’s War, nouvellement constitué suite à la fusion des anciennes organisations appelées CPI (ML) PW et le CPI (ML) PU, le Maoist Communist Centre, le Parti communiste du Népal (maoïste) et d’autres partis marxistes-léninistes dirigent la guerre populaire. D’autres mouvements armés mènent aussi des guerres d’autodétermination nationale qui affaiblissent les États réactionnaires. Les révolutionnaires en Inde continuent de suivre la voie de Naxalbari. L’Inde est un vaste théâtre, comparable à la Chine, où se joue le grand drame de la guerre populaire.

Le Parti communiste de Turquie/marxiste-léniniste dirige la guerre populaire dans un pays qui se situe à la croisée des chemins de plusieurs régions du globe. Il joue ainsi un rôle phare dans les Balkans, en Asie centrale et au Moyen-Orient. Dans ces régions, on retrouve des mouvements armés révolutionnaires qui se battent contre l’oppression et pour l’autodétermination nationale (en particulier le Parti des travailleurs du Kurdistan), mais aussi des conflits fratricides provoqués par les impérialistes et les réactionnaires. La guerre populaire en Turquie adhère à la ligne stratégique de la révolution de démocratie nouvelle dans une perspective socialiste.

En Amérique latine, le Parti communiste du Pérou joue un rôle exemplaire en dirigeant la guerre populaire, en plein cœur d’une région historiquement influencée par le foquisme, le concept petit-bourgeois de l’insurrection dans les villes, la guérilla urbaine et toutes les idées qui tendent à minimiser l’existence et le rôle révolutionnaire des masses paysannes. D’autres partis dans quelques autres pays de ce continent se préparent eux aussi pour la guerre populaire, comme au Brésil.

De plus, d’autres mouvements révolutionnaires armés comme en Colombie et au Mexique font en pratique des campagnes leur terrain de manœuvre sans pour autant se considérer maoïstes, et bien que certains de leurs cadres aient déjà lu Mao et l’aient étudié. Dans certains pays, des partis dirigent de façon militante des mouvements de travailleurs et des autres couches de la population et cherchent à combiner l’insurrection armée ouvrière avec celle des paysans.

En Afrique, des conflits fratricides rampants sont provoqués par l’impérialisme et les forces réactionnaires locales. Cela est tout aussi vrai dans le nord de l’Afrique comme en Algérie, qu’en Afrique centrale ou du Sud. On retrouve également certains régimes en pleine dégénérescence et qui s’étaient déclarés dans le passé comme étant partisans de la révolution de démocratie nouvelle, ou même socialistes. Plus récemment, au Congo, un mouvement armé s’est soulevé contre le long régime despotique de Mobutu. Mais la nécessité de la révolution de démocratie nouvelle est encore posée à travers le continent africain dans son entier.

En Russie et dans les pays de l’ancien bloc soviétique, la désindustrialisation a mené à la dégradation rapide des conditions économiques et sociales. Il y existe une fois de plus un terrain grandissant pour la guerre populaire ainsi que pour des insurrections ouvrières. En fait, des insurrections armées se sont produites à une large échelle dans l’arrière-pays, comme dans le Caucase et en Asie centrale. Mais ces conflits sont encore caractérisés par des intérêts réactionnaires, tels le chauvinisme grand-russe et les nationalismes locaux.

Les partis marxistes-léninistes-maoïstes doivent se développer et mener la guerre populaire pour réaliser la révolution de démocratie nouvelle, et subséquemment la révolution socialiste, partout où les classes dirigeantes et les propriétaires terriens compradores ne sont plus en mesure de dominer selon les vieilles méthodes et où le peuple aspire à la révolution armée, et partout où s’exprime le besoin pour une résistance armée contre le despotisme et l’oppression nationale.

Appels en faveur de la guerre populaire et au soutien international

Comme partis marxistes-léninistes-maoïstes qui dirigeons la guerre populaire dans nos pays, nous exprimons notre détermination à persévérer dans cette voie et à élever le degré de la lutte révolutionnaire, afin de mener à terme la révolution de démocratie nouvelle et procéder à la révolution socialiste.

Nous lançons un appel aux autres partis révolutionnaires et aux peuples opprimés dans les pays où la guerre populaire est possible et nécessaire, à préparer et à procéder promptement au déclenchement de la guerre populaire.

Nous appelons les autres mouvements armés révolutionnaires parmi les peuples opprimés à élever le niveau de leur lutte révolutionnaire et à faire l’unité avec les partis marxistes-léninistes qui mènent la guerre populaire, sur une base commune de solidarité anti-impérialiste et démocratique.

Nous appelons tous les partis, organisations de masse, mouvements et toute autre entité de même que les peuples tout entier, dans tous les pays, à mener à bien et à pousser le plus loin possible toutes les formes de la lutte révolutionnaire et du soutien aux forces révolutionnaires qui mènent des luttes armées pour la libération nationale, la démocratie populaire et le socialisme.

Nous appelons tous les partis à signer cette déclaration et à ainsi manifester leur accord aussi bien que leur engagement dans la mesure de leur capacité, soit par le soutien ferme, ou en menant à bien la guerre populaire pour la libération nationale, la démocratie populaire et le socialisme, partout dans le monde.

Décembre 1998


SIGNATAIRES

Partis qui mènent la guerre populaire dans leur pays :

• Communist Party of India (Marxist-Leninist) People’s War

• Maoist Communist Centre – Inde

• Parti communiste des Philippines

• Parti communiste de Turquie/marxiste-léniniste

Partis qui soutiennent la guerre populaire :

• Organisation marxiste-léniniste d’Afghanistan

• Organisation populaire pour la libération d’Afghanistan

• Parti du travail de Belgique (à l’exception du paragraphe 8)

• Parti communiste révolutionnaire du Brésil

• Parti communiste de Catalogne – Espagne

• Parti communiste de Grèce (marxiste-léniniste)

• Parti communiste ouvrier de Norvège

• Communist Party of Aoteroa – Nouvelle-Zélande

• Workers’ Party of New Zealand*

• El Diario Internacional – Pérou

• Parti des ouvriers et des paysans de Russie

* Le Workers’ Party of New Zealand tient toutefois à souligner sa dissidence quant aux questions suivantes : 1. le soutien à la Révolution culturelle en Chine ; 2. l’idée selon laquelle le maoïsme représente une étape supérieure dans le développement du marxisme-léninisme.