12. Une armée rouge, pour affronter et vaincre l’ennemi

«Sans armée populaire, le peuple n’a rien.» Mao Zedong 1945 Le deuxième instrument dont le prolétariat a besoin pour mener la lutte contre la bourgeoisie, c’est d’une armée révolutionnaire – une armée rouge – qui sera capable non seulement d’affronter la violence réactionnaire que la bourgeoisie ne manquera pas de déchaîner contre nous, mais aussi […]

«Sans armée populaire, le peuple n’a rien.»

Mao Zedong
1945

Le deuxième instrument dont le prolétariat a besoin pour mener la lutte contre la bourgeoisie, c’est d’une armée révolutionnaire – une armée rouge – qui sera capable non seulement d’affronter la violence réactionnaire que la bourgeoisie ne manquera pas de déchaîner contre nous, mais aussi d’imposer les transformations sociales, politiques et économiques aux forces qui s’y opposeront.

Une armée révolutionnaire, cela n’a rien d’un groupe d’aventuristes mus par des objectifs personnels différents de ceux de la révolution. Il s’agit essentiellement d’un corps agissant, distinct du parti mais qui se place néanmoins sous sa direction et qui prend en charge la réalisation des tâches militaires que ce dernier fixe et détermine. Les militantes et militants du parti peuvent combattre au sein de l’armée, mais tous les combattants et toutes les combattantes ne sont pas nécessairement membres du parti.

Selon le moment, et suivant les différentes étapes que connaîtra le développement du mouvement révolutionnaire au Canada, l’armée révolutionnaire sera appelée à réaliser des tâches nombreuses et variées. Mais quelles qu’elles soient, toutes concourront à renforcer le camp de la révolution et/ou à affaiblir le camp ennemi.

Même si elle se place sous la direction du parti, l’armée révolutionnaire possède néanmoins une existence propre. Elle porte en outre la responsabilité d’assurer son propre développement, sur la base du principe d’autosuffisance, autant en termes d’effectifs qu’au niveau logistique. À toutes les étapes de la lutte révolutionnaire, dès les tout débuts jusqu’à l’affrontement décisif, l’armée révolutionnaire se prépare à affronter la bourgeoisie et ses institutions. Elle travaille constamment à développer sa capacité de combat : par l’enquête, afin de mieux connaître l’ennemi ; par l’accumulation de forces ; par la pratique, également, qui reste encore et toujours la meilleure façon d’apprendre.

À la première étape, le travail et les actions menées par l’armée visent surtout à soutenir le travail du parti. Ils peuvent aussi secondairement viser à affaiblir directement l’ennemi, mais ce n’est pas là l’essentiel. L’armée agit pour «protéger» le parti, d’une certaine façon, et pour défendre sa capacité d’action. Elle lie son travail et ses actions aux grandes campagnes politiques menées par le parti, qu’elle contribue notamment à renforcer par des actions de propagande armée soigneusement ciblées et relayées par l’agitation et la propagande menées par le parti.

Tout en protégeant son caractère lui aussi clandestin, l’armée révolutionnaire doit trouver la manière de se lier aux masses – encore là, dès le début de son activité. Elle pourra et devra apporter son appui au mouvement des masses qui se développe à l’initiative et éventuellement sous la direction du parti, en-dehors de la discipline imposée par l’État bourgeois. C’est seulement ainsi qu’elle en arrivera à être reconnue par les masses et qu’elle pourra se «fondre» avec elles et compter sur leur soutien.

Bien que limitées, les actions entreprises par l’armée révolutionnaire contribueront à faire la preuve devant les masses qu’il est possible d’affronter la bourgeoisie et de lui porter des coups. Elles montreront qu’il existe des forces bien organisées et résolues à passer à l’action, montrant ainsi la voie à suivre.