«On a de la classe!»

L’année dernière, les militants du PCR à Québec avaient mobilisé pour la tenue d’une manifestation lors de la journée internationale des travailleurs et travailleuses, le 1er Mai. Un timide groupe d’une quarantaine de personnes avait alors marché dans les rues du quartier industriel de Vanier en appui aux grévistes et lock-outéEs du Journal de Québec. […]

L’année dernière, les militants du PCR à Québec avaient mobilisé pour la tenue d’une manifestation lors de la journée internationale des travailleurs et travailleuses, le 1er Mai. Un timide groupe d’une quarantaine de personnes avait alors marché dans les rues du quartier industriel de Vanier en appui aux grévistes et lock-outéEs du Journal de Québec.

Cette année, la manifestation du 1er Mai s’est organisée sous la direction du Regroupement d’éducation populaire en action communautaire (RÉPAC). La différence entre les deux événements était patente. La coordination du RÉPAC a permis une participation beaucoup plus grande du milieu militant de Québec. En effet, la manifestation de cette année comptait plus de 200 marcheurs et marcheuses, qui ont déambulé dans les rues du quartier Saint-Roch.

Toutefois, il faut souligner que l’augmentation du nombre de manifestantEs s’est faite de pair avec un affaiblissement du propos politique. Alors que la marche de l’année passée s’était déroulée sous le signe de l’internationalisme prolétarien et du rejet du capitalisme, celle de cette année proposait un «refus de l’appauvrissement» ainsi qu’un «réinvestissement» dans les groupes communautaires et dans le filet de sécurité que permettent les pays impérialistes. De plus, déguisements et fanfares étaient à l’honneur dans ce «carnaval de crise» qui semblait fêter un événement heureux.

Certes, on peut toujours se réjouir que le système actuel soit en crise, permettant ainsi une lutte plus affirmée pour le remplacer. Toutefois, l’état actuel des choses n’invite pas les gens à se réjouir. La volonté de certainEs militantEs à vouloir garder une attitude festive, malgré la souffrance grandissante de la classe exploitée, paraît de plus en plus déplacée. En fait, la mise sur pied de la fanfare a concrètement empêché, pendant une bonne partie de la marche, de crier des slogans.

Dans le cadre de cette mobilisation, la cellule Jiang Qing (PCR-Québec) a élaboré ses propres affiches sur lesquelles apparaissait le slogan «On a de la classe!». Ce mot d’esprit cherchait à rappeler l’essence classiste de cette journée. D’ailleurs, les diffusions de la cellule se sont faites principalement auprès des ouvriers et ouvrières travaillant dans le quartier industriel de Vanier et des étudiantEs immigrantEs de la formation continue au Centre Louis-Jolliet. Durant la marche, nous avons réussi, dans les moments d’accalmie musicale, à crier nos slogans : «En temps de crise, c’est l’État qu’on vise!», «La société faut la changer, dehors tous les banquiers», «Révolution, seule solution!» et «Le monde qui marche, c’est le monde en marche». Nous avons eu l’appui de manifestantEs pro-palestinienNEs avec lesquels nous avons partagé une table de diffusion.

Si nous pouvons regretter que la manifestation de cette année n’ait pas eu la clarté politique souhaitée, nous saluons néanmoins la mobilisation effectuée par les groupes communautaires. La marche du 1er Mai à Québec témoigne d’une contradiction réelle qui existe entre l’avant-garde idéologique et les masses révoltées. Le bas niveau idéologique du mouvement actuel correspond, du moins dans la ville de Québec, à une difficulté qu’ont les révolutionnaires, dont les maoïstes, à faire entendre leur discours.

– De notre correspondant