Boycottons les élections! Bâtissons notre pouvoir ouvrier et populaire!

Comme tout le monde s’y attendait, le premier ministre Harper a déclenché une élection générale, qui aura lieu le 14 octobre. C’est dire que pendant cinq longues semaines, on va devoir se taper le spectacle affligeant de ces marchands d’illusions, qui vont une fois de plus se prêter à toutes les bassesses pour obtenir notre appui.

Les circonstances dans lesquelles le scrutin a été annoncé en disent long sur le caractère futile des élections bourgeoises. Pendant tout l’été, les partis d’opposition, libéraux en tête, ont annoncé qu’ils allaient renverser le gouvernement minoritaire de Stephen Harper et provoquer la tenue d’un scrutin à la première occasion. Habile calculateur, Harper les a devancés en se rendant chez la gouverneure générale pour lui demander de dissoudre le Parlement et de convoquer une élection générale. Pour les uns et les autres, les élections ne sont qu’un moyen de garder ou de conquérir le pouvoir, qu’ils souhaitent utiliser au moment où ça leur sera le plus profitable.

Là, tout ce beau monde va nous répéter, comme si c’était exceptionnel, que cette élection sera «l’une des plus importantes de toute l’histoire du Canada», mais c’est ce qu’ils nous disent à chaque élection… Les partis d’opposition, en particulier, vont tout mettre en œuvre pour nous convaincre de voter pour eux, dans le but de stopper le «virage à droite» imposé par le gouvernement Harper.

Il est vrai que la scène politique canadienne aura rarement été aussi à droite qu’elle l’est actuellement. Sur quelque question que ce soit, le gouvernement fédéral est fermement aligné sur les intérêts de la grande bourgeoisie canadienne, qui a elle-même choisi de se ranger dans le camp dirigé par l’impérialisme US, dans le cadre des rapports de force qui caractérisent le monde actuel.

Qu’il s’agisse de la politique étrangère (où les forces armées canadiennes font la job de bras des Américains en Afghanistan), ou encore des politiques économiques et sociales (où tout est mis en œuvre pour sauver les profits des capitalistes, pendant que les travailleurs, les travailleuses et les pauvres assument le fardeau de la crise), le gouvernement Harper n’a qu’une seule finalité: celle de servir les intérêts des bourgeois.

Le problème, c’est que tous les partis qui prendront part au scrutin partagent le même objectif, au-delà de toutes les belles paroles qu’ils vont nous livrer. Qu’il s’agisse de la guerre en Afghanistan, des coupures dans les programmes sociaux, de la diminution des impôts des grandes compagnies, des atteintes aux droits et libertés au nom de la lutte «antiterroriste», etc., ces partis ont tous appuyé, à un moment ou à un autre, l’une ou l’autre des politiques mises de l’avant par le gouvernement Harper – quand ils ne les ont pas implantées eux-mêmes, comme ce fut le cas des libéraux quand ils étaient encore au pouvoir.

Bien sûr, les libéraux nous diront qu’ils sont plus «progressistes» que les conservateurs; le NPD (une fois que son chef, Jack Layton, aura cessé de rêver au job de premier ministre!), le Bloc québécois et le Parti vert vont nous dire qu’avec une forte opposition de leur part, il sera possible de freiner le «virage à droite» tramé par la bande à Harper. Il y aura même quelques «communistes» pour essayer de nous faire croire qu’avec eux, le Parlement pourrait être «au service des travailleurs et travailleuses»… Ce ne sont là que des mirages, quand il ne s’agit pas carrément de purs mensonges! Quand bien même ces gens-là seraient remplis de bonne volonté (ce qui est loin d’être le cas pour la plupart d’entre eux), la réalité du capitalisme sera toujours plus forte que leur volonté de le «civiliser».

Dans l’état actuel du développement du capitalisme au Canada, et dans le contexte plus général de la globalisation impérialiste, les vieux mécanismes de la «démocratie» bourgeoise, comme le Parlement et les élections, ne peuvent plus offrir autre chose qu’un changement de façade: les vraies politiques, quant à elles, restent toujours déterminées par les exigences de la rentabilisation du capital.

Voilà pourquoi nous, communistes révolutionnaires, disons qu’il faut boycotter les élections! Et contrairement à ce que pensent ceux qui croiront jusqu’à la mort aux mensonges du capitalisme, il n’y a rien de cynique là-dedans. Comme travailleurs et travailleuses, qui faisons face au chômage, aux fermetures d’usine, aux jobs précaires et aux salaires toujours trop bas, nous n’avons plus rien à gagner à croire à leur système et encore moins à le légitimer en y participant.

Ce qu’il nous faut, c’est un système radicalement différent – un vrai pouvoir ouvrier et populaire où ce sera nous, collectivement, qui prendrons les décisions, dans notre intérêt. Un tel système – le socialisme – on ne l’obtiendra pas par les élections. Pour prendre le pouvoir et l’exercer dans l’intérêt de la majorité, il faut qu’on s’organise autrement, afin de dégommer la minorité qui s’enrichit sur notre dos et pour qui le système politique actuel est conçu.

Nous n’avons pas besoin d’une élection tous les quatre ans, ni même au bout de trente mois comme c’est le cas cette fois-ci, où tout ce qu’on nous demande, c’est de déposer un bout de papier dans une boîte de scrutin pour «décider» qui, parmi ceux qui nous exploitent, aura le droit de parler en notre nom pour mieux nous écraser. Car une fois l’élection passée, on finit toujours par nous dire de nous la fermer et d’accepter notre sort, parce que «c’est pour ça qu’on a voté».

Ce qu’il nous faut, ce sont des conseils révolutionnaires, des conseils ouvriers et populaires où on exercera nous-mêmes le pouvoir et où on élira, parmi nous, ceux et celles à on confiera les tâches d’exécution.

Cette vraie démocratie pour le peuple, qui sera mille fois supérieure à la fausse démocratie actuelle, on ne l’obtiendra que si on se débarrasse du système capitaliste pourrissant, qui n’apporte plus que la pauvreté, la misère et les guerres et dont la survie menace même l’avenir de l’humanité. Ce système, il faut y mettre fin, de toute urgence!

Alors, se débarrasser de Harper et des conservateurs? Bien sûr! Mais pas en élisant à leur place un autre gang de politiciens bourgeois, qui essaieront de mieux faire fonctionner le système au profit d’une poignée de riches. Pour se débarrasser de Harper et surtout, des politiques réactionnaires qu’il propose, il faut se débarrasser du capitalisme lui-même. Voilà pourquoi nous disons non aux élections bourgeoises, et oui à la révolution!

Le Parti communiste révolutionnaire (PCR)