La grande fête du colonialisme

Le texte qui suit est paru dans le bulletin Pouvoir au peuple, publié par la cellule de Québec du Parti communiste révolutionnaire (PCR). Celle-ci vient d’organiser une exposition ainsi qu’une conférence pour permettre aux exploitéEs de tous les horizons d’en apprendre plus sur le rôle dirigeant des premières nations dans la lutte révolutionnaire. 2008 sera […]

Le texte qui suit est paru dans le bulletin Pouvoir au peuple, publié par la cellule de Québec du Parti communiste révolutionnaire (PCR). Celle-ci vient d’organiser une exposition ainsi qu’une conférence pour permettre aux exploitéEs de tous les horizons d’en apprendre plus sur le rôle dirigeant des premières nations dans la lutte révolutionnaire.

2008 sera l’année du 400e anniversaire de la ville de Québec. Les médias bourgeois soulignent les débuts du «fait français» en Amérique. Toutefois, ils s’efforcent de faire oublier à tout le monde le contexte dans lequel ce «fait français» s’est inscrit sur le continent. La venue de Jacques Cartier à Québec, puis la fondation de la ville par Champlain, constituent la participation française à la colonisation du «Nouveau Monde» par l’Europe.

Au XVIe et au XVIIe siècle, le continent européen est en guerre. Les premières expéditions en Amérique eurent lieu afin de trouver une nouvelle voie vers les Indes. Ce projet était motivé par les économies chancelantes de l’Espagne et du Portugal. La découverte du nouveau continent fut pour ces deux pays l’occasion de mettre la main sur de nouvelles ressources et de nouveaux territoires.

Devant les succès des colonisateurs en Amérique du Sud et en Amérique centrale, la France et l’Angleterre décident de financer de nouvelles expéditions, puis la colonisation du territoire. En 1534, Cartier, sans demander l’avis des habitants d’ici, décide de «prendre possession du territoire» au nom du roi de France, François 1er. Cette attitude paternaliste perdure durant les 150 ans de la Nouvelle-France. La façon dont les missionnaires français ont voulu civiliser les «sauvages» rappelle l’arrogance des soldats québécois et canadiens qui vont installer la démocratie en Afghanistan.

Fêter les 400 ans de la fondation de la ville de Québec ne renvoie pas seulement à la fierté de parler français ou d’être québécois, mais aussi à une façon de faire la guerre dans le but d’exploiter d’autres nations. Le colonialisme français n’avait aucune légitimité au XVIIe siècle, pas plus que le colonialisme anglais aux XVIIIe et XIXe siècles. Celui que subissent les premières nations ainsi que les Afghans aujourd’hui n’est toujours pas respectable. C’est pourquoi le Parti communiste révolutionnaire souhaite saluer tous ceux qui s’opposent concrètement à toute forme de colonialisme et d’impérialisme dans le monde.

Il faut se lier aux premières nations!

Les travailleurs et travailleuses de la ville de Québec ont intérêt à se lier aux premières nations et à leur lutte. Ce n’est pas une fantaisie ou de la charité, c’est une nécessité. En effet, il est impossible au Québec comme au Canada d’améliorer le sort de l’ensemble de la classe ouvrière sans faire une révolution. Celle-ci est irréalisable sans l’unité des travailleurs et des travailleuses avec les premières nations. Ce n’est pas une simple opinion, c’est un fait objectif qui découle des rapports sociaux de notre pays.

Depuis l’arrivée des premiers Européens jusqu’à aujourd’hui, l’histoire autochtone en est une de colonisation. Ce fut d’abord les Français qui ont souhaité assimiler les nations présentes sur le territoire de la Nouvelle-France. [1] Ensuite, ce fut les Anglais qui n’ont pas reconnu aux Autochtones le droit de se gouverner eux-mêmes. Aujourd’hui, la répression continue et un militant comme Shawn Brant est accusé au criminel pour avoir participé à la journée nationale d’action qui a eu lieu le 29 juin dernier.

Si certains travailleurs croient que les premières nations sont des gens «privilégiés» parce qu’ils ne «paient pas d’impôts», la réalité montre bien quel est le prix de ces dits «privilèges». Le taux de mortalité infantile est deux fois plus grand chez les Autochtones que dans le reste du pays; le taux de suicide est sept fois plus grand et le taux de chômage est trois à quatre fois plus grand. [2] Le capitalisme ne peut pas permettre l’égalité entre les différentes nations qui occupent le territoire. Il est donc nécessaire de combattre nos propres gouvernements pour améliorer le sort de chacun. Les premières nations connaissent une oppression coloniale claire et leur lutte de libération nationale a besoin de l’appui de tous.


  • [1] Même le gouvernement provincial le reconnaît dans son document Mythes et réalités sur les peuples autochtones publié conjointement avec le fédéral, par la Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse.
  • [2] Programme du Parti communiste révolutionnaire pour l’ensemble des chiffres, mais les chiffres sur le chômage se retrouvent également dans Mythes et réalités sur les peuples autochtones.